Le CHAMPIGNON Noir

LE CHAMPIGNON NOIR CHINOIS

par Jean Pélissier professeur en MTC

Le champignon noir chinois s’appelle Hei Mu Er. Hei signifie noir, Mu, bois et Er, Oreille.

Dans nos contrées on le trouve sous l’appellation « d’oreille-de-Judas » ou « oreille du diable ».

C’est une espèce de champignon comestible du genre Auricularia. En japonais, il s’appelle Kikurage.

C’est un champignon parasite du bois. En effet il pousse en hiver et au printemps sur les troncs des vieux sureaux, des hêtres, des noyers, des saules, des fusains.

Cependant, il n’est cultivé qu’en Asie pour ses vertus médicinales. Il est dit « saprophyte » car il se nourrit des matières organiques en décomposition.

Il se présente comme une coupe de 2 à 6 cm qui s’étale avec des sinuosités et des lobes. Sa chair est translucide, gélatineuse, ferme et élastique. Certains ressemblent à s’y méprendre à une oreille, d’où le nom d’oreille-de-Judas. Il a la particularité d’être très riche en protéines, mais aussi en fer pour tonifier le sang. Connu depuis la nuit des temps, tant en diététique qu’en pharmacopée, on le trouve dans toutes les épiceries chinoises, les supermarchés au rayon asiatique et de plus en plus dans les magasins Bio.

Au 19e siècle, en Amérique du Nord, les ouvriers chinois qui posaient les voies ferrées, en dépit des conditions de vie et de travail difficiles, parvinrent à maintenir un niveau raisonnable de santé grâce à l’association de Riz, de champignons noirs et de fleurs d’hémérocalles séchées (Jin Zhen) considérées comme un légume.

Un proverbe chinois dit : « Manger Hei Mu Er permet de lutter contre la faim, d’alléger le corps et de renforcer la volonté ».

Que dit la médecine chinoise ?

Le champignon noir chinois, Hei Mu Er, est de saveur Douce et de nature Neutre.

Les méridiens-organes cibles sont ceux de :

Estomac

Poumon

Gros intestin.

Ses actions principales sont :

De rafraîchir le sang

D’arrêter les saignements.

D’humecter le Poumon

Nourrir le Yin

De renforcer l’Estomac

*En humectant le Poumon, nous disons en MTC en « nourrissant le Yin », il est considéré comme un expectorant et un humidifiant. Il est fréquemment utilisé par les cuisinières chinoises en cas de toux sèche sans mucosités, ou très peu et  difficile à expectorer.

*On dit en médecine chinoise, le Poumon « contrôle la peau ». Le champignon noir a donc sur elle une action de lubrification et de tonification, donc d’embellissement. Il permet entre autres de s’opposer à l’apparition de tâches noires sur celle-ci.

*Nous savons d’autre part que le Poumon et le Gros intestin font partie d’un même « logiciel organe ». En humectant et en lissant le Gros intestin, ce champignon combat la constipation.

*Des problèmes de stagnation d’aliments au niveau de l’estomac (les médecins chinois appellent cela « amas d’aliments »), un manque de lubrification du bol alimentaire lié à l’absence de salive conséquence d’un défaut de mastication, une alimentation trop riche et « Yanguisante » (graisses saturées, sucres..), peut affaiblir le Yin de l’Estomac. Le Yang augmente : c’est de la chaleur. Le champignon noir a comme action de régénérer la paroi intestinale (anti-ulcère). C’est  aussi un hydratant et un lubrifiant de tout le système digestif (gorge, œsophage, estomac, intestin).

*Cette chaleur peut générer un état que l’on appelle « chaleur dans le sang » en MTC. On dit alors que cet excès de Yang « agite le Sang » et provoque des saignements. En tonifiant la Rate et le Poumon, le champignon noir a comme action d’agir sur les vomissements de sang, sur les douleurs mictionnelles avec sang dans les urines, les hémorroïdes sanguinolentes, les métrorragies. En effet, il permet d’arrêter les saignements en « rafraîchissant le sang ».

*Consommé régulièrement, ce champignon permet de lutter contre les terrains allergiques et renforce la résistance du Poumon évitant rhume des foins et coup de froid.

*Infusé dans du lait ou du vinaigre, on l’emploie en gargarisme contre les angines. Il peut être aussi utilisé comme collyres, après macération dans de l’eau bouillie.

Que disent les recherches modernes ?

L’oreille-de-Judas renferme des polysaccharides (mannose, glucoses, xylose..) mais aussi du glucane.

Il est riche en provitamine D et Vit du groupe B.

Il est constitué de colloïdes utilisés pour purger l’estomac et les intestins.

De la vit. K  pour réduire la formation de caillots.

Il est très riche en calcium, potassium, phosphore, sélénium, fer.

Il possède des vertus purificatrices du sang en régulant le taux de cholestérol et réduisant l’HTA. Il permet aussi de stimuler les défenses immunitaires, de diminuer l’état de stress.

Il possède le triple avantage d’être peu calorique, de contenir beaucoup de protéines, mais surtout beaucoup de fibre pour augmenter le péristaltisme intestinal.

Mode de préparation

*Le champignon noir peut être consommé bouilli, sauté, à l’étuvé, en soupe. Il accompagne une infinité de plats dans la cuisine chinoise.

*En Chine, on ne consomme jamais crus ce champignon. Il est même considéré comme indigeste.

*Quand on le consomme pour ses vertus thérapeutiques spécifiques, on en fait une décoction et on mange le champignon en même temps que l’on en boit le liquide.

*Faire tremper 4-5 champignons dans de l’eau tiède jusqu’à ce qu’ils ramollissent. En règle général, pendant toute une nuit. On le découpe ensuite en lanières et on les incorpore dans un bouillon de soupe pour la cuisson. Comme ils n’ont aucun goût, on doit les mélanger pour le plaisir du palais avec quelques champignons parfumés ou shiitakes.

*Une fois réhydraté, il ne se conserve pas. Il convient donc de le consommer rapidement. Par contre sous sa forme sèche, il peut se conserver de très nombreux mois.

*En Chine on trouve souvent le champignon noir d’automne, Qiu Mu ER, qui est beaucoup plus petit que celui cueilli au printemps et qui se réhydrate mieux. Leurs propriétés culinaires et médicinales sont plus importantes que l’oreille-de-Judas courante.

Contre-indications

Il convient de ne pas en faire une surconsommation. En consommation normale (4 à 5 champignons) il permet d’agir sur la circulation sanguine et arrêter certaines hémorragies. En surconsommation, c’est l’effet inverse qui peut se produire. Il  pourra provoquer ce que l’on appelle le « syndrome de Sichuan », une atteinte plaquettaire responsable d’hémorragies.

Conclusion

Certains vont se faire peur en expliquant que ces champignons captent les métaux lourds et risquent donc d’être pollués C’est vrai et faux en même temps. Ce n’est qu’une question de quantités. À titre d’exemple, je vous rappelle qu’un point d’acupuncture peut guérir une personne. Mais si vous portez un coup puissant dessus, vous pouvez obtenir l’effet inverse et la tuer. En se tenant à la loi des « neuf jours » en diététique qui prône la diversité des aliments, et le dosage quotidien donné par la tradition (ici 4-5 champignons) vous ne pourrez que tirer la quintessence bénéfique de l’oreille-de-Judas.

Le PAMPLEMOUSSE

Le Pamplemousse, You Zhi   par Jean Pélissier professeur en MTC

Le pamplemousse est le fruit du pamplemoussier qui fait partie du genre Citrus de la famille des Rutacacea.

Son nom chinois est You Zhi, signifiant littéralement « fruit du pamplemoussier ».

En occident, on confond très souvent deux fruits qui n’ont pas la même origine : le vrai pamplemousse issu du citrus maxima et le pomelo, d’apparition relativement récente. Il s’agit d’un hybride entre le pamplemousse  et un oranger à fruits doux, citrus sinensis que l’on appelle citrus paradisis. Dans les pays anglo-saxons, on l’appelle aussi « grapefruit » car les fruits poussent en grappe.

Le pamplemousse « vrai » possède une écorce verdâtre alors que le pomelo a une écorce jaune avec des quartiers tirant vers le rose.

Nous allons voir qu’en médecine chinoise, ces deux types de « pamplemousse » possèdent des actions très similaires. Ils ont pour action  principale de tonifier la Rate et de dissoudre les mucosités, ce que l’on appelle le Tan. Il contrecarre les effets néfastes de notre alimentation trop riche.

En occident on considère le pamplemousse comme un aliment favorisant la perte de poids. Mais c’est aussi un antidiabétique, un anti-infectieux et même un anti-cancer.

Il est à noter que l’acide citrique qu’il contient n’est pas acidifiant et est donc sans danger pour ceux qui souffrent d’hyperacidité, en particulier au niveau de l’estomac. À condition bien sûr de ne pas en prendre en excès. Un demi-pamplemousse suffit largement à obtenir les effets escomptés.

Utilisé depuis plus de 4000 ans en Chine et au Japon, c’est un fruit particulièrement hydratant, et aussi un purifiant des Poumons et de la peau.

Que dit la médecine chinoise ?

Le pamplemousse est de nature Froide et de saveur Douce et Acide.

Je vous rappelle que la saveur douce est reconstituante et harmonisante. La saveur acide est astringente. Et l’association du doux et de l’acide et en plus humidifiant, d’où la nécessité de ne pas en faire une surconsommation. Une phrase chinoise dit en effet que « le logiciel Rate-pancréas déteste l’humidité ».

La nature froide, comme son nom l’indique, permet de lutter contre l’excès de chaleur interne, ici surtout d’origine alimentaire.

Les organes méridiens où vont se diriger principalement ses effets sont ceux :

                  De l’Estomac,

                  De la Rate et

                  Du Poumon.

Ces actions principales sont :

                  de tonifier l’énergie de la Rate, chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire,

                  de transformer les mucosités, le Tan,

                  de résoudre les toxines de l’alcool,

                  d’harmoniser l’Estomac,

                  de dissiper les stagnations d’aliment,

                  de reconstituer les liquides organiques,

                  d’arrêter la soif.

*Le pamplemousse est considéré comme un excellent digestif. Il favorise la digestion du bol alimentaire, surtout quand les aliments stagnent plusieurs heures dans l’estomac. Par son action de régulation et de tonification de l’estomac, il permet aussi de lutter contre les différents symptômes de nausées, de perte d’appétit, d’indigestion. On peut aussi en consommer en cas de ballonnement abdominal.

*Selon la médecine traditionnelle chinoise, une énergie de Rate déséquilibrée favorise la production de mucosités (de Tan) ou d’Humidité (concentration de liquide, graisses) dans l’organisme. Très souvent un des premiers signes de Tan est l’apparition de glaires, de crachats évacués par le Poumon. C’est à ce titre que le pomelo ou le pamplemousse sont considérés comme des antitussifs, des expectorants. Ils permettent aussi de lutter contre les toux chroniques avec mucosités abondantes.

*Par son action de régénération des liquides organiques, le pamplemousse est considéré comme un hydratant puissant et un désaltérant. Il combat ainsi les symptômes de soif, de gorge sèche. En MTC, il est dit qu’on ne devrait jamais avoir soif ! La soif est soit un signal d’alarme de « trop tard ». On a ainsi attendu trop longtemps avant de boire. Ou bien, c’est un symptôme de chaleur interne lié à une alimentation trop riche, trop grasse, trop alcoolisée ou un épuisement du Yin des Reins. Dans tous ces cas de figure, on peut consommer du pamplemousse.

Que disent les recherches modernes ?

De très nombreuses recherches ont été faites à son sujet. C’est un anti cholestérol notoire, en particulier, il permet d’éliminer le mauvais cholestérol, l’LDL.

*Grâce à la présence de très nombreux antioxydants, comme beaucoup de fruits et légumes, il améliore l’élasticité des vaisseaux sanguins. Il contient entre autres de la narangénine qui a une action sur l’activité électrique du cœur.

*Il entre en synergie avec d’autres substances pour renforcer les défenses immunitaires de l’organisme et permet ainsi de prévenir de nombreux cancers.

*Il permet de lutter contre le « syndrome métabolique » qui prédispose à l’obésité.

*Un demi-pamplemousse contient les trois quarts des besoins en Vit. C journalier.

*Il contient une grande quantité de vit. B5 qui est bénéfique pour les ongles et les cheveux, ainsi que pour le système immunitaire.

*On y trouve de nombreux flavonoïdes, considérés comme anti-âge.

Mais aussi :

            *Il nettoie les appareils digestifs et urinaires facilitant l’élimination des toxines.

            *C’est un coupe-faim, mais aussi il est connu pour faciliter la fonte des graisses.

            *Des recherches américaines rejoignent les données de la tradition en montrant que le pamplemousse renforce l’appareil respiratoire, élimine les déchets et favorise la respiration.

*De même que   le citron, il permet de soulager les syndromes grippaux ou les rhumes.

*Actuellement on commercialise de l’extrait de pépins de pamplemousse qui est un puissant antibactérien, mais aussi un antifongique et un antiviral. Il est conseillé alors d’en prendre quelques gouttes trois fois par jour pour prévenir les attaques de l’hiver. On peut aussi en mettre quelques gouttes dans de l’eau en cas de gastro-entérite.

Deux à trois gouttes diluées dans un verre d’eau permettent de soigner les mycoses, les petites blessures, les lésions de l’herpès. Lors donc d’application externe, il est important de ne pas s’exposer au soleil : des tâches disgracieuses risquent alors d’apparaître.

Mode d’utilisation

Le pamplemousse peut être consommé cru, en jus, en décoction. Il entre dans la composition de très nombreux plats.

*La peau possède un grand pouvoir expectorant et digestif, mais il faut alors s’assurer que le fruit provient bien de l’agriculture biologique.

*Choisir les fruits les plus lourds, contenant donc beaucoup de jus. La peau doit être bien lisse, ferme, brillante et non tâchée. Il se conserve une semaine à température ambiante, voire plusieurs semaines dans le bac à légumes d’un réfrigérateur.

*En Chine, le jus et la pulpe servent à préparer une tisane qui soulage la fièvre : on fait macérer pendant toute une nuit un pamplemousse découpé en dés avec la peau, dans un demi-litre d’alcool de riz. Le lendemain, on fait bouillir à feu doux jusqu’à réduction au tiers. On y ajoute alors du miel. On met deux cuillères à soupe de ce breuvage dans du thé chaud 3-4 fois par jour. Cette préparation permet de potentialiser tous les effets vus précédemment

Contre-indications

*En modifiant les réactions enzymatiques du Foie, il faut éviter de prendre un jus de pamplemousse, ou des quartiers de celui-ci avec ses médicaments, si vous suivez un traitement. Il est dit qu’il faut attendre au moins quatre heures entre deux prises.

*Évitez, à cause de sa nature froide, d’en consommer en cas de diarrhées, de selles molles, liées à une faiblesse importante de l’énergie de la Rate.

*Éviter d’en prendre quand vous êtes en grande faiblesse constitutionnelle.

 

 

 

 

Conclusion

Voilà un fruit fort intéressant au vu de toutes les vertus préventives et thérapeutiques laissées par la tradition. Cependant, n’oubliez pas que le trop étant l’ennemi du bien, pas besoin de se précipiter sur ce fruit et d’en consommer outre mesure. Faites une cure de neuf jours avec une pause de plusieurs jours entre, partant du principe qu’un demi-pamplemousse suffit largement. Et surtout appliquer  la règle suivante : ne pas consommer de fruit après un repas, mais plutôt au début du repas ou lors d’une collation isolée.

La PISTACHE

La PISTACHE   par Jean Pélissier professeur en MTC

La pistache, Kai Xin Guo en chinois, vient du pistachier commun, « Pistacia Vera ».

C’est un arbre qui peut atteindre 3 à 10m de haut.

Il fait partie des Anarcadiaceae, la même famille qui donne les mangues ou les noix de cajou.

Connu depuis des millénaires et cultivé dans les zones arides d’Asie centrale, sa culture s’est progressivement étendue au bassin méditerranéen, en particulier sous l’impulsion des Romains au début de l’ère chrétienne.

La pistache est un fruit à pulpe très mince et à noyau qui contient une graine vert clair, dont la surface est recouverte d’une mince pellicule plus ou moins rougeâtre.

C’est cette graine qui est consommée comme condiment.

En France, elle fut introduite au XVIIe siècle et elle est appelée « amande des Perses ». En Chine on l’appelle « Noix heureuse », relativement à sa coque semi-ouverte. C’est d’ailleurs la traduction de Kai Xing Guo.  Elle est le symbole de la santé et du bonheur.  En Iran, « pistache-sourire ».

Nous allons voir que c’est un grand produit pour réchauffer le Yang des Reins, mais il entre aussi dans la panoplie des alicaments amaigrissants.

Que dit la médecine chinoise ?

La pistache, Kai Xin Guo est de nature Tiède et de saveur légèrement Piquante et Douce.

La légère saveur piquante a pour effet d’éliminer les blocages, en particulier, pour ce qui nous intéresse ici, elle permet de déloger, de faire circuler et même de dissoudre le Tan.

Je vous rappelle que le Tan est un terme générique qui englobe tous les déchets de l’organisme (graisses circulantes, lipomes, nodules, plaques d’athérome). Mais aussi les graisses accumulées dans les tissus interstitiels.

La saveur douce renforce l’énergie, nourrit le Yin, les liquides organiques. Il est dit aussi qu’elle « renforce le sang du Cœur et le sang du Foie ».

La nature tiède permet de réchauffer, en particulier ici les Reins.

Les méridiens-organes cibles sont ceux :

                  De la Rate,

                  Des Reins,

                  Du Foie.

Ces principales actions sont :

                  Tonifier le Yang du corps.

                  « Tiédir » l’énergie des Reins.

                  Nourrir le Yin du Foie et des Reins.

                  Tonifier et réchauffer la Rate.

*Selon la médecine chinoise, le vide du Yang des Reins est un tableau très classique. Les symptômes que l’on retrouve couramment sont :

                  des douleurs lombaires,

                  une sensation de froid dans le bas du dos,

                  une énergie sexuelle faible,

                  une baisse importante de la libido,

                  Prédomine aussi un état de fatigue et de lassitude.

                  Les urines sont souvent claires.

                  Au niveau mental et émotionnel, c’est très souvent un état dépressif qui prédomine.

Les causes sont multiples :

                  La vieillesse,

                  les maladies chroniques finissent par épuiser la batterie des Reins.

Mais une cause prédomine à l’heure actuelle : une accumulation d’humidité au niveau du « logiciel rate-pancréas » qui finit par épuiser le Yang des Reins (excès de sucres, de liquides ingérés, de graisses saturées, de laitages …).

La pistache, en tonifiant et réchauffant la Rate et les Reins permet d’agir sur tous ces symptômes. C’est un excellent tonique sexuel et les personnes qui souffrent de lombalgie chronique avec envie de se mettre une bouillotte dans les Reins devraient en consommer fréquemment.

*Nous savons que le logiciel « Rate-pancréas » est le chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire. La pistache par son double rôle d’activation de l’énergie de la Rate et de réchauffement de celle-ci permet de mieux digérer le bol alimentaire et d’assécher l’humidité. Au final, à condition de ne pas en dépasser la dose, ce produit peut facilement nous aider à réguler notre poids.

*Mais c’est aussi un excellent antidiarrhéique. Les familles chinoises avaient l’habitude d’en consommer en cas de selles molles et d’inappétence.

Que disent les recherches modernes ?

*La pistache est très riche en antioxydants. Nous savons que ceux-ci aident à prévenir les dommages causés par les radicaux libres. Ils permettent d’économiser le travail des cellules et par là de prévenir le vieillissement précoce et la maladie. Une consommation régulière, même modérée de cette graine permet d’augmenter le niveau de lutéine qui est un puissant protecteur des maladies cardiovasculaires.

Mais aussi la lutéine et la zéaxanthine sont excellentes pour les yeux. Elles préviennent la dégénérescence maculaire et les maladies des yeux liées au vieillissement.

*Elle contient plus de trente vitamines et minéraux. Entre autres :

                  Une forte quantité de cuivre qui favorise la formation du tissu conjonctif.

                  Du manganèse qui favorise le métabolisme des glucides et des graisses

                  Du phosphore pour les os et les dents.

                  Du magnésium pour le cœur et la pression artérielle.

                  Du potassium pour l’équilibre acido-basique, la formation des protéines et la contraction musculaire.

                  Du fer pour le sang.

                  De la Vit. B, la vitamine de la bonne humeur, essentielle pour la transmission nerveuse

                  De la vit.E, essentielle pour une peau saine, et pour la protéger contre les U.V.

*La pistache est une importante source d’apport en fibres (autant qu’une portion d’avoine), pour favoriser le péristaltisme intestinal, la digestion du bol alimentaire et l’élimination des déchets.

*Elle permet de prévenir le diabète de type II grâce à sa teneur en phosphore.

*C’est aussi une très bonne source de bons acides gras qui aident à réduire le « mauvais cholestérol » (LDL) et augmentent le bon (HDL).

Mode d’utilisation.

*Les pistaches sont vendues crues, cuites, décortiquées ou non décortiquées. La coque de la pistache s’ouvre naturellement lorsque le fruit est mûr. La chair doit être d’un beau vert frais (c’est ce qui a donné en peinture le « vert pistache »). Cela montre qu’elles n’ont pas été rôties à trop forte température.

*La pistache a une chair tendre, au léger goût de térébenthine.

*On peut aussi trouver de l’huile de pistache qui est excellente.

*La farine sert à la préparation de gâteaux, de crêpes.

*On pourra l’incorporer aux sauces, aux farces, aux terrines, aux pâtisseries. C’est par exemple un des ingrédients principaux des Baklavas, édulcorés au miel. Mais aussi c’est un ingrédient indispensable des tagines. Plus près de chez nous, on en trouve dans le nougat de Montélimar.

*Prenez des pistaches nature et de culture biologique de préférence.  Et surtout sans sel. Les pistaches rôties à sec, salées contiennent 40 fois plus de sodium que les pistaches rôties sans sel. Il faut absolument les éviter. Rappelons-nous qu’en médecine chinoise il est dit que « l’excès de sel endommage gravement l’énergie des Reins ». Si vous avez des pistaches salées, décortiquez-les et lavez-les pour les dessaler.

* La pistache supporte mal d’être effilée ou broyée, et à moins que la recette ne l’exige, mieux vaut l’utiliser entière.

*Pour la débarrasser de sa peau, il suffit après l’avoir décortiquée de la tremper, comme l’amande, une minute dans de l’eau ou du lait chauds, mais non bouillants.

*Un conseil : c’est un produit cher. Vous le trouverez très souvent dans les épiceries chinoises ou arabes à des prix qui défient toute concurrence. À vous de savoir reconnaître les bonnes graines.

*Une bonne poignée de pistaches à décortiquer est largement suffisante pour répondre à la dose quotidienne recommandée d’antioxydants, de protéines, de minéraux, de vitamines pour que le corps puisse trouver son bon équilibre.

* Un conseil : faites de temps en temps une cure de neuf jours d’une poignée de pistache décortiquée et rendez-vous compte par vous-même des bienfaits que vous allez pouvoir en retirer.

*La pistache se conserve dans un récipient hermétique, au frais, à l’abri de la lumière.

Contre-indications

Certaines personnes ne pourront en consommer, car elles sont allergiques. Mais le cas est rare.

Conclusion

Voilà un « alicament » qui peut tout à fait entrer dans nos plats occidentaux. À condition de ne pas faire l’erreur de la consommer grillée et surtout salée, vous allez en retirer des bienfaits essentiels au bon fonctionnement de votre corps. En effet, elle agit à la source même de la prévention, à savoir la conservation du bon équilibre au niveau de l’énergie des Reins.

Mais une fois de plus toutes les propriétés de cette graine ne peuvent réellement se révéler que si vous les mastiquez très longuement. 

 

la Cerise

 

 

 

 

La Cerise  par Jean Pélissier professeur en MTC

Fruit du début de l’été par excellence, la cerise se dit Ying Tao en Chinois. On en retrouve des traces déjà plus de 3000 ans avant notre ère.

La cerise provient donc du cerisier, arbre du genre « prunus », originaire d’Asie. Au sens large, le cerisier recouvre aussi bien l’arbre « domestique » que les arbres ornementaux d’Asie qui sont avant tout plantés pour leur floraison printanière.

Cerise vient du latin « Ceresia », lui-même emprunté d’une ville  grecque « Kerosos ». Encore plus loin, ce terme viendrait du sanskrit« Karaza », signifiant « quel jus ! Quelle saveur ».

Les cerisiers dits « de table » donnent des fruits plus ou moins acides, gros et sucrés.

Sa culture en Chine remonte à plusieurs milliers d’années.

Il existe plus de 200 variétés de cerises. Une vingtaine reviennent le plus souvent sur nos tables. Citons des cultivars tels que le « prunus avium » qui donne le Burlat, le cœur de pigeon, le reverchon…le « prunus cesarus » qui donne la cerise de Montmorency, la griotte de Champagne, la griotte du Nord…

Et qui ne connaît pas le cerisier du Japon, muse de tant de poètes. Sa merveilleuse floraison symbolise le printemps, l’Est, la montée de la sève, le Bois, le Foie, le début de la vie. C’est aussi la signature de l’éphémère, du caractère transitoire des « choses de la Vie » : la floraison ne dure que peu de temps.

Ce fruit a été mis en valeur au Moyen-Âge par l’école de médecine de Salerne (X au XIII siècle). Plus tard c’est Louis XV qui en fit les honneurs.

En médecine chinoise, la cerise est considérée comme une véritable plante médicinale, non seulement pour ses vertus tonifiantes, mais aussi pour ses pouvoirs antirhumatismaux.

Que dit la médecine chinoise ?

Ying Tao, la cerise est de saveur Douce et Acide et de nature Tiède.

Un aliment de nature tiède stimule les fonctions vitales, réchauffe l’organisme et augmente les différents métabolismes. La saveur acide qui appartient au Foie tonifie celui-ci à condition de ne pas en faire une surconsommation. Son action est astringente. On dit que cette saveur « nourrit les tendons et les muscles ». La saveur Douce tonifie et harmonise les fonctions digestives et nourrit les chairs.

Les méridiens-organes cibles sont ceux :

                           De la Rate,

                           Du Foie

Ces principales actions sont :

                           Disperser le Vent,

                           D’éliminer l’Humidité,

                           De nourrir le Foie et les Reins,

                           De renforcer le Qi de la Rate et de l’Estomac.

*En médecine traditionnelle chinoise, la cerise est connue pour ses vertus antirhumatismales. Plusieurs « dérèglements de logiciel-organes » peuvent être à l’origine du terme très générique occidental : rhumatisme.

Une carence du Foie qui gouverne tous les tendons de l’organisme et qui est à l’origine de raideurs, de souffrances articulaires. Une faiblesse de l’énergie des Reins qui « dirige les os du squelette » et qui peut être à l’origine de souffrances articulaires. Un excès d’humidité dans le logiciel Rate-Pancréas (excès de saveur sucrée, de graisses saturées, de liquides ingérés, de réflexion) qui favorise l’apparition de gonflements articulaires.

La cerise, en éliminant le Vent (qui est à mettre en relation avec le Foie), en tonifiant les Reins et en éliminant l’humidité au niveau de la Rate, permet d’avoir une action très importante sur ce type de pathologie.

Dans les textes anciens, il est dit ainsi que la cerise permet de lutter contre : « Les douleurs des lombes et des genoux, les raideurs articulaires ».

*Sa saveur Douce, en renforçant l’énergie de la Rate fait de ce fruit un excellent apéritif, dans le sens « ouvrir l’appétit ». N’oublions pas qu’un fruit n’est pas digéré par l’estomac mais par l’intestin grêle. On devrait ainsi s’abstenir de manger des fruits après un repas quand l’estomac est déjà plein. Il convient de les consommer avant un repas, ou le matin au petit-déjeuner ou au goûter de l’après-midi.

*Une grande partie de notre énergie dépend du bon fonctionnement du « logiciel Rate-pancréas ». À ce titre la cerise est considérée comme un très grand tonique. On peut en consommer en cas de fatigue et d’inappétence. Elle est considérée comme une aide très précieuse quant à la recharge de la batterie des Reins.

*Le Jus de cerise abaisse la concentration d’acide urique et peut donc prévenir la goutte.

*Un remède populaire : Un coussin de noyaux de cerise que l’on expose à de la chaleur humidité (vapeur d’une eau qui bout » peut devenir un anti-inflammatoire très puissant. On peut l’appliquer sur les cervicales, les lombaires. Ce type de traitement est beaucoup plus efficace qu’une bouillotte, car les noyaux conservent la chaleur plus longtemps.

À l’inverse, le même coussinet peut être mis au congélateur. On s’en servira pour faire baisser la température en le mettant sur le front, la nuque, mais aussi pour éviter les bosses et ecchymoses.

*Testez-le : un cataplasme de cerises sur le front, les fruits ayant été simplement broyés, soulage les maux de tête.

Que disent les recherches modernes ?

*La cerise contient de très nombreux antioxydants dont l’anthocyanine, connue pour ses propriétés anti-inflammatoires très puissantes. Cette substance peut agir sur les douleurs musculaires et favoriser la récupération après un effort intense. Certains sont allés jusqu’à dire que ce fruit était dix fois plus efficace que l’aspirine quand il s’agit d’agir sur certaines migraines.

*Les extraits d’anthocyanine sont des anticancers notoires capables de s’opposer à certaines lésions du colon. Ils ralentissent la croissance des cellules dans l’intestin.

*Très riche en potassium, la cerise favorise l’élimination des urines et des toxines contenues dans le sang. Qui ne connaît pas les vertus des queues de cerises et leurs vertus diurétiques

*l’anthocyanine qui donne la couleur rouge foncé à la cerise protège les cellules du corps du vieillissement cutané. Il est dit « qu’elle peut accélérer votre bronzage, et donner un coup de fouet aux épidermes fatigués ».

*Sa pulpe contient de très nombreuses fibres qui permettent d’augmenter le péristaltisme intestinal (meilleure évacuation des selles) et de nettoyer les villosités intestinales (élimination des déchets et prévention des polypes).

*Certaines études ont montré la présence de mélatonine et de sérotonine, hormones régulatrices du sommeil. C’est un excellent fruit à prendre en cas d’insomnie ou de non-adaptation au décalage horaire.

Mode d’utilisation

*La cerise peut être utilisée crue, cuite, en décoction, en compote, confiture…. Elle entre dans de très nombreux plats et desserts comme les clafoutis.

*Les cerises ne mûrissent pas après la cueillette. Il faut les choisir bien charnues, luisantes et fermes. Les queues ne doivent pas être desséchées. Se procurer des cerises « Bio » par les temps qui courent. On a une expression en MTC : « Elles doivent avoir un bon Shen » : faites confiance à votre ressenti.

*Un très bon remède chinois contre les rhumatismes, les problèmes d’insomnie, de fatigue générale : « Prendre 500GR de cerises fraîches, bien mûres et les mettre dans un litre d’alcool de riz. Laisser macérer pendant trois semaines en remuant le tout une fois par jour. Prendre après le repas l’équivalent d’une cuillère à soupe. Cette cuillère peut être aussi incorporée dans un petit verre de thé chaud.

Plus près de chez nous, nous avons le Kirch d’Alsace, le ratafia de Provence, le marasquin d’Italie…, mais aussi les cerises à l’eau de vie.

*Les cerises doivent être consommées à température ambiante. Il faut les sortir une demi-heure avant du réfrigérateur.

*Pour les dénoyauter plus facilement, faites les tremper une heure dans de l’eau glacée après les avoir équeutées.

*Certaines personnes peuvent présenter une allergie plus ou moins importante aux cerises. Cette allergie disparaît la plupart du temps quand elles sont cuites.

*Évidemment, éviter d’en consommer en excès, surtout  quand elles sont tellement appétissantes sur l’arbre. Qui ne se souvient pas de bonnes douleurs au ventre après certaines cueillettes…

*En MTC, il est dit qu’il vaut mieux éviter d’en consommer quand on est en présence de bouffées de chaleur de la ménopause, de transpirations nocturnes, ou de bouche et gorge sèche, surtout la nuit. Ces symptômes signent un état de chaleur Xu, de faiblesse.

*Plus que tout autre fruit, il convient de bien mastiquer la cerise pour en tirer la « substantifique moelle » et surtout qu’elle soit plus digeste.

Conclusion

En diététique traditionnelle, on ne devrait consommer que « fruits et légumes de saison et de région » : la cerise ne déroge pas à cette loi.

Sa couleur rouge nous rappelle les saveurs de l’été, la couleur de l’été. L’énergie du  cœur qui appartient à cette saison en MTC comprend aussi bien le cœur organe, le sang et les vaisseaux. Mais le Cœur « héberge » aussi le Shen, le mental, l’Esprit.

Certains ne s’y sont pas trompés en magnifiant ce fruit de l’amour, ce fruit du sourire du cœur.

Le PERSIL

Le Persil     par Jean Pélissier professeur en MTC

 

 

Le persil se dit Xiang Qin 香芹 en Chinois, Xiang signifiant aromatique et Qin persil.  

C’est une plante herbacée de la famille des apiacées ou ombellifères. C’est la même famille que la carotte, le cerfeuil, la coriandre…

Plante bisannuelle de 25—80cm de haut, il en existe plusieurs dizaines de variétés. Les plus connues sont le persil à feuilles plates et  le persil frisé.

C’est une des plantes les plus produites dans le monde. Ce type de persil serait originaire du bassin méditerranéen, et connu depuis plus de 5000 ans.

Persil provient du grec « petroselinos » qu’on peut traduire par « ache (céleri) des rochers ». Les Chinois dans la même famille préfèrent la coriandre .

C’est aussi une des plantes aromatiques les plus utilisées en cuisine. Il faut savoir que jusqu’au Moyen-âge, le persil était uniquement une plante médicinale. C’est Charlemagne qui l’a progressivement imposée comme plante culinaire. Pendant un certain temps, il avait mauvaise presse. En effet le persil plat a souvent été confondu avec la petite ciguë, herbe très toxique avec des traces rouges à la base des feuilles.

Nous allons voir qu’en MTC, le persil de par sa nature et ses propriétés aromatiques a une importante action sur l’énergie des Reins.

Que dit la médecine chinoise ?

Xiang Quin, le persil est de saveur Douce, légèrement Piquante et de nature Tiède. Il fait partie de la classe des plantes dites « aromatiques ».

Nous savons que la saveur douce a une action de tonification et de nutrition, mais aussi une action d’harmonisation du foyer moyen (Foie-Rate). La saveur légèrement piquante a une action de circulation du sang et de l’énergie, mais aussi de dispersion. Ces actions sont aidées par la nature tiède de la plante. Enfin les plantes dites aromatiques stimulent la Rate et renforcent l’Estomac, éliminent l’humidité, éliminent « l’impur » et « écartent le trouble ».

Les méridiens-organes cibles sont :

                  Le Foie

                  La Rate-Estomac

                  Reins

Ces principales actions sont :

                  D’éliminer les «amas d’aliments »,

                  De faciliter la digestion,

                  De tonifier l’énergie des Reins,

                  D’avoir une action diurétique,

                  D’être anti toxique

                  De favoriser la circulation de sang et d’énergie.

Ces principales indications sont :

                  Mauvaise digestion,

                  Problèmes rénaux avec calculs ou œdèmes, sans signe de chaleur,

                  Goutte,

                  Arthrite,

                  Diabète,

                  L’hypertension artérielle,

                  Les saignements de nez à répétition.

*Il faut savoir qu’en pharmacopée chinoise, on utilise plutôt les fruits et les racines du persil. Celles-ci sont nettoyées totalement, coupées dans le sens de la longueur et séchées à une température de 40°. Les ombelles de graines sont coupées au moment où la moitié des fruits environ sont mûrs. On les enveloppe dans des toiles qu’on va battre pour en détacher les graines.

*Le suc de la racine fraîche est vulnéraire, c’est-à-dire capable de guérir les plaies et les  blessures et antiphlogistique, donc anti-inflammatoire. Elle combat l’irritation des piqûres.

*Une recette : par les temps qui courent, avec la multiplication des espèces de moustiques, vous pouvez vous fabriquer un anti-moustique naturel : « Mettez une poignée de persil dans un mortier. Ajoutez-y 120ml de vinaigre de cidre. Écrasez bien le tout et filtrez à l’aide d’un tissu. Mettez le « jus » dans un vaporisateur et le tour est joué. N’hésitez pas à rajouter quelques gouttes d’huile essentielle pour parfumer le tout ». Cette préparation est sans risque pour la peau. Bien au contraire.

*Depuis le Moyen-âge, et même bien avant, le persil était connu comme étant un grand nettoyeur des Reins. Les reins qui filtrent le sang ont tendance lorsqu’ils sont « fatigués » (nous appelons cela « faiblesse de l’énergie des Reins » en MTC) à retenir les sels et les toxines qui peuvent finir par s’accumuler et être à l’origine de la formation de calculs rénaux. Il existe une excellente recette pour prévenir ce type de problème : « Prendre une poignée de persil bien lavé, coupez-le en petits morceaux avec des ciseaux. Mettre le tout dans une casserole avec un litre d’eau. Faire bouillir  pendant 10’. Laisser refroidir et stocker au frigidaire dans une bouteille. En prendre un verre tous les jours ». On peut augmenter l’efficacité de ce breuvage en rajoutant un jus de citron dans la décoction.

En cas de problèmes rénaux, ou à titre de prévention, vous pouvez prendre de cette potion magique, une à deux fois par semaine. Cette boisson permet aussi de perdre du poids, d’améliorer la digestion et d’éliminer les toxines du corps.

*Le persil permet de capturer certains composés sulfurés dans la bouche et les intestins : mâchonner du persil permet de lutter contre la mauvaise haleine.

*Grâce à ses propriétés de « dissipation des amas d’aliments », en cas de mauvaise digestion, plongez quelques feuilles de persil dans une tasse d’eau bouillante et dégustez cette infusion après le repas.

Que disent les recherches modernes ?

*Le persil contient une très forte teneur en antioxydants, en particulier l’apigénine, la lutéine et le bêta-carotène. Je vous rappelle que les antioxydants réduisent les dommages causés par les radicaux libres (qui entrent sous la dénomination de Tan en MTC). Il est entre autres considéré comme un « rajeunisseur » de la peau.

*C’est une bonne source d’approvisionnement en fer, en Vit.K et Vit.C.

*Riche en Calcium, il permet de prévenir l’ostéoporose au moment de  la ménopause. Les enfants, les sportifs, devraient en consommer très souvent.

*Son action diurétique permet de faire baisser la tension donc très utile en cas d’hypertension.

*Le persil contient un extrait huileux, l’Apiol qui est utilisé dans les fièvres intermittentes et les névralgies. Ce composé permet aussi de régulariser les aménorrhées, mais aussi de soulager les douleurs menstruelles.

*Riche en Vit. A, il permet de maintenir une peau et des muqueuses en « bon état ». Mais il agit aussi sur la vision et le métabolisme du fer.

*C’est un anti-inflammatoire notable et il peut être utilisé contre des poussées de polyarthrite rhumatoïde.

*Ses propriétés antigalactogène empêchent la montée de lait et soulagent les engorgements du sein. On l’utilisera aussi dans les problèmes de sevrage, pour éviter les montées de lait.

 

 

Mode d’utilisation.

Le persil s’achète en bouquet. Les tiges ne doivent pas être ramollies par un séjour dans l’eau. Les feuilles doivent être bien vertes, sans flétrissures jaunes. On peut le conserver dans un verre d’eau ou dans le bac à légumes d’un réfrigérateur. Il peut aussi être congelé.

Vous le rincerez bien avant utilisation. La meilleure façon de le ciseler finement est d’en mettre une poignée dans un bol et d’y « agiter » une paire de ciseaux.

*En cuisine, le persil permet de rehausser le goût de très nombreux plats, viandes, poissons, salades, soupes. Il peut être mis dans des vinaigrettes. Du persil mis dans une omelette permet de mieux digérer l’œuf, surtout si on a des problèmes de vésicule biliaire.

Certains plats traditionnels, comme le taboulé Libanais contiennent une très grande quantité de persil : cela devient alors un vrai repas médicinal.

*Les quelques contre-indications découlent d’elles-mêmes. Il faudra éviter dans consommer sous forme de tisane en cas de traitement sous anticoagulant, en cas d’insuffisance rénale, ou encore en cas de grossesse.

Conclusion

Le persil est donc une des plantes aromatiques les plus utilisées dans le monde. On pourrait presque lui donner l’appellation de « plante du pauvre » : il n’y a pas un marchand de légumes qui ne vous en propose pas pour compléter l’achat de vos fruits et légumes.

Mais c’est aussi une plante de choix qui entre dans les prescriptions de pharmacopée. Donc, n’hésitez pas à en abuser. Et entre nous, cela a  peut-être meilleur goût que la coriandre, plante à laquelle nous sommes peu habitués.

La DATTE

La DATTE, Ye Zao        par Jean Pélissier professeur en MTC

 

 

La datte se dit Ye Zao en Chinois.

Il ne faut pas la confondre avec « la datte rouge » chinoise qui est le jujube.

C’est le fruit comestible du palmier dattier encore appelé « Phoenix Dactylifera ».

C’est une baie très charnue de 4 à 6 cm de long, qui contient un noyau allongé, marqué d’un sillon horizontal. Un peu comme la banane, elle se présente sous forme de régime pouvant contenir plusieurs centaines de dattes.

Arbre fruitier emblématique des oasis sahariennes, le palmier dattier est originaire des zones arides du Proche et du Moyen-Orient où il est cultivé depuis plus de 7000 ans. Depuis plusieurs siècles, les dattes constituent l’alimentation de base du Bédouin.

Le palmier dattier a besoin  de beaucoup de chaleur et d’irrigation pour fructifier, mais peut se contenter d’eau saumâtre. Il vit, selon les Arabes, « la tête  dans le feu du ciel et le pied dans l’eau ».

La Chine en produit plus de 150000 tonnes par an.

Dans le Coran, il est dit : « Celui qui mange sept dattes chaque matin sera hors d’atteinte du poison ou de la magie les jours où il en mange ».

Considérée comme issue de « l’arbre de vie » dans plusieurs écrits juifs, chrétiens et islamiques, elle était considérée comme sacrée par les Babyloniens et les Phéniciens.

Dans la diététique chinoise, elle est connue comme étant un des plus grands toniques et régulateurs de l’énergie de la Rate-Pancréas.

La datte est donc considérée comme un fruit de longue vie et peut prendre une place de premier choix dans les méthodes Yang Sheng, de préservation de la vie .

Que dit la médecine chinoise ?

Ye Zao, la datte est de saveur Douce et de nature Tiède.

Nous savons que la saveur douce nourrit, humidifie, favorise la production d’énergie et permet d’évacuer les tensions nerveuses.

Elle est avant tout reliée à l’énergie de la Rate.

La nature tiède permet de réchauffer un peu l’organisme et surtout favorise la circulation de sang et d’énergie dans les méridiens.

Associée à la saveur Douce, elle permet de reconstituer le Yang.

Les méridiens-organes cibles sont ceux :

                  De la Rate-Pancréas,

                  du Poumon.

Ces principales actions sont :

                  d’humidifier le Poumon,

                  d’arrêter la toux, 

                  de calmer l’asthme,

                  de dissiper les mucosités (le Tan).

                  de tonifie le Qi, l’énergie de la Rate.

*Selon la pharmacopée chinoise, c’est donc avant tout un fruit capable de tonifier l’énergie de la Rate-pancréas.

Il convient ici de ne pas visualiser l’organe, mais de se situer en amont.

L’énergie de ce « logiciel-organe » est le chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire.

L’énergie de la Rate joue un rôle central dans le fonctionnement de l’organisme. En effet elle permet de réguler l’appétit, de transformer et de transporter les liquides et l’essence, le Qi des aliments.

Quand on a une énergie de la Rate bien équilibrée, il est dit : « que les tissus sont bien nourrit, l’intellect alerte, les cycles menstruels réguliers, la peau est souple, les yeux bien irrigués, les muqueuses humides et  la fatigue n’existe pas ».

La Rate est aussi la « gare de triage » entre le pur et l’impur et elle doit être capable d’éliminer un surplus épisodique d’aliments.

Elle a aussi un rôle central dans la production de sang, non seulement au niveau quantitatif, mais aussi qualitatif. Elle permet aussi de « conserver le sang dans les vaisseaux ».

N’oublions pas que la Rate, quand elle est déséquilibrée est considérée comme étant la source de production de Tan, de mucosités, de crachats dans le corps.

Mental, émotion et logiciel-organes étant interdépendants, la Rate est aussi le chef d’orchestre de l’assimilation des informations (concentration), de la digestion de celle-ci (mémorisation) et du rejet des informations inutiles (triage).

Il est donc fondamental de consommer des produits capables de « tonifier l’énergie de la Rate » et la datte tient une place de choix dans ce type d’aliment.

*Dans les compendiums de pharmacopée chinoise, il est dit que la datte permet de :

– lutter contre la boulimie, mais aussi l’anorexie,

-d’augmenter la production d’énergie et des liquides organiques dans le corps,

-d’agir contre les difficultés de concentration et de mémorisation,

-de réchauffer les extrémités,

-de lutter contre la fatigue,

-d’humecter la peau et les yeux,

-de lutter contre les selles molles chroniques ou les diarrhées (épuisement de la Rate qui n’arrive plus à digérer le bol alimentaire »,

-de favoriser la cicatrisation (aussi bien en prise interne qu’en application externe),

-de lutter contre les hémorragies spontanées (nez, hématomes, métrorragies),

-de favoriser la production de la masse musculaire,

-de lutter contre l’agueusie, la perte du goût des aliments.

*Son action sur le Poumon est aussi très importante. Il est dit que « la datte permet d’humidifier le Poumon et d’arrêter la toux et de dissiper les mucosités ». C’est donc un antitussif notoire, mais aussi un expectorant. Elle agit aussi bien dans les problèmes de toux liées à une sécheresse des liquides organiques avec des quintes à répétition aiguë ou chronique, souvent de type asthmatiforme, que sur les toux productives, avec des mucosités difficiles à expectorer.

*Poumon et Gros intestin faisant partie d’un même logiciel-organe en médecine chinoise, la datte est un excellent laxatif doux. Elle peut être utilisée chez la personne âgée de même que dans tous les états de sécheresse des Poumons-Gros intestins entraînant une raréfaction  des liquides organique, donc de la constipation.

*Dans les compendiums de pharmacopée arabe, on la considère comme un des produits de première importance. On en vante ses vertus anti-maux de gorge. La datte est considérée comme préventive des rhumes et des grippes. Elle est utilisée comme expectorant, capable de traiter les bronchites en mélangeant à part égale des dattes, des figues, des fleurs d’hibiscus et des raisins secs avec de l’eau bouillante.

*La peau appartient au Poumon en MTC. Non seulement la datte aura une action en interne, mais on peut aussi s’en servir comme un masque naturel : « Mixer quelques dattes dans de l’eau de rose, jusqu’à obtention d’une pâte douce. Étaler le mélange sur votre peau et laisser agit 20-30’. Nettoyez ensuite abondamment, et finissez par un nettoyage fin à l’eau de rose ». Ce masque protégera votre peau contre les agressions du soleil, contre sa déshydratation et lui redonnera tonicité et brillance.

Que disent les recherches modernes ?

*La datte contient une très forte concentration en antioxydants qui protègent les cellules du corps contre les dommages des radicaux libres.

*Elle contient une forte proportion de fibres insolubles qui permettent d’augmenter le péristaltisme et de nettoyer les villosités intestinales et par là même de favoriser l’élimination des déchets.

*Son index glycémique va de modéré à élevé. Il faudra en tenir compte en cas de diabète.

*C’est une très bonne source de protéines. Elle contient un nombre très faible de calories.

*Très riche en potassium, elle permet de réguler et de protéger  le système nerveux.

*Une constatation : les cancers et les tumeurs sont rares dans les pays où la datte est l’aliment de base.

*Elle tonifie les muscles, retarde le vieillissement, évite l’accumulation de déchets, protège des troubles nerveux, des névrites, des polynévrites.

*Elle a une action bénéfique pour la prostate et les reins.

*Elle permet de lutter contre l’ostéoporose et protège de l’athérosclérose.

*Il est dit « qu’il ne faut pas hésiter à en consommer en cas de grande fatigue, d’anémie, de convalescence, chez les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher, chez les personnes ayant un capital osseux fragilisé, chez les enfants en pleine croissance et les sportifs ».

Mode d’utilisation.

La datte fraîche est un fruit fragile qui connaît une durée de conservation limitée. On en trouve très peu sur nos étals, car elle s’abîme très facilement au transport. On parlera donc ici prioritairement de la datte séchée.

On peut alors la consommer telle quelle, mais aussi en pâte, en sirop, en confiture, en gelée, en poudre de datte (sucre), sous forme de vinaigre, d’alcool.

Elle entrera dans la préparation de tagines, de couscous etc… Elle pourra être intégrée dans les desserts. Elle pourra être fourrée ou glacée.

Quand vous choisissez des dattes, elles doivent posséder une chair moelleuse, être branchées, c’est-à-dire attachées à la ramure du régime de dattes ce qui garantit la qualité de leur traitement à partir de la récolte.

Elles ne doivent pas être séchées artificiellement. Attention, pour leur donner un beau lustre, on a tendance à les recouvrir de sirop de glucose. Pour toutes ses raisons, il conviendra de se tourner vers les productions Bio.

La datte doit être consommée avec prudence en cas de diabète. Et attention aux risques d’étouffement chez les enfants. Bien leur enlever le noyau.

 

Conclusion

 C’est donc la saveur douce par excellence, capable de tonifier l’énergie de la Rate. Mais il convient de se rappeler de la règle suivante : « Une saveur prise en quantité raisonnable nourrit énergétiquement le logiciel organe cible auquel elle appartient. Par contre prise en excès elle se retourne contre ce même organe et devient la source de pathologies ».

Donc, consommer régulièrement des dattes de qualité, prioritairement à chaque changement de saison. Traditionnellement,  prenez le nombre sept comme point de repère quant à la quantité quotidienne.

 

Le MIEL

LE MIEL, Feng Mi  par Jean Pélissier professseur en MTC

 

 

 

Le miel s’appelle Feng Mi 蜂蜜 en chinois, Feng voulant dire « abeille » et Mi « doux, miel ».

On l’appelle aussi Bai Mi, Miel blanc.

Élixir de longue vie par excellence, « aliment des aliments », « boisson des boissons », « médicament des médicaments », c’est un trésor dans la pharmacie naturelle.

Dans certains compendiums de pharmacopée chinoise, il est dit : « Il élimine toute sorte d’affections et harmonise tous les médicaments ».

L’abeille, tellement malmenée à l’heure actuelle, était aussi vénérée que le miel par les anciens chinois. Elle avait comme nom : « Messagère de Dieu », « acolyte de la grande déesse », « lumière solaire »…

La fabrication du miel par les abeilles est un des grands miracles de la nature : « Pour produire 500gr de miel, les abeilles doivent effectuer 1700 voyages, visiter 8.700 000 fleurs, le tout représentant 7000h de travail ».

Il serait trop long de vous dire ici tout qui se passe dans la ruche. Imaginez entre autres, le nectar des fleurs, prédigéré par les abeilles, déposé dans les alvéoles pour ensuite être déshydraté à 10% : ce sont les « abeilles ventileuses » qui s’en chargent en créant un courant d’air avec leurs ailes !

Le mot « miel » a fait son apparition au 10e siècle. Il vient du latin « Mel ».

Il existe des centaines de variétés de miel : Miel d’acacia, de luzerne, de fleurs sauvages, de tilleul, de thym, de romarin, etc.

L’utilisation du miel par les humains remonte à la nuit des temps.

D’abord prélevé directement dans la nature, les abeilles ont été ensuite « domestiquées » pour donner leur « liquide d’or » dans des ruches.

Prisé dans toutes les diététiques, il a tout de suite figuré comme un des médicaments de choix dans toutes les médecines traditionnelles.

Les Égyptiens s’en servaient pour soulager l’estomac, rétablir les fonctions urinaires, cicatriser les blessures et soigner les maladies des yeux.

Hippocrate le retient pour soigner les plaies ouvertes.

En médecine chinoise, il a une place de choix dans tous les compendiums de pharmacopée.

Feng Mi fait partie de la classe des médicaments « humectant et humidifiant ». Il entre aussi dans les produits qui « drainent vers le bas », de même que dans la catégorie des médicaments tonifiants.

On le retrouve dans de très nombreuses formules de pharmacopée, car hormis ses extraordinaires vertus médicinales, il permet d’adoucir, d’harmoniser, les différentes plantes auquel il est mélangé.

Mais il permet aussi de ralentir la libération des herbes une fois ingérées, ce qui peut aider à diminuer la fréquence d’administration.

Que dit la médecine chinoise ?

Feng Mi, le miel est de saveur douce et de nature plus ou moins neutre.

Il est dit : « Cru, le miel est de nature fraîche et peut rafraîchir la chaleur. Cuit, il est de nature tiède et peut tonifier le centre (Rate-Estomac) ».

Sa saveur douce permet d’harmoniser et aussi d’éliminer les toxines. Son caractère doux modéré lui permet de traiter ce qui est aigu.

Enfin sa consistance « molle » lubrifie et peut donc humidifier la sécheresse.

Les organes méridiens cibles sont ceux :

                  Du Poumon,

                  De la Rate-pancréas

                  Et du Gros Intestin.

Feng Mi a pour principales actions de :

                  Tonifier le Foyer Moyen,

                  Enlever les stagnations,

                  Humidifier le Poumon

                  Arrêter la toux,

                  Humidifier le Gros intestin,

                  Débloquer les selles,

                  Neutraliser les toxiques,

                  Arrêter les douleurs dues aux inflammations,

                  Réguler les énergies nourricières et défensives,

                  Dégager les Trois Foyers,

                  « Éclaircir la vue et donner un teint avenant ».

Le miel est indiqué :

                  En cas de toux, de dyspnée, d’hémoptysie.

                  Hypertension accompagnée de constipation chronique.

                  Ulcère gastrique.

                  Oxyurose.

                  Aphte, ulcération buccale.

                  Furoncle, eczéma, urticaire, brûlure.

                  Douleurs de la région abdominale et cardiaque.

                  Perte d’appétit

                  État de fatigue, de baisse d’énergie.

                  Ingestion de substances toxiques.

                  Gorge et bouche sèche.

*Le miel est très efficace contre la toux. Du fait de son action sur le Poumon, c’est en même temps un tonique de l’énergie, mais aussi un antispasmodique.

En effet une toux récurrente peut apparaître dans deux types de cas.

Soit par sécheresse des liquides organiques du Poumon, état que l’on appelle en MTC « sécheresse du Poumon ». La toux sera alors sèche.

Mais aussi, lorsque l’énergie du Poumon est épuisée après par exemple, une longue maladie, un excès de tristesse (émotion qui est à mettre en relation avec le Poumon).

Il faudra alors prendre deux fois par jour une cuillère à soupe de miel mélangée avec du thé ou de l’eau chaude.

*En médecine chinoise, les « Poumons Gros-intestin » font partie d’un même logiciel organe. Le miel est capable non seulement d’humecter le Poumon, mais aussi de « lubrifier » le Gros intestin.

Il est considéré comme un laxatif doux.

N’oublions pas qu’une des causes de la sécheresse du Gros intestin peut justement être la conséquence d’une sécheresse du Poumon.

La prise régulière de miel peut être un antidote momentané aux effets néfastes de la cigarette. On l’utilise alors à raison de 30gr tous les jours, le matin à jeun.

*Le « logiciel Rate » en MTC est considéré comme le chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire.  En cas d’effondrement énergétique de ce logiciel apparaissent des symptômes de grande fatigue, d’inappétence, d’état pré dépressif. Mais cet affaiblissement peut aussi  être à l’origine de stagnations d’aliments   dans l’estomac, de douleurs, de gonflements, de spasmes.

La prise régulière de miel  est un excellent antidote.

* Il est dit : « Deux cuillères de miel dans de l’eau chaude, au réveil, à jeun est aussi bien préventif que curatif dans les  cas de constipation des personnes âgées, de convalescence, mais aussi chez la femme après son accouchement.

*En cas d’irritation ou d’ulcère gastrique ou duodénal, relativement à une sécheresse des muqueuses, ou une hyperacidité, il convient de diluer dans une tasse d’eau chaude deux cuillères à soupe de miel et une demi-cuillère de jus de gingembre. Cette « potion » est à prendre neuf jours de suite à jeun, suivie d’une pause d’une semaine, et recommencer s’il y a lieu.

* Il est dit : « Écraser un bulbe d’oignon et mélanger avec du miel soigne les brûlures dues à l’eau bouillante et au feu ».

*L’oxymel, mélange de miel et de vinaigre est recommandé pour soigner efficacement les maux de gorge.

Que disent les recherches modernes ?

*Le miel est composé de 80% de glucose (fructose et glucose) directement assimilable par l’organisme.

*Il a un effet pré biotique, c’est-à-dire qu’il favorise la croissance ou l’activité des bactéries intestinales bénéfiques à notre santé, ces bactéries qui nous veulent du bien et qui nous permettent de digérer le bol alimentaire.

*Contenant une grande quantité de flavonoïdes, c’est une excellente source d’antioxydants qui permet de neutraliser les radicaux libres (qui font partie de ce que l’on appelle Tan en MTC). Les miels foncés en contiennent beaucoup plus.

À ce titre il permet de prévenir nombre de cancers et de maladies cardio-vasculaires et neuro dégénératives.

*Ayant un pH bas, une grande viscosité qui limite la dissolution d’oxygène et une faible concentration en protéines, cela confère au miel un très fort pouvoir antibactérien.

*Dans l’équilibre acido-basique, le miel à une importante tendance alcalinisante régulant ainsi l’hyperacidité.

*Le miel donne des résultats étonnants de cicatrisation, non seulement en éliminant l’infection, mais en accélérant la guérison.

*C’est un des remèdes naturels les plus sûrs contre les allergies. Si le miel est local, donc fabriqué dans les ruches de votre région, cela signifie que les pollens recueillis sont les mêmes allergènes auxquels vous êtes exposés quotidiennement. Vous serez alors immunisé contre ces allergènes.

*En cas de diarrhée liée à une faiblesse de l’énergie de la Rate, une boisson à base de miel permet de lutter efficacement contre les bactéries intestinales responsables de celle-ci et de contrer l’élimination des minéraux liée à la déshydratation.

*Le miel favorise le sommeil en augmentant le taux d’insuline et en favorisant ainsi la production de sérotonine, hormone de la détente (bien se laver les dents après !) : un verre avec une cuillère à soupe de miel et de l’eau chaude.

*Le miel est considéré comme l’un des remèdes maison les plus efficaces pour les problèmes de peau comme l’acné.

En raison de ses propriétés antibactériennes importantes, il va en effet agir comme antibiotique contre les bactéries responsables de l’infection de la zone acnéique : mélanger du jus de citron avec du miel et appliquer le mélange sur la peau pendant une dizaine de minutes. Ensuite, rincer à l’eau tiède.

*Pour avoir une peau bien hydratée, douce et souple, vous pouvez utiliser un mélange de miel, d’huile d’olive et de citron comme lotion pour le corps. Vous pouvez l’appliquer sur les zones sèches de la peau : mains, coudes, talons et pieds. Gardez ce mélange environ 15 à 20 minutes avant de rincer.

Mode de préparation.

*Pour des vertus médicinales, le miel doit être dilué dans de l’eau chaude à raison de 10-40gr par verre. Compter alors deux à trois cuillères à soupe de miel.

*Il peut être pris cru ou sous forme d’infusion, pilule, poudre ou d’extrait, soit seul, soit avec d’autres plantes.

*En application externe, en cataplasme il peut traiter les brulures par son action antalgique, les plaies par son action antiseptique très importante, les ulcères variqueux, les fissures anales.

*En MTC, il est dit que « le miel de couleur blanche et de consistance d’un onguent est de qualité supérieure ».

*Quand vous achetez le miel, le choisir naturel et non chauffé. C’est un aliment qui doit être complètement nature, sans l’adjonction d’aucun additif, ni conservateur, ni sirop.

*Par les temps qui courent, mieux vaut se tourner vers les miels Bio, artisanaux et si possible locaux.

*Il peut remplacer le sucre dans une multitude de recettes culinaires.

*Il se conserve à une température ambiante de 18-24° pendant 1 à 2 ans.

*Le miel non pasteurisé risque de fermenter si vous ne le mettez pas au réfrigérateur.

Contre-indications

*Il ne faut pas utiliser le miel en cas de toux avec mucosités. Cela peut même aggraver la production de crachats, de Tan.

* Eviter en cas de diarrhée chronique.

*De même utiliser avec prudence en cas de plénitude abdominale et les ballonnements.

*L’ingestion de miel brut n’est pas recommandée pour les nourrissons de moins de douze mois.

Conclusion

Cette étude sur le miel nous a fait toucher du doigt l’interdépendance vitale qu’il y a entre le monde animal (l’abeille), le monde végétal (la fleur) et l’homme.

Si l’abeille meurt, la fleur meurt et l’homme meurt.

À nous t’en tirer les conséquences, sans pour autant sombrer dans une peur autodestructrice.

D’autre part, n’oubliez pas que les remèdes les plus « simples » donnés par « dame nature » sont souvent les plus efficaces. C’est le cas ici du miel.

 

Le CHAMPIGNON parfumé

Le Champignon parfumé, Xiang Gu  par Jean Pélissier professeur en MTC

En chine, il est connu depuis la nuit des temps.  On retrouve ainsi sa trace il y a plus de 7000 ans.  Sous la dynastie des Ming, un célèbre médecin l’a catalogué comme « élixir de longue vie ».

Ce champignon a la particularité en effet d’être très parfumé, ce qui donne un goût extraordinaire dès qu’on l’incorpore à une soupe.

En Occident on le connaît sous sa traduction japonaise de Shiitake. Dans Shiitake, Shii est l’arbre où pousse ce champignon qui est proche du chêne et Take voulant dire « champignon poussant sur.. »

C’est donc un champignon qui parasite le bois. Son habitat naturel se trouve à des hauteurs entre 2100 et 2400m en Chine.

C’est le deuxième champignon le plus cultivé au monde et le premier producteur en est la Chine.

Selon la qualité, l’origine, son prix peut énormément varier.

C’est un met royal pour les végétariens. Chez les Chinois il est considéré comme un produit de luxe.

Que dit la médecine chinoise ?

Le champignon parfumé est de nature DOUCE et NEUTRE.

Les méridiens organes cibles sont :

                  la Rate, 

                  et l’Estomac.

Actions principales :

                  Il tonifie et favorise la circulation du Qi.

                  Il dissout le Tan.

                  Il renforce la Rate.

                  Nourrit le sang.

                  Favorise la sortie des exanthèmes dans la phase initiale.

                  Il a des propriétés apéritives.

Les principales indications sont :

*Le champignon parfumé est très utile dans le cas de vide de Qi de la Rate, avec de la fatigue, un souffle court et une perte d’appétit.

*Quand il y a un vide de sang, le cerveau n’est pas assez nourri et cela peut entraîner des vertiges avec un teint pâle. Mais il renforce aussi la qualité même du sang.

*Le Shiitake est connu pour ses vertus tonifiantes exceptionnelles. On l’utilise dans les problèmes de fatigue chronique, de convalescence, chez les personnes âgées ou anémiées.

*Il permet de réguler la voie urinaire dans les problèmes de miction fréquente ou dans les incontinences urinaires, tout simplement parce qu’il augmente le Qi.

* Son action est remarquable dans l’augmentation des défenses immunitaires, la recharge de la batterie des reins.

*Il favorise la sécrétion de la bile et prévient les calculs biliaires.

 

 

 

 

 

Que disent les recherches modernes ?

C’est un des produits qui est le plus étudié à l’heure actuelle dans le monde. Il n’y a pas un jour où une publication ne sorte à son sujet.

*Dans ce champignon, on a découvert un principe actif qui est la lentinane. C’est un sucre aux propriétés anti cancers. En effet on a pu se rendre compte des effets extraordinaires de ce champignon dans la prévention des cancers. Et il est largement utilisé dans le monde entier comme complément de la chimiothérapie.

*D’autre part c’est un antifongique et un antibactérien très puissant.

*C’est un très bon antioxydant.

*En tant qu’antiviral on s’en sert évidemment pour prévenir les maladies saisonnières et la grippe. Mais des recherches récentes ont pu mettre en évidence son action de diminution de la charge virale chez les personnes porteuses du VIH.

*Il contient pléthore de vitamines, et entre autres un taux élevé de vitamine D.

*Par l’augmentation des défenses immunitaires et son action sur les maladies cardio-vasculaires c’est le champignon « antivieillissement par excellence ».

Mode d’utilisation

*Il faut savoir que ce champignon a son goût et ses actions optimales quand il est conservé sous forme desséchée. Frais il est très fragile et peut perdre une grande partie de ses propriétés.

*On le trempe dans l’eau pendant deux ou trois heures. On enlève ensuite le pied, car ce dernier est dur et difficile à mâcher. Mais il ne faut pas le jeter, car il a des propriétés médicinales concentrées.

Quand vous faites une soupe, vous le mettez dedans Il va donner tout son parfum  et ses propriétés et ensuite vous l’enlevez.

*On coupe le chapeau en lamelle pour le faire sauter, cuire à la vapeur, faire une soupe, un plat végétarien. Il est délicieux de goût, quelle que soit sa forme de préparation.

*La consommation moyenne pour avoir un effet thérapeutique est de 10gr/jr par cycle de 9 jours.

 

 

 

 

 

 

Contre-indications

*C’est un aliment à éviter en cas d’urticaire chronique, car il risque d’augmenter ou de déclencher la crise. On dit en MTC que c’est un produit qui agite le vent.

*Il faut éviter de le consommer de manière excessive en cas de stagnations d’aliments.

La CIBOULE

LA CIBOULE   par Jean Pélissier professeur en MTC

La ciboule se nomme Cong Bai 葱白  en chinois.

Cong pour ciboule et Bai qui signifie « blanche ». C’est celle qu’on préférera quand on l’utilisera pour ses vertus médicinales. 

Son nom latin est Allium Fistulorum. C’est une plante herbacée de la famille des Liliacées, cultivée pour ses feuilles aromatiques.

Condiment par excellence de la cuisine asiatique, elle est cultivée dans le monde entier.

On l’appelle aussi cébette, cive, oignon d’Espagne, chiboule ou ail fistuleux.

Ses tiges sont plus épaisses que la ciboulette. Elle est creuse, charnue, longue et sa racine forme un bulbe blanc très allongé, qui se confond avec le départ de la tige.

Souvent il y a confusion avec le jeune et petit oignon blanc.

L’étude de la ciboule nous permet de mettre en évidence la frontière très ténue qu’il  y a entre la pharmacopée traditionnelle chinoise et la diététique quotidienne. En effet Cong Bai fait partie intégrante des compendiums de pharmacopée chinoise.

C’est le grand Yao, le grand « médicament »  qu’on doit prendre en cas de rhume ou de début d’état grippal.

Mais c’est aussi un « réchauffant », un antalgique et un diurétique.

En pharmacopée donc, on utilise la partie blanche de la ciboule et même les racines.

Selon la théorie des signatures, le blanc est à mettre en relation avec les poumons.

Quand on utilise les racines, c’est que l’on veut agir plus sur le bas ventre.

La partie haute et le début du bulbe sont utilisés dans la cuisine populaire.

Que dit la médecine chinoise ?

Cong Bai, la ciboule à une nature tiède et une saveur piquante.

Rappelons-nous que les plantes  de nature tiède réchauffent l’interne et dispersent le Froid. La saveur piquante permet en outre, de disperser les agents pathogènes ( microbes, virus..), logés en superficie, souvent grâce à la transpiration.

Les organes méridiens cibles sont ceux :

                  Du Poumon et

                  de l’Estomac.

Cong Bai a pour principales actions de :

                  Libérer et dégager le Biao.

                              Le Biao représente la surface du corps (ici les pores de la peau).

                  Il est sudorifique.

                  Il perméabilise les voies du Yang,

                  neutralise les toxines,

                   il est Antipyrétique,

                   stomachique,

                  diurétique.

La ciboule est indiquée :

                  En cas d’attaque de la perversité Froide, surtout à son début.

                  Crainte du froid (dans les états grippaux),

                  syndrome Yin Froid avec douleurs abdominales. 

                  Gastralgie et hyperacidité gastrique.

                  Diarrhée cholériforme.

                  Difficultés à la miction.

                  Œdèmes infectieux.

 

Voyons un peu ce que disent les compendiums de pharmacopée chinoise :

*En cas de toux avec écoulement de nez clair, il faut rajouter de la ciboule dans ses plats. Elle a en effet des vertus expectorantes. De même, on pourra en faire une décoction en cas de coups de froid sur le ventre  avec douleurs abdominales.

*Yong Yao Xin Fa : « La ciboule fait communiquer et perméabilise le Qi et le Yang. Elle permet au Vent pervers de se dégager au-dehors ».Je vous rappelle qu’en M.T.C., le « vent pervers » est le vent du climat, mais aussi tout ce que véhicule ce vent, en particulier les virus, microbes et autres agents pathogènes.

*Si en plus de l’écoulement nasal et de l’éternuement, on a une impression de froid pouvant aller jusqu’aux frissons et tremblements, avec un début de fièvre (état grippal), il faut alors rajouter absolument à la ciboule en décoction, trois tranches de  gingembre et une écorce de cannelle.

Après la prise de cette décoction, il faut bien se couvrir et attendre qu’une transpiration abondante apparaisse.

Que disent les recherches modernes ?

La ciboule est antiputride, digestive et carminative.

Elle est très riche en antioxydants (vit. C, flavonoïdes…), en sels minéraux et en Vit. B.

Une étude épidémiologique démontre que la consommation de légumes de la famille des alliacées (incluant la ciboule, l’ail et l’oignon) pourrait prévenir les cancers de l’estomac et de l’œsophage.

 

 

 

 

 

 

Mode de préparation.

En pharmacopée, en usage interne la dose moyenne se situe en 10-18gr par jour. On peut donc le broyer pour des applications externes.

*Dans la cuisine, on l’utilise souvent en entier (feuille et bulbe), hachée ou émincée, sous forme de condiment en remplacement de l’oignon qui a un goût plus fort.

Elle est souvent cuite très brièvement, mais les feuilles peuvent dans certaines préparations être consommées crues.

Elle peut être incorporée dans les salades, les soupes, dans les nouilles, les plats de viande au Wok. C’est la grande garniture du canard laqué.

*La ciboule est un condiment de choix donc, très souvent rajoutée dans les plats de viande ou de poisson, car elle atténue les risques d’intoxication alimentaire. Elle favorise aussi la digestion du bol alimentaire. Ayant des vertus apéritives, elle est indiquée chez les personnes faibles ayant peu d’appétit.

*Très facile à trouver dans les magasins Bio et les épiceries chinoises, elle se conserve 2-3 jours dans son réfrigérateur, enveloppé dans du papier absorbant ou dans un linge humide.

 

 

 

 

 

 

Contre-indications

Il faut éviter de consommer de la ciboule, surtout en décoction (préparation médicinale) en cas de transpiration abondante par faiblesse du Biao. Le Biao en médecine chinois représente entre autres la surface du corps et les pores de la peau. Or, la peau et le Poumon sont un même organe.  De telles préparations pourraient encore plus affaiblir l’organisme.

L’association de ciboule crue et de miel au cours d’un même repas pourrait être à l’origine de diarrhées importantes.

On doit en consommer très peu en cas de maladies rénales.

 

Conclusion

À l’heure actuelle de nombreux chefs étoilés se servent de cette plante pour donner des goûts très subtils à certaines de leurs préparations culinaires.

Mais c’est aussi un produit phare de la pharmacopée. Il entre dans cette panoplie de la « pharmacie du Bon Dieu » que toutes cuisinières chinoises se devaient de connaître quand il s’agissait de traiter leurs enfants qui présentaient les premiers symptômes « d’attaque externe ».

Certaines personnes rétorqueront qu’elles préféraient alors prendre un bon grog à base de citron et de rhum. Tous les goûts sont dans la nature……

 

La Mandarine

Mandarine         par Jean Pélissier professeur en MTC

La mandarine se nomme Ju Zi 桔子 en chinois.

Son nom latin est Citrus Reticulata.

C’est un fruit originaire d’Extrême Orient (Chine-Viet Nam) très proche de l’orange.

On la cultive depuis plus de 3000 ans. Sa chair sucrée est très parfumée et est l’une des moins acides des agrumes.

Mandarine nous rappelle la couleur de la robe de soie des mandarins chinois, d’où son nom. Le mandarinier a fait son entrée en Europe grâce aux Portugais, et plus précisément en Provence vers les années 1800, soit 400 ans après l’orange. Elle a été cultivée à grande échelle en Algérie à partir de 1850.

Nous connaissons tous un hybride sans pépins de ce fruit : la clémentine (citrus clementinus). Ce fruit a été obtenu par croisement dans les années 1900 par le père Clément, moine près d’Oran en Algérie. Il existe aussi la tangerine qui a une écorce plus foncée et qui se pèle aussi plus facilement.

Ce fruit aux mille vertus est considéré comme un trésor en Chine. Il reste au centre de très nombreuses festivités lors du Nouvel An chinois.

C’est le grand fruit pour prévenir les rhumes et grippes saisonnières. C’est donc un fruit à consommer prioritairement en fin d’automne et à  l’entrée de l’hiver.

Que dit la médecine chinoise ?

La mandarine est de nature Fraîche et de saveur Douce-Acide.

La nature fraîche permet de refroidir sans excès le corps, d’éliminer la chaleur et de favoriser modérément la circulation de sang et d’énergie dans l’organisme.

Les organes méridiens où vont se diriger principalement ses effets sont ceux :

                  Des Poumons,

                  de l’Estomac.

Ces actions principales sont de:

                  Régulariser le Qi, l’énergie.

                  Tonifier la Rate et l’Estomac.

                  Favoriser la production de liquides organiques.

                  Dissoudre le Tan et les mucosités.

*Ju Zi, la mandarine est excellente quand on présente de la toux avec des mucosités jaunâtres, épaisses et collantes liées à la présence de « chaleur », d’inflammation du Poumon. C’est aussi un antitussif et un expectorant.

*Une des grandes actions de la mandarine est de régénérer les liquides organiques. Elle potentialise les effets du thé en tant que facteur hydratant du Poumon.

N’oublions pas que le Poumon et la peau forment un même organe en médecine chinoise. Et que dans le même « logiciel-organe » le Poumon-Yin est couplé au Gros intestin-Yang. En hiver, le Yin a tendance à entrer en profondeur dans le corps. La peau s’assèche et des démangeaisons peuvent apparaître. De la constipation peut apparaître. C’est une des raisons pour laquelle ce fruit est consommé prioritairement en cette saison.

*Quand s’installe une faiblesse de Yin au niveau de l’Estomac (en cas de diabète par exemple), le Yang augmente entraînant une sensation de soif permanente. Si vous vous mettez alors à boire en trop grande quantité, vous ne faites qu’aggraver ces symptômes. La mandarine est alors tout à fait indiquée.

*En cas de non-respect des règles basiques de diététique, ou d’émotions intériorisées, un état de stagnation peut s’installer au niveau du Foyer Moyen, en particulier de l’estomac. C’est une grande cause de ballonnements intestinaux, de nausées, d’inappétence et de reflux gastro-œsophagien. Par son action régulatrice de l’énergie, la mandarine permet de faire circuler et de digérer.

*En Chine, on l’utilise pour évacuer plus rapidement les effets secondaires liés aux excès de boissons alcoolisées.

*Surtout chez les enfants, après une forte fièvre, les liquides organiques peuvent être « blessés », entraînant des symptômes de sécheresse. La mandarine est alors excellente.

Que disent les recherches modernes ?

*La mandarine contient de l’acide citrique, bromique et oxalique. Mais aussi du phosphore, du magnésium et de très nombreuses vitamines dont la vitamine C.

*Elle permet d’éliminer les résidus des métaux lourds stagnant dans l’organisme comme le cadmium, le mercure et le plomb. Elle potentialise les effets du thé vert et noir chinois qui vont déjà dans ce sens.

*C’est un anti-infectieux du tube digestif, car elle empêche la fermentation des aliments.

*On dit qu’elle est dépurative, sédative, revitalisante et diurétique.

*Elle permet d’éliminer le mauvais cholestérol, de prévenir le diabète de type II et de lutter contre l’athérosclérose. On la conseille aux personnes qui souffrent d’hypertension, car elle possède certaines vertus hypotensives.

*Elle fortifie les tissus, les os, les dents, mais aussi le cerveau.

*Elle est anti hémorragique.

*La mandarine a comme action de prévenir les calculs rénaux et de la vésicule biliaire.

*Grâce à ses fibres, elle favorise le péristaltisme intestinal et donc l’élimination des déchets.

*Elle permet aussi de lutter contre l’obésité.

*De récentes études ont montré que ce fruit (comme tous les agrumes) permettait de prévenir les cancers de la bouche, du pharynx, de l’estomac et du colon. Elle favorise l’évacuation de la bile.

*Elle possède entre autres, des propriétés pour les nerfs et favorise le sommeil.

Mode d’utilisation

*La mandarine peut être consommée crue, mais aussi cuite, et en décoction. Quelques quartiers revenus 5′ dans une poêle chaude ou sur le gril permettront d’agrémenter de très nombreux plats de fête.

*La peau de mandarine, Chen Pi littéralement « vieille peau » est un produit de pharmacopée à part entière.

*Les pépins ont aussi des vertus médicinales importantes. On dit qu’ils sont amers et neutres et qu’ils régularisent le Qi. Ils permettent d’arrêter les douleurs, de disperser les indurations, d’agir sur le méridien du Foie. Quand on observe le trajet de ce méridien, on comprend pourquoi ils peuvent avoir une action sur les problèmes de hernies inguinales, d’hydrocèles, de kyste des testicules, mais aussi de douleurs et de distensions au niveau des seins.

*En ce qui concerne le jus de mandarine, le problème est le même qu’avec le jus d’orange. Non seulement vous perdez toutes les grandes fibres et la partie « blanche » accolée aux quartiers, mais beaucoup trop de saveur acide vient agresser le « logiciel Foie ». Une mandarine nature suffit à donner toutes les vertus extraordinaires de ce fruit.

Contre-indications

*Attention de ne pas avaler les pépins, car ils risquent de blesser les villosités intestinales entraînant des diverticuloses et la formation de polypes réactionnels.

*Ne pas en donner en trop grande quantité aux nourrissons (juste un ou deux quartiers), car leur tube digestif est dans l’incapacité de la digérer.

*Ne pas en consommer en cas d’ulcère gastrique, de diabète installé, ou d’hyperacidité stomacale.

Conclusion

Pour les différentes raisons que nous avons évoquées précédemment, la mandarine est bien le fruit de la fin d’automne et du début de l’hiver. Mais attention de ne pas en surconsommer, car cela se retournerait contre votre organisme. C’est l’excès de saveur acide qui finirait par déséquilibrer l’énergie de votre foie.

De même respecter la règle : pas de fuit après un repas. Pourquoi pas dix minutes avant un repas. Mais privilégiez à la pause goûter ce fruit venu de Chine.