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Bienvenue sur notre site d’information !

Cet outil a été créé pour être un lien entre les adhérents à l’association Shangxin de La Tour du Crieu.

Ce lien a pour vocation d’informer au sujet des cours, de la pratique du Qi-Gong, et de ce qui l’entoure.

Il a également été conçu pour que les adhérents puissent communiquer entre eux.

Vous savez bien que la communication ne fait pas défaut lors des cours, mais d’une part certains adhérents ne se rencontrent jamais car ils assistent à des cours différents, d’autre part, le cours requérant très vite une grande concentration, la communication de certains peut se voir limitée.
Vos commentaires seront les bienvenus à la fin de la rubrique « liens« .

(j’ai du supprimer la possibilité de faire des commentaires à chaque article car j’étais envahie de messages publicitaires !)

Ce site vous informera donc:

– des horaires et lieux de cours

– des éventuelles modifications dans ces horaires

– des pratiques saisonnières du Qi-Gong

– et vous donnera des informations d’ordre général sur la médecine chinoise, ses principes, ses applications dans la diététique, l’hygiène de vie et la méditation.

Qi Gong de la Fille de Jade

 

Corinne viendra le SAMEDI 21 OCTOBRE de 9h à 16h,

salle Jules Simorre (salle habituelle de cours)

nous faire découvrir le

QI GONG de la FILLE de JADE

 Ce Qi gong va nous amener dans l’écoute de notre féminin .

Une belle aventure que de se rencontrer dans son être, d’accomplir  un grand nettoyage émotionnel, puis  de se relier au féminin sacré

Par l ‘enracinement , la concentration et l ‘alignement, en accord  avec les 5 éléments,

il permet de s‘harmoniser avec les saisons et les passages des cycles de vie.

Cette journée de découverte sera une initiation, on abordera le Qi Gong dans son entier puis en détail avec l’apprentissage de deux mouvements .

Pour pouvoir être au plus prés du travail, Corinne nous proposera aussi quelques exercices à l ‘écoute de notre bassin et de ses sources bouillonnantes.

Réservez cette journée pour une belle rencontre avec votre féminité !

Les places sont limitées à 15 participants

Prenez contact avec Martine au 06 76 99 61 55 pour réserver au plus tôt votre participation

 

Les saisons: Automne et cinquième saison

 

5 ÉLÉMENTS, 4 ou 5 SAISONS ? 

par Annie OLLIVIER

 

En Occident, principalement dans les pays de climat dit tempéré, il y a 4 saisons : le printemps, l’été, l’automne et l’hiver.

Et à chaque basculement, chaque changement de saison, il est évident que l’on sent une transition.

Quelque chose dans l’air change. Reste en suspens, avant l’installation à proprement parler de la nouvelle saison.

Cette transition, ce moment d’entre-deux, correspond en fait à la cinquième saison de la pensée chinoise, de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC).

C’est une saison de transition, qui existe entre toutes les saisons.

C’est un peu comme si la nature revenait à un intermédiaire, à un point central d’équilibre. Cette énergie intermédiaire a un nom, c’est celle de l’élément de la Terre. Et nous sommes justement rendus à ce moment-là de l’année.

Dans la cosmogonie chinoise, telle qu’elle existe depuis longtemps et qui décrit le cycle des éléments, de la nature, en général et chez l’humain, en particulier, l’élément de la Terre arrive directement après l’élément du Feu.

L’élément du Feu correspond au Grand Yang, au Zénith, à l’apogée de l’énergie d’extériorisation, de création. Les astres, le Soleil en particulier, ainsi que la position de la Terre sur son axe font en sorte que l’élément Feu est très présent au cours de ce cycle de l’année.

Avec les changements de position de la Terre et les modifications de son orbite, cette énergie montante (Yang) cède peu à peu la place à une énergie plus douce, qui amorce une descente, qui trouvera son apogée descendante (Grand Yin) avec l’hiver.

Mais revenons à l’énergie du centre. Il est de tradition de représenter le mouvement des cycles saisonniers (chinois) ainsi, avec l’élément de la Terre qui suit celui du Feu. Mais, en fait, il y a un retour à l’élément du centre, la Terre, à la fin de chaque saison. Un entre-deux. Ce qui fait donc de l’élément de la Terre, un élément essentiel, central, qui aura une très grande importance chez nous les terriens.

Dans le langage humain, ne disons-nous pas que les choses ne tournent pas rond lorsque nous ne sommes pas centrés, pas ancrés ? La centration et l’ancrage sont des caractéristiques propres à l’élément de la Terre.

L’élément de la Terre trouve des correspondances partout dans l’univers et en nous.

Il émane d’axes énergétiques du cosmos : les axes TAI YIN TERRE et YANG MING TERRE.

Ce sont ces énergies cosmiques qui se déplacent dans le cosmos et se dirigent vers la Terre pour se manifester entre autres dans ce que nous appelons les légumes-racines.

Cette énergie cosmique dont les vibrations correspondent à la couleur jaune orangé se condense dans et à la surface de la Terre pour nous donner justement les aliments dont notre Rate (Estomac-Pancréas) a besoin en ce temps de l’année (courges).

Cette énergie cosmique, qui émane entre autres de la planète Saturne, arrive sur la Terre accompagnée de caractéristiques qui lui sont propres : l’humidité (pluie de fin d’été), la maturité des plantations, la douceur (saveur sucrée) des légumes-racines entre autres, la sensation d’intégration, la réflexion après les moments d’insouciance de l’été, les plats que l’on recommence à faire mijoter, l’odeur parfumée de la Terre.

À cette vibration cosmique correspond également le son Whrooo gutural que l’on utilise dans la méditation de chi kung des Six Sons de guérison pour justement tonifier la Rate.

Chez l’humain, l’élément de la Terre correspond aussi au sens du goût, à la bouche, aux chairs, aux muqueuses, aux membres, à la tranquille position assise.

Il se manifeste en nous à des heures précises grâce à certains méridiens : Estomac de 7 h à 9 h et Rate de 9 h à 11 h.

Et comme la principale fonction de la Rate est de distribuer les énergies des divers aliments que nous ingérons aux quatre autres organes (éléments) que sont les Poumons-Métal, Reins-Eau, Foie-Bois et Coeur-Feu, il est important de comprendre que vous devez avoir une activité nourrissante le matin, pour que votre Rate aie de l’énergie à donner à ses congénères.

Cela peut passer par de l’alimentation saine, mais aussi par de la méditation, des activités créatives (art, danse, chant,….), de la marche dans une nature réjouissante….

Cela vous permettra de vous sentir ancré, centré.

Sans cela il y aura un vide d’énergie dans la Rate : Impossible de bien vous concentrer, d’avoir les idées claires, ni de suivi dans la pensée. Pas capable d’intégrer ce qui est dit.

Donc, la réceptivité, l’ouverture, la quiétude et la constance (caractéristiques dites positives propres à la Rate) seront amoindries ou feront défaut.

S’installeront de façon plus ou moins marquée les émotions opposées dites « négatives » de fermeture, anxiété, inquiétude, appréhension, soucis, préoccupation, angoisse, obsession, entêtement.

Et voici que la dualité trouve son origine dans nos organes ! Avec le YIN et le YANG.

Du Grand Tout, le TAO, qui ne faisait qu’un, il est advenu la dualité, et ce dans nos organes. Et ce sont nos organes qui génèrent justement nos émotions, plus particulièrement la chaleur accumulée dans les fascias autour des organes. C’est ce qui fait que les Six sons de guérison sont si importants à faire en fin de journée.

En effet, la contraction particulière que chaque son provoque autour de chaque organe lui correspondant permet de dissiper la chaleur et donc de neutraliser les émotions. Dans le cas de la Rate, tout revient à plus de centration, d’ouverture, d’équilibre, de quiétude et de réceptivité après le Whrooo gutural.

Mais vous vous demanderez peut-être pourquoi les gens ont des tempéraments différents et réagissent de manières différentes. En fait, nous sommes tous (ou presque) conçus à des moments différents en des points différents de la Terre.

Ceci fait que les mouvements d’énergie arrivant du cosmos diffèrent et affectent les cellules en multiplication de façon et à des degrés différents.

Si par exemple vous avez été conçu à un moment au cours duquel l’énergie de la Terre n’était pas très présente, vous manquerez probablement de cette énergie et vous ressentirez les déficits de cette énergie sous la forme des émotions dites « négatives » mentionnées ci-dessus.

Il faudra donc compenser ce manque dit « fondamental » par les aliments (de nature Terre) et  par des exercices de chi kung visant la Rate.

Puis, ce grand moment de suspension de fin d’été cède la place à une énergie encore plus descendante, au Petit Yin de l’Automne, de l’élément du Poumons-Métal. Une énergie beaucoup plus fraîche et sèche, celle de l’élément Métal, qui émane des axes cosmiques énergétiques TAI YIN MÉTAL et YANG MING MÉTAL.

Il s’agit de l’énergie de la saison que nous appelons l’Automne en Occident.

L’équilibre précédent s’est rompu pour laisser la place à une énergie de ralentissement, d’engrangement, de condensation, de contraction.

Mais aussi de clarté (avez-vous déjà observé la pureté d’un ciel automnal, comme si elle était cristalline), de force, de précision.

Cette énergie provient des 7 Constellations du Tigre Blanc, de Vénus et de l’Ouest.

Elle se manifeste par la lumière blanche et l’énergie Yin.

Elle correspond à la sécheresse et au Métal, au goût piquant des choux et des légumes qui aboutissent en cette saison et qui aident à tonifier les Poumons et le Gros Intestin. À ce moment-ci de l’année, nous ressentons le besoin de consommer de la soupe (mode de cuisson bouilli) dans laquelle nous avons mis du chou en particulier. Nous aimons bien nous coucher plus tôt, le coucher étant la position du corps correspondant à cet élément.

Cette énergie vient animer les méridiens des Poumons, entre 3 h et 5 h, et du Gros Intestin, entre 5 h et 7 h.

Si elle est forte en nous (Poumons-Métal fort), nous serons dotés de courage, de force, de droiture, de détermination, d’esprit de justice.

Mais si elle ne l’est pas, nous ressentirons de la tristesse, du découragement, de la dépression, de l’affliction, de la mélancolie, de l’abattement.

Pour retrouver un juste milieu et débarrasser les fascias entourant les Poumons d’un excédent de chaleur, il sera bon de faire le son des Poumons.

La contraction des fascias avec le son Sssssss autour des Poumons viendra éliminer l’excédent de chaleur et ramènera la fraîcheur dans les Poumons.

Et par voie de conséquence les émotions dites « positives », ou vertus, associées aux Poumons : courage, force, clarté, droiture, esprit de justice.

C’est aussi, sur le plan de la spiritualité, l’énergie qui nous donne la capacité d’utiliser nos expériences passées et l’héritage des ancêtres comme ressources. Cette énergie du Métal était le propre des samouraïs et guidait leurs actions.

Comme je l’ai dit plus haut pour la Terre, nous sommes tous (ou presque) conçus à des moments différents en des points différents de la Terre. Si celle des Poumons n’était pas bien présente au moment de votre conception, il se pourrait que vous manquiez des vertus propres aux Poumons, manque qu’il faudra compenser par les aliments (tout ce qui pique et est blanc) et les méditations ou exercices de chi kung (Qi Gong), entre autres les Six Sons de guérison et le Sourire intérieur.

Je vous souhaite un clair et nourrissant automne !

 

 

 

 

RENTRÉE

Bonjour à tous !

les cours de QI-GONG vont reprendre le mardi 19 septembre à 18h30.

Je sais que vous attendez cette date avec impatience…..

A bientôt

 

Méditation des 6 sons de guérison

Cette méditation est fondée sur une ancienne pratique taoïste (les six expirations de guérison) qui se sert du pouvoir vibratoire des sons pour aider les organes du corps à transformer les émotions négatives associées à ces organes.

Le maître Taoïste Mantak Chia a adapté cette ancienne pratique et l’a transformée en ce qu’il appelle les 6 Sons de guérison. Dans cette méditation, les sons sont expirés en même temps que l’on prend des postures qui viennent aider le son à atteindre plus précisément l’organe lui correspondant.

Les fréquences de ces sons aident à éliminer la chaleur excessive se trouvant dans les fascias autour des organes et à désintoxiquer ces derniers, accélérant ainsi le processus de guérison.

Mantak Chia maintient que si l’on pratique quotidiennement la méditation des Six sons de guérison, on ne sera jamais malade pendant très longtemps.

Dans la méditation des 6 Sons de guérison, on fait les sons en fonction du cycle de création des 5 éléments, c’est-à-dire en fonction de l’enchaînement naturel de la circulation de l’énergie dans les organes du corps (cycle de construction).

On commence par les Poumons (Automne), puis on va vers les Reins (hiver), ensuite vers le Foie (Printemps), puis vers le Cœur (Été) et enfin vers la Rate (Été indien).

Ainsi, il y a régularisation, harmonisation et circulation de l’énergie d’un organe à un autre.

Cette méditation est particulièrement efficace le soir car elle dissipe les émotions accumulées dans les organes :

La tristesse dans les Poumons, la peur et le stress dans les Reins, la colère et la frustration dans le Foie, l’agitation, l’impatience et la haine (ou trop de joie) dans le Cœur, et l’anxiété, les pensées récurrentes et l’inquiétude dans la Rate.

Elle est efficace car elle neutralise ces émotions et permet donc de se coucher apaisé et l’esprit  tranquille.

Son des poumons : SSSSSSSSS (comme le sifflement du serpent)

Inspirez en montant les bras au-dessus de votre tête et en tournant les paumes des mains vers le plafond.

Expirez avec le son SSSSSSSSSSS en poussant les pouces vers le plafond.

Inspirez en redescendant les mains.

Faire le mouvement et le son trois fois, tout en étant présent(e) à vos Poumons.

Observer la contraction qui se produit au niveau des poumons.

Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de la tristesse ou du découragement et que vous faites de la place au courage, au discernement et à la force.
Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de la tristesse, du découragement, de la dépression. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.

 

Son des Reins : (Tch)HOUUUU (comme le bruit du vent ou du souffle qui éteint une bougie)


Enroulez vos mains-bras autour de vos genoux en faisant le dos rond et en inspirant.


Expirez le son (Tch)HOUUUU en regardant droit devant vous et en rentrant le ventre.


Faire le mouvement et le son trois fois en étant présent(e) à vos Reins.


Observer la pression qui s’exerce sur les reins.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de la peur, du stress et de la fatigue, et que vous faites de la place au calme, au silence, à la paix. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de la peur, de la panique, de la terreur. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



 

Son du Foie : CHHHH (comme dans Chut! et avec la même force)


Montez vos mains-bras au-dessus de votre tête par les côtés et croisez vos doigts au-dessus de vous.


Expirez le son CHHH en vous penchant légèrement sur votre gauche, en étirant votre côté droit et en poussant le talon de votre main droite vers le plafond.


Faire le mouvement et le son trois fois en étant présent(e) à votre Foie.


Observer la contraction qui se produit au niveau du foie.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de la colère, de la frustration, du ressentiment, et que vous faites de la place au pardon, au geste positif et à la générosité. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de la colère, de l’agressivité, de la rage, de la frustration. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



 

Son du Cœur : HHHAAAA (comme dans un soupir d’aise avec un H expiré)


Montez vos mains-bras au-dessus de votre tête par les côtés et croisez vos doigts au-dessus de vous.
Expirez le son HHHAAAA (ne pas vocaliser le A) en vous penchant légèrement sur votre droite, en étirant votre côté gauche et en poussant le talon de votre main gauche vers le plafond.


Faire le mouvement et le son trois fois en étant présent(e) à votre Cœur.


Observer la contraction qui se produit au niveau du cœur.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de l’agitation, de l’impatience, de la précipitation, de la haine et que vous faites de la place à l’amour, à la joie de vivre, au respect, à l’honneur et à l’honnêteté. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de l’agitation, de l’intolérance, de la haine. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



 

Son de la Rate : (G)RRROOO (comme le feulement du tigre, son qui provient du fond du gosier)


Inspirez en amenant les doigts sur l’estomac et faites le son (G)RRROOO en expirant et en massant profondément l’estomac.

Relâchez et ouvrez un peu les bras en inspirant.


Amenez les doigts sur le pancréas (à gauche de l’estomac) et faites le son (G)RRROOO en expirant et en massant profondément votre pancréas.

Relâchez un peu les bras en inspirant.


Amenez les doigts sur la rate (sous vos côtes gauches) et faites le son (G)RRROOO en expirant et en  massant profondément votre rate.


Soyez présent à chaque organe et à la contraction qui se produit à chaque expiration.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de l’anxiété, de l’angoisse, de la dispersion mentale, de l’excès de pensées  et que vous faites de la place à la centration, à la réceptivité et à la continuité. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de l’anxiété, de l’inquiétude, des pensées récurrentes, de la fermeture. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



Son du Triple réchauffeur : HHIIII (lèvres tendues comme un sourire et H expiré)

Appuyez-vous sur le dossier de la chaise et allongez vos jambes, si vous êtes sur une chaise.

Inspirez en montant les mains au-dessus de la tête et expirez en les baissant vers les pieds et en faisant le son HHIIII.

Faites-le trois fois.

Ce son ne correspond à aucun organe mais il harmonise et répartit également l’énergie entre les trois Dan Tien (ventre, thorax et tête).

Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de l’agitation, de la chaleur ou de l’insomnie. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Notre ASSEMBLÉE GÉNÉRALE annuelle

a eu lieu le

Mardi 20 juin à 18h30

à la Tour du Crieu 

dans notre salle de pratique habituelle.

Après la réunion nous  avons partagé un beau moment de convivialité et d’amitié

lors d’un bon repas au restaurant

ASIA King Wok

Le repas était délicieux et l’ambiance excellente !

Le Cerf

Le Cerf

Le beau temps s’est installé, la nature explose de vigueur et de créativité.

Dans l’enchainement des 5 animaux (enseignement officiel du Qi-Gong en Chine), le Cerf vient en deuxième position.

Le cerf est un animal calme, au corps fin, bien adapté à la course et aux bonds.

Le Cerf symbolise la peur, la crainte et est lié au Rein.

(la médecine chinoise parle du Rein, au singulier, comme d’un organe rassemblant un ensemble de fonctions).
On travaille donc surtout sur l’enroulement de la colonne, les torsions, pour masser, stimuler le Rein.

Si le Rein est fort, on peut aborder la vie avec détermination et confiance.
Les correspondances vont aussi plus loin, le Rein est lié à l’eau, l’eau est yin.

Le Rein « s’exprime » dans l’oreille: un trouble de l’énergie du Rein peut être à l’origine de vertiges, d’une baisse d’audition ou d’acouphènes…

Sur la tête, il porte des bois… que nous imiterons avec nos doigts ((majeur et annulaire repliés, pouce, index et auriculaire tendus).

Ces exercices sont très intéressants pour détendre le dos, les épaules,  renforcent la colonne, stimulent  la circulation énergétique (Dumai, Dantian et Mingmen).

Dans le Qi-Gong que nous enseigne Martine, le Cerf est associé au coeur, donc à l’élément Feu.

Cela n’est pas contradictoire avec l’aspect prôné par l’enseignement chinois, car les éléments Feu et Eau sont liés et découlent l’un de l’autre de même que le coeur et le rein sont indispensables l’un pour l’autre.

Notre  Cerf est calme, souple, léger… entrons dans la belle saison avec détermination et confiance.

L’Ours

L’Ours

Aujourd’hui et pour trois semaines nous rentrons dans la saison intermédiaire de l’ours.

Derrière son apparente lourdeur et sa démarche nonchalante, l’ours cache beaucoup d’habileté et de souplesse.

L’ours est simple, stable, bien enraciné et peut devenir redoutable et terrifiant dans l’adversité.

« L’ours a la force de pousser les rochers et d’ébranler les arbres« .

Massif et calme à l’extérieur, il est souple et mobile intérieurement : lorsqu’il se met à marcher, malgré sa lourdeur, il s’affaisse tout en souplesse, il semble ne pas avoir d’ossature.

Le pratiquant doit exprimer la légèreté et la souplesse derrière la lourdeur et la stabilité. Chercher l’immobilité dans le mouvement.

L’ours, au travers de sa stabilité, son enracinement correspond à l’élément terre, à l’intersaison, au centre.

Il va emmener le qi vers le bas et se concentrer dans le  Dan Tien.

Les mouvements de l’ours renforcent la rate et l’estomac.

La Terre correspond en médecine chinoise à l’organe « rate – pancréas  » .

L’expression psychique liée à la rate est la réflexion, la « rumination » : celui qui pense trop, surmène son intellect, s’inquiète en permanence, a du mal à se décider, et blesse la rate.

En Qi Gong, on renforce l’élément Terre en captant l’énergie du sol, en s’enracinant, en descendant notre centre de gravité.

Dans le Qi Gong des 5 animaux, la marche de l’Ours favorise l’enracinement, remet « les pieds sur terre », encourage la confiance en soi.

 

 

le PIGNON

LE PIGNON       par Jean Pélissier professeur en MTC

Le pignon de pin ou Song Zi en chinois est la graine du pin.

C’est la graine qui pousse sous chaque écaille du cône ou de la pomme du pin parasol. La récolte se fait entre octobre et mars, lorsque le soleil permet l’ouverture des écailles de la pomme de pin.

Une fois « décortiquée », la graine est blanc nacrée. Selon la théorie des signatures, elle s’apparente de par sa couleur au Poumon.

Cette graine est connue et consommée depuis le paléolithique en Europe et en Asie. Connue en Chine depuis des millénaires, dans de très nombreux compendiums de pharmacopée, cette graine était considérée comme un aliment de longue vie. 

Nous allons voir qu’en médecine chinoise, Song Zi, le pignon est un produit très important pour agir sur la toux sèche, mais aussi sur certaines formes de constipation.

QUE DIT LA MÉDECINE CHINOISE ?

Le pignon est de nature Tiède et de saveur Douce.

La saveur douce permet d’harmoniser la digestion. Mais elle permet aussi d’hydrater et de lubrifier. Quand elle est combinée à la nature tiède, elle permet de reconstituer l’énergie et de faire monter le Yang.

Les organes méridiens où vont se diriger principalement ses effets sont ceux :

  • Du Foie
  • Des Poumons
  • du Gros intestin.

Ses actions principales sont :

  • d’humidifier le Poumon,
  • d’arrêter la toux,
  • d’humidifier le gros intestin
  • de favoriser l’évacuation des selles.

*En MTC, Poumons et Gros intestin font partie d’un même système d’organe. Par exemple, une longue exposition à des fumées asséchantes comme celles dégagées par la combustion du charbon ou de la cigarette favorisent l’apparition d’une sécheresse du Poumon, mais aussi du Gros intestin. Cela peut être une cause de toux sèches ou très peu grasses qui perdurent et des problèmes de constipation par manque de lubrification et asséchement des selles. Des décoctions de pignons sont excellentes dans ce cas.

*Une faiblesse du Yin des Reins peut être à l’origine d’un asséchement des liquides organiques. Song Zi est très connue en Chine pour lutter contre la constipation de la personne âgée ou après le post-partum.

*Comme la peau fait partie intégrante du «système Poumon »  il est dit que le « pignon nourrit la peau », prévient les rides et la sécheresse des tissus cutanés. Il leurs donne de l’éclat.

*Une très bonne recette en ce qui concerne les problèmes de sécheresse du Poumon-Gros intestin : « Mélanger à parts égales 20gr de pignons, de graines de sésame et de noix, et mastiquer longuement ». Cela peut être un très bon petit-déjeuner ou un goûter de milieu d’après-midi.

*En cas de toux sèches qui durent, toux que nous rencontrons souvent chez nos enfants, ou quand la batterie est un peu à plat (la médecine moderne parle de toux allergiques), vous pouvez faire une décoction avec 50gr de pignons, en la ramenant d’un bol à une tasse. Avec les mêmes graines, vous pouvez refaire une autre décoction dans la journée.

*Il est dit dans les textes que le pignon est excellent pour les personnes âgées, car il permet de « nourrir le cerveau ». Il aide à prévenir la sénilité.

QUE DISENT LES RECHERCHES MODERNES ?

*Le pignon possède une forte concentration en acide gras essentiel : « C’est le bon gras » pour la santé.

*Il est riche en phosphore, en fer, en magnésium, mais aussi en potassium.

*Il est très riche en fibre,  ce qui favorise la digestion du bol alimentaire et l’élimination des déchets.

*C’est une très bonne source de protéines végétales pour les végétariens, comme d’ailleurs la plupart des fruits à écales.

*Cette graine contient une quantité importante de Vit. E qui est un antioxydant notoire, protégeant entre autres la membrane cellulaire.

*Elle possède des propriétés anorexigènes, favorisant la réduction de la faim.

*De par sa haute teneur en graisses insaturées, en fer et en protéines, elle possède des vertus antifatigues et « anti-âge ».

*Ses vertus hypocholestérolémiantes, lui permettent de réduire les maladies cardio-vasculaires.

*Les pignons contiennent de la lutéine qui prévient en autres les maladies de l’œil, et en particulier la DMLA.

MODE D’UTILISATION

*En pure pharmacopée traditionnelle chinoise, la dose de décoction journalière se situe entre 10-15gr.

*Le pignon peut être consommé cru, en pâte. Dans certains cas, on peut légèrement le « Yanguiser » en le faisant très rapidement sauter à sec dans une poêle, en évitant de la carboniser. On augmente ainsi son pouvoir réchauffant en cas de froid interne.

*Il entre dans une infinité de recettes, gâteaux, salades, apéritifs. Dans les pays nord-africains, on en rajoute dans le verre de thé à la menthe. Qui ne connaît pas le pesto italien, compagnon indispensable du basilic.

*Attention. Du fait de leur charge importante en graisses polyinsaturées, les pignons peuvent très vite rancir. Achetez-les dans des magasins où il y a une bonne rotation des marchandises. Ne pas hésiter au moment de cet achat à les sentir, et conservez-les chez vous dans une boîte hermétiquement fermée.

*On trouvera de l’huile de pignon qui peut donner un goût très subtil à de très nombreux plats.

CONTRE-INDICATIONS 

*Il convient d’éviter d’en consommer en cas de selles molles liées à une faiblesse de l’énergie de la Rate, de même en cas « d’humidité interne » avec un enduit épais blanc sur la langue et des crachats abondants.

*Il existe quelques rares cas d’allergie aux pignons, comme d’ailleurs dans tous les fruits à écales.

CONCLUSION

Le pignon doit donc faire partie des aliments indispensables, quand nous voulons varier au maximum nos expériences gustatives et culinaires. Mais comme toujours, n’en faites  surtout pas un aliment quotidien. En manger en trop grandes quantités ponctuellement (l’équivalent d’une poignée au moment d’un apéritif par exemple) ou au quotidien sur une longue période de temps est nocif. Cela à toutes les chances de se retourner contre votre santé. Vous risquez de générer ce qu’on appelle en MTC un état « d’humidité interne » très préjudiciable pour la santé. N’oubliez pas, un aliment, une plante peut nous guérir ou nous rendre malades. Tout est une question de quantité.

Donc comme en tout, optez pour la voie du juste milieu, ni trop ni trop peu.

la SAUCE SOJA

La Sauce de Soja, Jiang You  par Jean Pélissier professeur en MTC

 La sauce de soja s’appelle Jiang You en Chinois.

C’est une sauce liquide faite à partir du soja jaune qui dans la pure tradition est faite sans adjonction de blé comme nous allons le voir.

Très connue au Japon, ce produit porte alors le nom de Tamari.

La sauce de soja est un liquide de couleur ambrée, brunâtre ou rougeâtre, plus ou moins foncée.

De saveur très prononcée et salée, il résulte, après de longs mois de fermentions dans une saumure, de la libération de certains enzymes par une moisissure, l’aspergillus coryza.

Son origine remonte à la dynastie des Zhou. C’est une des sauces les plus anciennes du monde.

Selon la légende, quand le bouddhisme prit son essor dans l’Est de la Chine, il fut accompagné par la diffusion du végétarisme. Pour se substituer à certaines sauces à base de produits animaux, il fut créé une pâte fermentée salée à base de soja qui, au fil des siècles, se transforma  en sauce de soja.

Cette préparation se diffusa ensuite dans tous les pays d’Orient, pour ensuite devenir un des produits phares de la culture chinoise en Occident.

Produit indispensable dans une cuisine chinoise, il pourra dans certains cas remplacer le sel dans nos plats. Ce condiment est sept fois moins riche en sodium que le sel de table !

Dans la pharmacopée traditionnelle chinoise, nous allons voir que c’est un excellent ingrédient pour « nettoyer » naturellement des aliments susceptibles de comporter des petites bébêtes indésirables.

Que dit la médecine chinoise ?

Jian You, la sauce de soja est de saveur Salée et de nature Froide.

Nous savons que la saveur salée,  prise en petites quantités « nourrit » l’énergie des Reins. Elle permet aussi de purger et d’amollir les indurations en dispersant les nodosités. La saveur Froide quant à elle neutralise entre autres les toxines de la chaleur.

Les méridiens organes destinataires sont ceux :

  • de la Rate,
  • de l’Estomac 
  • des Reins.

Les actions principales en médecine chinoise de la sauce de soja sont de :

  • Éliminer la toxicité,
  • harmoniser l’Estomac,
  • tonifier les Reins,
  • régulariser la Rate.

*Traditionnellement on se sert de Jiang Yiu dans la cuisine pour « détoxiquer » les aliments. En effet, c’est un produit très connu pour prévenir les intoxications alimentaires. C’est pour cela qu’il est régulièrement incorporé dans les viandes, les poissons, les légumes, les féculents.

*En tant que tonique de l’énergie de la Rate et agissant sur l’estomac, il permet d’ouvrir l’appétit, et donc d’être un apéritif. Mais il permet aussi de retrouver l’appétit  chez certaines personnes convalescentes ou en grande faiblesse.

*En application externe, on s’en sert traditionnellement pour traiter les brûlures. Mais il est aussi très efficace pour traiter et calmer les piqûres d’insectes, entre autres de guêpe et d’abeille. Il suffit pour cela d’appliquer régulièrement un peu de sauce de soja sur la zone à traiter.

*En Chine sauce de soja et gingembre frais font très bon ménage pour potentialiser tous les effets précédents.

Que disent les recherches modernes ?

*En alcalinisant le pH sanguin, il combat la fatigue.

*Très riche en acide acétique, il permet d’éliminer de nombreux micro-organismes qui peuvent être  présents dans l’alimentation.

*La sauce de soja contient une grande quantité de phosphore bon pour les os, les dents, le fonctionnement des nerfs et des muscles, mais aussi pour le métabolisme du calcium.

*Il contient aussi du potassium qui, avec le sodium, maintient l’équilibre acido-basique, contrôle le pH des cellules, la transmission de l’influx nerveux, le fonctionnement des reins et des glandes surrénales, la synthèse des protéines et le métabolisme des glucides.

*On y trouve aussi une grande quantité de vit B et de Fer.

*L’action antitoxique de la sauce de soja provient entre autres de la levure utilisée pour faire fermenter le soja qui a des propriétés d’antibiothérapie.

Mode d’utilisation.

Comme nous l’avons dit plus haut,  Jiang You en Chinois, ou Tamari au Japon, est une sauce de soja traditionnelle faite à « l’ancienne » uniquement à base de haricots de soja jaune, sans ajout de céréales ni d’autres additifs (donc pas d’amidon ni de gluten).

Il serait trop long ici de vous en donner le mode de préparation. Pour faire court, les graines de soja jaune sont utilisées entières. Elles vont être fermentées avec du sel marin et de l’eau pure pendant un an à un an et demi, dans des fûts en cèdre. En effet, comme ces graines contiennent naturellement des graisses, la vitesse de fermentation est considérablement ralentie. Au bout de ce temps, la sauce peut être consommée, mais sera de goût plutôt âpre. Il faut 3 à 4 ans pour que le goût sucré apparaisse. Au bout de cinq ans, c’est la plénitude des saveurs qui s’exhale, en particulier liée à la multiplication de certaines « bonnes » bactéries.

Malheureusement, cette véritable sauce de soja que l’on trouve dans le commerce n’est plus du tout traditionnelle. Et le comble, c’est une invention chinoise moderne qui permet de produire un liquide hydrolysé chimiquement, sans aucune fermentation à partir de farine de soja dégraissée, lui donnant un goût de caramel.

Bien évidemment ce produit perd toutes les vertus médicinales que nous avons vues plus haut.

Quelque terme chinois dans le maquis des sauces de soja :

  • Shēng chōu : sauce soja légère et fine (faible viscosité), opaque, brun clair.
  • Tóu chōu  : sauce soja issue de la première pression des graines de soja, signifie « première sauce soja ». Le tóu chōu est vendu comme une sauce de soja de première qualité, telle une huile d’olive extra-vierge, le goût issu de cette première pression est considéré comme supérieur.
  • Shuāng huáng : sauce soja doublement fermentée.
  • Yìn yóu : une sauce soja plus sombre, aux arômes plus riches et complexes, fabriquée initialement à Taïwan, utilisant seulement des graines de soja avec l’Aspergillus et du sel de roche.

*Procurez vous donc de la sauce de soja Jiang You ou du Tamari dans les magasins Bio en s’assurant qu’il n’y a pas d’adjonction de blé. Mais aussi que le soja sera d’origine non transgénique. Il faut y mettre le prix. Une sauce de soja bon marché ne peut être que de fabrication industrielle.

*La véritable sauce de soja est un produit qui se consomme en très petite quantité. Quelques gouttes suffisent pour lui donner toutes ses vertus médicinales.

*La sauce de soja est un complément idéal pour accompagner tous les plats à base de légume, les plats de volaille, poisson, viande.

*Elle peut remplacer le sel ordinaire dans nos préparations culinaires. Il suffit de quelques gouttes pour transformer un plat « monotone » en un véritable régal pour le palais.

*Dans les régimes végétariens, on s’en sert pour préparer le Tofu, le fameux fromage de soja qui peut remplacer les protéines animales.

*Dilué, on peut faire mariner les viandes et les poissons avant de les griller.

*Pour éviter toute altération, il est préférable de conserver la sauce de soja à l’abri de la lumière.

*Une excellente vinaigrette à base de sauce de soja. Testez là  et vous serez conquis : « Mélanger dans un bol une cuillère à soupe de vinaigre de vin, une demi-cuillère à café de « vraie » sauce de soja, une demi-cuillère à café de moutarde de Dijon, du poivre et un petit peu de curry et évidemment pas de sel ! Ajoutez 3 cuillères à soupe d’huile d’olive et goûtez ! »

Conclusion

À condition de choisir la bonne sauce de soja, c’est un ingrédient qui au regard de ses vertus médicinales, pourra tout à fait entrer dans nos habitudes culinaires occidentales. Certains grands chefs ne s’y trompent pas.

Mais une mise en garde ! En ligne de mire, vous devez faire très attention à l’excès de saveur salée.

Comme toute saveur, prise en quantité correcte, elle tonifie l’énergie de l’organe cible auquel elle appartient. Par contre si on dépasse la dose, elle se retourne contre l’organe et déclenche les pathologies.

Quelle dose ? Normalement nous ne devons pas sentir qu’un plat est salé. Si c’est le cas, on est déjà largement en surdosage. Et évidemment ne jamais rajouter de sel une fois un plat cuisiné, donc bannir la salière sur la table !

La sauce de soja peut donc remplacer le sel de temps en temps dans nos plats, mais quelques gouttes seulement !

 

Les Trois Portes par Jacques d’André

 


« Les trois portes de Sagesse« .

Dans une île lointaine de l’Océanie, au cœur de l’immensité du Pacifique, un Grand Chef avait pour fils unique un jeune homme courageux, habile et intelligent.

Pour parfaire son apprentissage de la Vie et le préparer à ses responsabilités, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

« Eclairemoi sur le Sentier de la Vie« , demanda le jeune Chef, assis face au vieil homme autour d’un petit feu de bois sec.

« Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable à marée haute », répondit le Sage. « Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur la route de ta vie, tu rencontreras trois portes. Lis à chaque fois les préceptes inscrits sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à suivre ces enseignements. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu
serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi ».

Le Vieux Sage disparut et le jeune Chef, après avoir empoigné son casse-tête et ses meilleures sagaies, s’engagea sur le Chemin de la Vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

« CHANGE LE MONDE » « 

C’était bien là mon intention, pensa le jeune homme, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas » Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du cœur. Il réussit toutefois à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent. Et bien des années passèrent.

Un jour qu’ il rentrait de la pêche avec une filoche garnie de poissons, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ? « J’ai appris, répondit le jeune Chef, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas ».

« C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise » Et il disparut.

Peu après, le jeune Chef se trouva face à une seconde porte ; on pouvait y lire :

« CHANGE LES AUTRES »

« C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration » Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Et bien des années passèrent. Un soir, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, apparut le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, répondit le jeune Chef, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses. Je n’avais vu que le feuillage du banian, sans percevoir la puissante chevelure des racines qui plongent dans la Terre ».

« Tu as bien vu, dit le Sage. Au travers de ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir ».

Et le Vieil Homme disparut.

Peu après, le jeune homme arriva devant une troisième porte où figuraient ces mots :

« CHANGE-TOI TOI-MEME »

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire », se dit-il.

Et il entama son troisième combat.

Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès, mais aussi des échecs et des résistances, le jeune Chef rencontra à nouveau le Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, répondit le jeune homme, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser. On peut faire un radeau de bambou et sculpter le santal ou le bois bleu, mais le gaïac coule et son bois dur émousse la lame du ciseau ».

« C’est bien » dit le Sage.

« Oui, poursuivit le futur Chef, mais je commence à être fatigué de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise ».

« C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru ».

Et il disparut.

Regardant en arrière, le jeune Chef vit au loin la 3ème porte et s’aperçut alors, qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME »

Il s’étonna de ne pas avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. « Quand on combat, on devient aveugle« , se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même en cessant de se comparer, de se juger, de se blâmer.

Fort de ce nouvel enseignement, il alla à la rencontre du Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, répondit le jeune Chef, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement. Je ne veux pas être un Bernard L’hermite qui change de coquille tous les jours, je veux m’admettre comme une conque dont la puissante spirale fera résonner l’appel des clans dans la Grande Chefferie« .

« C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte ».

À peine arrivé de l’autre côté, le jeune guerrier aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :

« ACCEPTE LES AUTRES »

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées comme celles qu’ il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’ il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement révolté et contre quoi il s’était battu. Il ne voyait plus que Sagesse, Force et Beauté.

Trois saisons de Lune plus tard, il rencontra à nouveau le Vieux Sage : « Qu’as tu appris sur ton chemin » ? demanda ce dernier. « J’ai appris, répondit le jeune Chef, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement. Ils sont ce qu’ils sont, avec leur part d’ombre et de lumière, chaque moitié étant indissociable de l’autre, car c’est ce qui fait leur richesse ».
« C’est bien, dit le Vieil homme. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte dans l’autre sens ».

Arrivé de l’autre côté, le jeune homme aperçut la face arrière de la première porte et il put lire :

« ACCEPTE LE MONDE »

« Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois ». Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’ il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. li fut frappé par l’éclat et la beauté des choses. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa alors le Vieux Sage qui lui demanda une nouvelle fois : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, dit le jeune Chef, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est joyeuse, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. Ronde ou pointue, lisse ou bosselée, ce n’est pas la forme de l’igname qui compte, c’est la saveur qu’elle donne au bougna ».
« C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde » Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit alors le futur Grand Chef. Le Silence l’habitat.

« Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui où tu passeras du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence. Il faudra te taire ou bien dire des choses qui valent mieux que le silence, car Dieu lit dans le silence des cœurs. Souviens-toi que les mots que l’on n’a pas dits sont les fleurs du silence. Dans ta case de Grande Chefferie, tu seras seul et la solitude est une tempête de silence qui emporte toutes nos branches mortes comme un lendemain de cyclone. Traverse tranquillement l’agitation et le chaos et n’oublie pas que seule la paix pourra t’apporter le silence.

Alors seulement tu seras un Grand Chef ».

Et le Vieil Homme disparut à jamais.