La Pratique du Qi-Gong

La pratique du Qi Gong      par Jean Pélissier professeur de MTC

 

En quoi la pratique des Qi Gong diffère-t-elle d’un simple exercice de gymnastique ?

On peut considérer qu’il y a trois niveaux dans la pratique d’une série de Qi Gong.

Le premier niveau peut effectivement nous faire penser à un mouvement de gymnastique. Le but alors n’est pas obligatoirement de renforcer la masse musculaire, mais avant tout de conserver la souplesse des articulations.

Nous savons que la source première de quasi toutes les pathologies internes est à mettre en relation avec ce que l’on appelle en M.T.C. une « stagnation de sang et d’énergie », génératrice de la trilogie : Rubor, Calor, Dolor : inflammation, gonflement et douleur.

Nous avons vu aussi que la surface de l’organisme est mise en relation avec les organes internes grâce aux fameux méridiens énergétiques.

La conservation de la souplesse des articulations, grâce à une pratique régulière d’une série de Qi Gong, va avoir un retentissement direct sur le fonctionnement des organes internes.

En effet une stagnation au niveau des organes va favoriser une raideur au niveau des articulations. Inversement, une libération des articulations va permettre de débloquer les organes internes.

Un exemple type parmi tant d’autres :

À force d’émettre en permanence de la colère qu’elle soit intériorisée ou extériorisée, une tension va se produire le long du méridien de la vésicule biliaire, qui passe, entre autres au niveau du cou.

Une raideur va s’installer dans cette région pouvant dégénérer vers des problèmes de cervicalgies chroniques ou aiguës, des brachialgies, des inflammations du canal carpien et j’en passe.

Si au quotidien, grâce à certains mouvements, on conserve la souplesse des cervicales, localement, il n’y aura plus de douleurs, mais cela aura aussi un impact direct sur la libération de sang et d’énergie au niveau du «
logiciel foie ».

Cela sous-entend :

qu’une bonne série de Qi Gong doit être à même de faire travailler au cours d’une même séance, toutes les articulations, agir sur tous les méridiens et de ce fait agir sur les cinq logiciels organes.

C’est d’ailleurs ce que l’on retrouve dans toutes les grandes séries traditionnelles (les huit embellissements, les cinq animaux, etc..).

Si on en reste à ce premier niveau, à savoir donc celui de la conservation de la souplesse des articulations, une série de Qi Gong serait un « banal » exercice de gymnastique.

Allons donc plus loin. Nous avons tous remarqué que la pratique d’une série se faisait très lentement. Ce qui d’ailleurs dérange souvent l’Occidental pour qui tout doit être fait et obtenu de façon

« speed ».

La raison de cette lenteur vient du fait que lors de la pratique, le mouvement est totalement dirigé par la respiration. Or, comme la respiration est lente, le mouvement est lent. Expansion-contraction, dilatation-concentration, ouverture-fermeture, inspire-expire, à l’instar d’un soufflet de forge, la respiration va devenir le moteur de la libre circulation du sang et de l’énergie dans l’organisme.

Un quart d’heure de pratique quotidienne de Qi Gong va générer une centaine de respirations conscientes. C’est autant de pris pour favoriser la recharge de notre batterie des reins.

Donc, la deuxième étape du Qi Gong, c’est d’être une pratique purement basée sur la respiration, extraordinaire moyen d’apprendre à vivre en pleine conscience chaque instant présent.

Il existe un troisième niveau dans la pratique. Une fois le mouvement bien assimilé, une fois la respiration bien installée, la pratique du Qi Gong va devenir une véritable pratique de méditation en mouvement.

L’observateur extérieur ne va percevoir qu’une pratique exotérique, mécanique. Le pratiquant, lui, est déconnecté de son espace-temps. Il se crée à ce moment-là un entonnoir qui va mettre en relation la sphère de son conscient avec son subconscient le plus profond, que certains assimilent au « Hun » de la médecine chinoise.

Chacun d’entre nous possède au plus profond de lui, de multiples dons. Et ces dons peuvent « remonter à la surface » au cours d’une pratique régulière. Mais sans aller si loin, cette pratique quotidienne va vous permettre d’arrêter votre ordinateur central, de mettre fin à l’excès de pensées qui envahissent votre écran radar. Petit à petit, vous allez apprendre à vivre en pleine conscience et par là même redevenir le général en chef du fonctionnement de votre corps. Grâce à « ici et maintenant », je suis capable de m’arrêter à la première image d’une colère et éviter de déclencher un tsunami mental, professionnel ou familial…

Les saisons: Automne et cinquième saison

 

5 ÉLÉMENTS, 4 ou 5 SAISONS ? 

par Annie OLLIVIER

 

En Occident, principalement dans les pays de climat dit tempéré, il y a 4 saisons : le printemps, l’été, l’automne et l’hiver.

Et à chaque basculement, chaque changement de saison, il est évident que l’on sent une transition.

Quelque chose dans l’air change. Reste en suspens, avant l’installation à proprement parler de la nouvelle saison.

Cette transition, ce moment d’entre-deux, correspond en fait à la cinquième saison de la pensée chinoise, de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC).

C’est une saison de transition, qui existe entre toutes les saisons.

C’est un peu comme si la nature revenait à un intermédiaire, à un point central d’équilibre. Cette énergie intermédiaire a un nom, c’est celle de l’élément de la Terre. Et nous sommes justement rendus à ce moment-là de l’année.

Dans la cosmogonie chinoise, telle qu’elle existe depuis longtemps et qui décrit le cycle des éléments, de la nature, en général et chez l’humain, en particulier, l’élément de la Terre arrive directement après l’élément du Feu.

L’élément du Feu correspond au Grand Yang, au Zénith, à l’apogée de l’énergie d’extériorisation, de création. Les astres, le Soleil en particulier, ainsi que la position de la Terre sur son axe font en sorte que l’élément Feu est très présent au cours de ce cycle de l’année.

Avec les changements de position de la Terre et les modifications de son orbite, cette énergie montante (Yang) cède peu à peu la place à une énergie plus douce, qui amorce une descente, qui trouvera son apogée descendante (Grand Yin) avec l’hiver.

Mais revenons à l’énergie du centre. Il est de tradition de représenter le mouvement des cycles saisonniers (chinois) ainsi, avec l’élément de la Terre qui suit celui du Feu. Mais, en fait, il y a un retour à l’élément du centre, la Terre, à la fin de chaque saison. Un entre-deux. Ce qui fait donc de l’élément de la Terre, un élément essentiel, central, qui aura une très grande importance chez nous les terriens.

Dans le langage humain, ne disons-nous pas que les choses ne tournent pas rond lorsque nous ne sommes pas centrés, pas ancrés ? La centration et l’ancrage sont des caractéristiques propres à l’élément de la Terre.

L’élément de la Terre trouve des correspondances partout dans l’univers et en nous.

Il émane d’axes énergétiques du cosmos : les axes TAI YIN TERRE et YANG MING TERRE.

Ce sont ces énergies cosmiques qui se déplacent dans le cosmos et se dirigent vers la Terre pour se manifester entre autres dans ce que nous appelons les légumes-racines.

Cette énergie cosmique dont les vibrations correspondent à la couleur jaune orangé se condense dans et à la surface de la Terre pour nous donner justement les aliments dont notre Rate (Estomac-Pancréas) a besoin en ce temps de l’année (courges).

Cette énergie cosmique, qui émane entre autres de la planète Saturne, arrive sur la Terre accompagnée de caractéristiques qui lui sont propres : l’humidité (pluie de fin d’été), la maturité des plantations, la douceur (saveur sucrée) des légumes-racines entre autres, la sensation d’intégration, la réflexion après les moments d’insouciance de l’été, les plats que l’on recommence à faire mijoter, l’odeur parfumée de la Terre.

À cette vibration cosmique correspond également le son Whrooo gutural que l’on utilise dans la méditation de chi kung des Six Sons de guérison pour justement tonifier la Rate.

Chez l’humain, l’élément de la Terre correspond aussi au sens du goût, à la bouche, aux chairs, aux muqueuses, aux membres, à la tranquille position assise.

Il se manifeste en nous à des heures précises grâce à certains méridiens : Estomac de 7 h à 9 h et Rate de 9 h à 11 h.

Et comme la principale fonction de la Rate est de distribuer les énergies des divers aliments que nous ingérons aux quatre autres organes (éléments) que sont les Poumons-Métal, Reins-Eau, Foie-Bois et Coeur-Feu, il est important de comprendre que vous devez avoir une activité nourrissante le matin, pour que votre Rate aie de l’énergie à donner à ses congénères.

Cela peut passer par de l’alimentation saine, mais aussi par de la méditation, des activités créatives (art, danse, chant,….), de la marche dans une nature réjouissante….

Cela vous permettra de vous sentir ancré, centré.

Sans cela il y aura un vide d’énergie dans la Rate : Impossible de bien vous concentrer, d’avoir les idées claires, ni de suivi dans la pensée. Pas capable d’intégrer ce qui est dit.

Donc, la réceptivité, l’ouverture, la quiétude et la constance (caractéristiques dites positives propres à la Rate) seront amoindries ou feront défaut.

S’installeront de façon plus ou moins marquée les émotions opposées dites « négatives » de fermeture, anxiété, inquiétude, appréhension, soucis, préoccupation, angoisse, obsession, entêtement.

Et voici que la dualité trouve son origine dans nos organes ! Avec le YIN et le YANG.

Du Grand Tout, le TAO, qui ne faisait qu’un, il est advenu la dualité, et ce dans nos organes. Et ce sont nos organes qui génèrent justement nos émotions, plus particulièrement la chaleur accumulée dans les fascias autour des organes. C’est ce qui fait que les Six sons de guérison sont si importants à faire en fin de journée.

En effet, la contraction particulière que chaque son provoque autour de chaque organe lui correspondant permet de dissiper la chaleur et donc de neutraliser les émotions. Dans le cas de la Rate, tout revient à plus de centration, d’ouverture, d’équilibre, de quiétude et de réceptivité après le Whrooo gutural.

Mais vous vous demanderez peut-être pourquoi les gens ont des tempéraments différents et réagissent de manières différentes. En fait, nous sommes tous (ou presque) conçus à des moments différents en des points différents de la Terre.

Ceci fait que les mouvements d’énergie arrivant du cosmos diffèrent et affectent les cellules en multiplication de façon et à des degrés différents.

Si par exemple vous avez été conçu à un moment au cours duquel l’énergie de la Terre n’était pas très présente, vous manquerez probablement de cette énergie et vous ressentirez les déficits de cette énergie sous la forme des émotions dites « négatives » mentionnées ci-dessus.

Il faudra donc compenser ce manque dit « fondamental » par les aliments (de nature Terre) et  par des exercices de chi kung visant la Rate.

Puis, ce grand moment de suspension de fin d’été cède la place à une énergie encore plus descendante, au Petit Yin de l’Automne, de l’élément du Poumons-Métal. Une énergie beaucoup plus fraîche et sèche, celle de l’élément Métal, qui émane des axes cosmiques énergétiques TAI YIN MÉTAL et YANG MING MÉTAL.

Il s’agit de l’énergie de la saison que nous appelons l’Automne en Occident.

L’équilibre précédent s’est rompu pour laisser la place à une énergie de ralentissement, d’engrangement, de condensation, de contraction.

Mais aussi de clarté (avez-vous déjà observé la pureté d’un ciel automnal, comme si elle était cristalline), de force, de précision.

Cette énergie provient des 7 Constellations du Tigre Blanc, de Vénus et de l’Ouest.

Elle se manifeste par la lumière blanche et l’énergie Yin.

Elle correspond à la sécheresse et au Métal, au goût piquant des choux et des légumes qui aboutissent en cette saison et qui aident à tonifier les Poumons et le Gros Intestin. À ce moment-ci de l’année, nous ressentons le besoin de consommer de la soupe (mode de cuisson bouilli) dans laquelle nous avons mis du chou en particulier. Nous aimons bien nous coucher plus tôt, le coucher étant la position du corps correspondant à cet élément.

Cette énergie vient animer les méridiens des Poumons, entre 3 h et 5 h, et du Gros Intestin, entre 5 h et 7 h.

Si elle est forte en nous (Poumons-Métal fort), nous serons dotés de courage, de force, de droiture, de détermination, d’esprit de justice.

Mais si elle ne l’est pas, nous ressentirons de la tristesse, du découragement, de la dépression, de l’affliction, de la mélancolie, de l’abattement.

Pour retrouver un juste milieu et débarrasser les fascias entourant les Poumons d’un excédent de chaleur, il sera bon de faire le son des Poumons.

La contraction des fascias avec le son Sssssss autour des Poumons viendra éliminer l’excédent de chaleur et ramènera la fraîcheur dans les Poumons.

Et par voie de conséquence les émotions dites « positives », ou vertus, associées aux Poumons : courage, force, clarté, droiture, esprit de justice.

C’est aussi, sur le plan de la spiritualité, l’énergie qui nous donne la capacité d’utiliser nos expériences passées et l’héritage des ancêtres comme ressources. Cette énergie du Métal était le propre des samouraïs et guidait leurs actions.

Comme je l’ai dit plus haut pour la Terre, nous sommes tous (ou presque) conçus à des moments différents en des points différents de la Terre. Si celle des Poumons n’était pas bien présente au moment de votre conception, il se pourrait que vous manquiez des vertus propres aux Poumons, manque qu’il faudra compenser par les aliments (tout ce qui pique et est blanc) et les méditations ou exercices de chi kung (Qi Gong), entre autres les Six Sons de guérison et le Sourire intérieur.

Je vous souhaite un clair et nourrissant automne !

 

 

 

 

Méditation des 6 sons de guérison

Cette méditation est fondée sur une ancienne pratique taoïste (les six expirations de guérison) qui se sert du pouvoir vibratoire des sons pour aider les organes du corps à transformer les émotions négatives associées à ces organes.

Le maître Taoïste Mantak Chia a adapté cette ancienne pratique et l’a transformée en ce qu’il appelle les 6 Sons de guérison. Dans cette méditation, les sons sont expirés en même temps que l’on prend des postures qui viennent aider le son à atteindre plus précisément l’organe lui correspondant.

Les fréquences de ces sons aident à éliminer la chaleur excessive se trouvant dans les fascias autour des organes et à désintoxiquer ces derniers, accélérant ainsi le processus de guérison.

Mantak Chia maintient que si l’on pratique quotidiennement la méditation des Six sons de guérison, on ne sera jamais malade pendant très longtemps.

Dans la méditation des 6 Sons de guérison, on fait les sons en fonction du cycle de création des 5 éléments, c’est-à-dire en fonction de l’enchaînement naturel de la circulation de l’énergie dans les organes du corps (cycle de construction).

On commence par les Poumons (Automne), puis on va vers les Reins (hiver), ensuite vers le Foie (Printemps), puis vers le Cœur (Été) et enfin vers la Rate (Été indien).

Ainsi, il y a régularisation, harmonisation et circulation de l’énergie d’un organe à un autre.

Cette méditation est particulièrement efficace le soir car elle dissipe les émotions accumulées dans les organes :

La tristesse dans les Poumons, la peur et le stress dans les Reins, la colère et la frustration dans le Foie, l’agitation, l’impatience et la haine (ou trop de joie) dans le Cœur, et l’anxiété, les pensées récurrentes et l’inquiétude dans la Rate.

Elle est efficace car elle neutralise ces émotions et permet donc de se coucher apaisé et l’esprit  tranquille.

Son des poumons : SSSSSSSSS (comme le sifflement du serpent)

Inspirez en montant les bras au-dessus de votre tête et en tournant les paumes des mains vers le plafond.

Expirez avec le son SSSSSSSSSSS en poussant les pouces vers le plafond.

Inspirez en redescendant les mains.

Faire le mouvement et le son trois fois, tout en étant présent(e) à vos Poumons.

Observer la contraction qui se produit au niveau des poumons.

Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de la tristesse ou du découragement et que vous faites de la place au courage, au discernement et à la force.
Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de la tristesse, du découragement, de la dépression. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.

 

Son des Reins : (Tch)HOUUUU (comme le bruit du vent ou du souffle qui éteint une bougie)


Enroulez vos mains-bras autour de vos genoux en faisant le dos rond et en inspirant.


Expirez le son (Tch)HOUUUU en regardant droit devant vous et en rentrant le ventre.


Faire le mouvement et le son trois fois en étant présent(e) à vos Reins.


Observer la pression qui s’exerce sur les reins.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de la peur, du stress et de la fatigue, et que vous faites de la place au calme, au silence, à la paix. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de la peur, de la panique, de la terreur. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



 

Son du Foie : CHHHH (comme dans Chut! et avec la même force)


Montez vos mains-bras au-dessus de votre tête par les côtés et croisez vos doigts au-dessus de vous.


Expirez le son CHHH en vous penchant légèrement sur votre gauche, en étirant votre côté droit et en poussant le talon de votre main droite vers le plafond.


Faire le mouvement et le son trois fois en étant présent(e) à votre Foie.


Observer la contraction qui se produit au niveau du foie.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de la colère, de la frustration, du ressentiment, et que vous faites de la place au pardon, au geste positif et à la générosité. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de la colère, de l’agressivité, de la rage, de la frustration. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



 

Son du Cœur : HHHAAAA (comme dans un soupir d’aise avec un H expiré)


Montez vos mains-bras au-dessus de votre tête par les côtés et croisez vos doigts au-dessus de vous.
Expirez le son HHHAAAA (ne pas vocaliser le A) en vous penchant légèrement sur votre droite, en étirant votre côté gauche et en poussant le talon de votre main gauche vers le plafond.


Faire le mouvement et le son trois fois en étant présent(e) à votre Cœur.


Observer la contraction qui se produit au niveau du cœur.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de l’agitation, de l’impatience, de la précipitation, de la haine et que vous faites de la place à l’amour, à la joie de vivre, au respect, à l’honneur et à l’honnêteté. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de l’agitation, de l’intolérance, de la haine. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



 

Son de la Rate : (G)RRROOO (comme le feulement du tigre, son qui provient du fond du gosier)


Inspirez en amenant les doigts sur l’estomac et faites le son (G)RRROOO en expirant et en massant profondément l’estomac.

Relâchez et ouvrez un peu les bras en inspirant.


Amenez les doigts sur le pancréas (à gauche de l’estomac) et faites le son (G)RRROOO en expirant et en massant profondément votre pancréas.

Relâchez un peu les bras en inspirant.


Amenez les doigts sur la rate (sous vos côtes gauches) et faites le son (G)RRROOO en expirant et en  massant profondément votre rate.


Soyez présent à chaque organe et à la contraction qui se produit à chaque expiration.


Ne soyez pas étonné(e) si vous baillez. C’est bon signe : cela indique que vous venez de dissiper de l’anxiété, de l’angoisse, de la dispersion mentale, de l’excès de pensées  et que vous faites de la place à la centration, à la réceptivité et à la continuité. 


Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de l’anxiété, de l’inquiétude, des pensées récurrentes, de la fermeture. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.



Son du Triple réchauffeur : HHIIII (lèvres tendues comme un sourire et H expiré)

Appuyez-vous sur le dossier de la chaise et allongez vos jambes, si vous êtes sur une chaise.

Inspirez en montant les mains au-dessus de la tête et expirez en les baissant vers les pieds et en faisant le son HHIIII.

Faites-le trois fois.

Ce son ne correspond à aucun organe mais il harmonise et répartit également l’énergie entre les trois Dan Tien (ventre, thorax et tête).

Vous pouvez faire ce son n’importe où et autant de fois que vous le voulez quand vous ressentez de l’agitation, de la chaleur ou de l’insomnie. Vous pouvez même le faire en silence, intérieurement, en laissant l’air passer sans bruit entre vos dents.

MTC et OGM

 

Médecine Traditionnelle Chinoise et OGM  par Jean Pélissier professeur en MTC

 

 

 

Il existe un terme générique qui permet, à lui seul, de signifier tous les « déchets » présents dans l’organisme et que celui-ci aurait dû normalement éliminer : Le Tan.

Le Tan c’est aussi bien le mauvais cholestérol, les graisses circulantes, les plaques d’athéromes, les lipomes, les nodules, les kystes, les polypes

Ce sont aussi les poisons présents dans l’organisme, véhiculés par l’air que l’on respire, la nourriture que l’on ingère.

Entrent évidemment dans ce « catalogue » les insecticides, les pesticides.

Mais aussi toute la chimie comme l’aspartame, le glutamate.

Les médicaments chimiques sont aussi du Tan : ils peuvent pour certains demander des mois avant d’être éliminés par l’organisme.

Mais au-delà de cet aspect que l’on pourrait qualifier de « grossier », de macroscopique, nous devons parler de « Tan énergétique ».

Nous savons que la médecine chinoise est avant tout une médecine que l’on qualifie d’énergétique et que l’énergie prévaut sur la matière.

Pour faire court, un déséquilibre énergétique qui perdure sera à même petit à petit d’impacter l’organe cible auquel il correspond.

Si nous prenons l’exemple de l’aspartame cité plus haut, en dehors d’être une substance chimique, il est qualitativement dix fois plus sucré qu’un sucre normal.

Il va entraîner un pic énergétque beaucoup plus important au niveau de la « Rate-pancréas » qu’un sucre normal.

C’est la répétition de ces pics qui, petit à petit, risque de désorganiser le fonctionnement d’un des organes énergétiques les plus importants du corps :

la Rate-pancréas qui est le chef d’orchestre, la gare de triage de la digestion du bol alimentaire.

Toujours dans le domaine énergétique, on va jusqu’à parler de Tan émotionnel en MTC (Médecine Traditonnelle Chinoise).

Ce sont des « résidus » émotionnels qui peuvent stagner dans n’importe quel endroit du corps et qui peuvent resurgir à tout moment.

Pour en revenir à nos OGM, on peut alors considérer qu’une modifcation trop rapide du patrimoine génétique d’un aliment puisse être perçue par l’énergie de la Rate et du Foie comme un « intrus », une « vibration énergétique anormale » que l’organisme doit éliminer.

Si celui ci ne peut le faire, cela va aussi devenir du Tan.

Faut-il en avoir peur ?

La peur étant une des énergies émotionnelles les plus dangereuses pour notre santé, il est fondamental de prendre du recul, de comprendre et de prendre les décisions qui s’imposent en évitant tout radicalisme.

En MTC on considère que notre organisme possède une « batterie » située au niveau de l’énergie des Reins.

Cette batterie, représente effectivement nos défenses immunitaires, mais aussi et surtout l’immense pouvoir d’adaptation de l’organisme et son immense pouvoir d’auto régulation et d’auto guérison. Cette batterie rechargée à bloc, notre organisme est largement capable de rejeter les intrus et donc d’éviter la formation de Tan.

Si on apprend à respirer, à bien manger, à bien « bouger », à « gérer nos émotions », si on apprend à recharger cette batterie au jour le jour, nous ne pouvons pas déclencher de pathologies.

Ainsi, s’il nous arrive épisodiquement d’ingérer ou de respirer tel ou tel type de déchets ou de « poison », notre corps sera largement capable de s’autogérer et de se « nettoyer » et donc par là même d’éviter toute peur, d’accéder à la longévité en bonne santé.

Par contre, si on a une méconnaissance totale du fonctionnement énergétique de notre organisme et si l’on n’a pas appris à recharger notre batterie, alors oui ce Tan, quelqu’en soit l’origine, pourra être le fer de lance de l’apparition de quasi toutes les maladies que l’on appelle « internes » en MTC, cancers, maladies cardio-vasculaires, rhumatismes, mais aussi toutes les maladies mentales et émotionnelles.

Or tout est fait à l’heure actuelle pour mettre à mal cette « batterie des Reins ».

La peur, le stress, l’excès de saveur salée, l’excès de liquides ingérés, la méconnaissance totale des principes fondamentaux de la sexualité et j’en passe.

Alors oui, je pense que dans ce contexte, il devient de salubrité publique de s’opposer radicalement aux OGM, sans « force ni violence ».

N’oublions pas que nous recevons ce que nous émettons.

Par contre nous devons nous poser les bonnes questions, nous devons passer de l’état « d’effet » à « l’état de cause » quant à notre santé.

C’est nous, par nos « non-pratiques », qui permettons aux perversités de s’installer.

Et si nous considérons que notre corps n’est pas assez fort pour s’adapter, nous devons être capables de choisir et pour cela il est fondamental de connaître l’origine exacte de nos aliments, ne serait-ce que par un marquage obligatoire de la menton « OGM oui ou non ».

Je soutiens donc sans réserve l’initative de « Consommateurs pas cobayes » et sa campagne de pétition « OGM Transparence ».

Et soyons positifs.

Cette possibilité nous étant donnée, petit à petit, sans radicalisme, des changements en profondeur (qui ont déjà commencé d’ailleurs) vont s’opérer.

Si plus personne ne consomme ce type de produits, les grandes compagnies vont disparaître, revenir à l’échelle humaine.

Le Yang excessif finit toujours par s’inverser et devenir Yin.

Nous retrouverons cete harmonie entre le ciel, l’homme et la terre.

Et si nous ne le faisons pas au travers de nos choix responsables, c’est la Nature qui le fera à notre place.

 

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le CHI NEI TSANG (la guérison vient de l’intérieur)

Le Chi Nei Tsang   par Gilles Marin

Le Chi Nei Tsang est une approche holistique de massage du ventre, originaire des temples des montagnes de la Chine Taoïste.

Le Chi Nei Tsang intègre les aspects physiques, mentaux, émotionnels et spirituels. Il va à la source des problèmes de santé, y compris aux origines psychosomatiques.

Chi Nei Tsang signifie littéralement « travailler l’énergie des organes internes » ou « transformation du Qi des organes internes ». C’est  une forme de « Qi Gong appliqué ».

Les praticiens de Chi Nei Tsang sont formés principalement avec le Qi Gong et travaillent sur l’abdomen avec des touchers à la fois profonds et légers, afin d’habituer les organes internes à travailler plus efficacement ainsi que tous les systèmes vitaux du corps: digestif, respiratoire, cardio-vasculaire, lymphatique, nerveux, endocrinien, urinaire, reproducteur,  squelettique, musculaire et également le système des méridiens d’acupuncture. Les charges émotionnelles sont aussi approchées de cette manière et progressivement digérées. Le nombril, ses racines et sa périphérie reflètent toutes les tensions internes et externes du corps, et ses défauts d’alignement.

Le Chi Nei Tsang est utilisé principalement pour quatre raisons:

  1. Désintoxique et fortifie le corps: les manipulations du Chi Nei Tsang aident les patients à soulager leur corps de la stagnation excédante, en améliorant l’élimination et en stimulant le système lymphatique et les systèmes circulatoires. Le Chi Nei Tsang fortifie le système immunitaire et renforce la résistance aux maladies. De ce fait il augmente les autres modalités de soins médicaux et en optimise les résultats (les patients qui reçoivent des traitements de Chi Nei Tsang avant et après une intervention chirurgicale se rétablissent mieux et plus rapidement).
  2. Restructure: le Chi Nei Tsang révèle des tensions profondément ancrées et restaure la vitalité. C’est une aide aux problèmes posturaux qui résultent de déséquilibres viscéraux. Il est utile contre toutes les douleurs chroniques structurales telles que celles du dos, du cou, des épaules, des pieds, des jambes et du pelvis. Les douleurs chroniques, le manque de souplesse et les rigidités pathologiques ainsi que les symptômes récurrents sont les reflets de conflits internes mentaux, émotionnels et spirituels. Ces conflits internes sont aussi la cause de nombreuses pathologies.
  3. Aide à devenir plus conscient de la qualité de la vie émotionnelle: Toute émotion non traitée est entreposée dans notre système digestif et attend d’être abordée. Une digestion émotionnelle pauvre est une des raisons principales d’une santé déficiente. Le Chi Nei Tsang facilite la digestion émotionnelle et permet le développement et l’évolution vers un meilleur soi. La respiration est le pont de la communication entre tous les niveaux de conscience. La manière dont on respire reflète parfaitement notre profil émotionnel. Là où il n’y a pas de respiration se cachent des charges émotionnelles douloureuses que nous essayons d’éviter de sentir pour nous protéger. Le Chi Nei Tsang utilise un toucher subtil pour rétablir la respiration en encourageant la prise de conscience de la présence de charges émotionnelles, afin de stimuler leur digestion dans le sens littéral du terme (prendre ce qui nous fait grandir et éliminer ce qui ne nous appartient pas). Il se combine avec succès à la psychothérapie.
  4. Enseigne aux patients à mieux se connaître: Nous guérissons et évoluons au delà des conflits internes en « digérant » nos émotions. Guérir veut dire surpasser notre moi douloureux pour épanouir notre élan vital et jouir de notre véritable raison de vivre. Grace au Chi Nei Tsang, je suis convaincu que chacun est responsable de sa propre santé et que la guérison vient à partir de l’intérieur. Les patients apprennent des techniques fondamentales d’auto-massages et des techniques pour améliorer leur respiration. Des pratiques spécifiques et appropriées de visualisation et de méditation sont utilisées pour favoriser le devellopement des effets des traitements manuels.

 

LA DIÉTÉTIQUE TAOISTE, C’EST QUOI ?

Un très bel article d’Annie Olivier qui nous explique les principes de l’alimentation taoïste:

Une alimentation mal équilibrée peut être à l’origine d’une maladie parce qu’elle causera des déséquilibres dans le corps.

En MTC, ce n’est pas tant le manque d’éléments nutritifs qui causera un déséquilibre dans le corps que les types d’aliments que nous consommons, trop ou pas assez.

Par exemple, un excès de sel peut causer un déséquilibre dans les Reins, qui se traduira par de l’hypertension, de l’œdème et des maux de tête. Une trop grande consommation de sucreries créera de l’humidité dans la Rate, qui se traduira par une mauvaise digestion, de l’œdème et une irrégularité de l’élimination fécale.

En MTC, les aliments peuvent servir de médicaments. Ainsi, ils deviennent des alicaments. En fait, en MTC, la frontière entre aliments et herbes médicinales est mince.

Shen Nung, qui est considéré comme le père de la médecine chinoise, est l’auteur du premier traité chinois sur les plantes médicinales, traité intitulé Shen Nung Ben Cao. Il y a plus de 5400 ans, il a divisé les plantes en trois catégories : deux d’entre elles comportent des «plantes médicinales» alors que la troisième comporte des «plantes alimentaires», qui font partie de l’alimentation quotidienne et sont consommées pour acquérir des forces, prévenir les maladies et se sustenter.

La pratique de la médecine par les extraits médicinaux, qui fait intégralement partie de la MTC, fait appel à tout un éventail d’extraits végétaux, animaux et minéraux provenant du monde naturel. Les effets thérapeutiques des extraits médicinaux chinois sont de nature énergétique et biochimique. Autrement dit, la plante ou l’extrait utilisé entre en résonance énergétique avec l’organe diagnostiqué devant être traité, et a un effet biochimique sur lui. Cette résonance et cet effet amènent l’énergie à circuler plus librement dans l’organe, ce qui a aussi une répercussion sur les autres organes.

En général, les praticiens en MTC combinent les extraits pour préparer des médicaments précisément conçus en fonction des besoins uniques d’un patient, tant sur le plan de sa constitution, de ses émotions, de sa santé physique que de son milieu ambiant.

Cette méthode diffère grandement de la démarche médicale occidentale qui prescrit le même médicament à tout le monde pour le même problème, une fois que des recherches ont prouvé que ce médicament est suffisamment efficace sur un certain nombre de patients.

En MTC, il pourrait y avoir cinquante patients avec la même maladie, mais le médecin prescrirait cinquante combinaisons d’extraits médicinaux au lieu d’un seul médicament. Pourquoi? Parce que ces cinquante patients ont des constitutions et des déséquilibres qui leur sont respectivement propres et qui sont très différents les uns des autres.

Par contre, il existe également en MTC des médicaments brevetés (pilules) qui sont vendus en tant que remèdes classiques sous forme de formules toutes prêtes. En Chine, on permet aux fabricants répondant aux normes strictes du gouvernement de créer leurs propres médicaments. L’inconvénient, avec les pilules déjà prêtes, c’est qu’elles ne sont pas préparées pour répondre aux besoins précis d’un déséquilibre individuel. Leur grand avantage est leur bas prix et leur facilité d’emploi. En effet, la préparation personnalisée des médicaments prend du temps et leur ingestion est désagréable en raison de leur goût bizarre et particulier. Par contre, les pilules conditionnées permettent d’avoir facilement accès au pouvoir thérapeutique des plantes et des divers extraits.

 


 

 

 

 

Le Nei Jing dit que «si aucun aliment n’est ingéré pendant 12 heures, le Qi s’affaiblit, et que si aucun aliment n’est ingéré pendant 24 heures, le Qi s’épuise». Les aliments que nous ingérons sont donc de la plus haute importance en ce qui concerne le maintien du Qi et de la santé. En Chine, depuis plus de 5000 ans, l’alimentation sert à maintenir la santé et à contrer les maladies.

En général, nous devrions manger de petites quantités d’aliments à des heures régulières, en fonction de notre faim et de notre soif. Par ailleurs, les aliments possèdent des caractéristiques qui peuvent instaurer ou dissiper les déséquilibres.

Il existe plusieurs façons de classifier les aliments en MTC. Une d’elles est la saveur.

Chaque aliment possède une saveur spécifique qui entre en résonance avec un organe précis (le piquant avec les Poumons, le salé avec les Reins, l’acide avec le Foie, l’amertume avec le Cœur et le sucré ou le neutre avec la Rate). Qualifiée d’«affinité», cette résonance aux propriétés naturelles des aliments agit comme agent de guérison. Par exemple, les aliments acides, comme le vinaigre et les agrumes, sont associés au Foie. Les aliments salés, comme le céleri et les algues, sont associés aux Reins. Les aliments amers, comme les légumes à grandes feuilles vert foncé et le melon amer, sont associés au Cœur. Les aliments sucrés, comme le yam et le thon, sont associés à la Rate. Et les aliments piquants, comme l’ail et l’oignon, sont associés aux Poumons. Le tofu est aussi associé aux Poumons à cause de sa couleur blanche et à la Rate à cause de sa saveur neutre. Les proportions des alicaments attribués aux divers organes sont déterminées en fonction des forces et des faiblesses respectives des cinq organes, ainsi que du rapport entre eux .

En plus de pouvoir être classés par saveur, les aliments peuvent aussi l’être par la température : chaud, tiède, neutre, frais ou froid.

Cette classification ne renvoie pas à la température thermique, mais à la qualité énergétique intrinsèque de l’aliment. Ainsi, l’orge, la laitue, la tomate et le canard sont froids ou frais de nature, alors que la citrouille, le gingembre, les oignons et le poulet sont chauds ou tièdes.

Si nous sommes en santé et forts, nous sommes plus à même de supporter les aliments chauds et froids. Mais si nous sommes malades ou faibles, les aliments tièdes ou frais nous conviennent mieux, entre autres, la soupe au poulet ou le jus d’orange. 

Si une personne consulte pour une forte fièvre, on lui suggère de ne pas manger d’aliments chauds ou épicés, comme les clous de girofle, le café ou le poivre de Cayenne, qui ne feraient qu’aggraver ses symptômes. Par contre, si elle a froid, on lui suggère de consommer davantage d’aliments épicés, entre autres de la cannelle, du gingembre, etc.

Et on peut également classer les aliments par l’odeur et par le mode de cuisson (Frire, Mijoter, Bouillir, Étuver et Sauter), entre autres. En effet, chose qui est tout à fait inconnue dans le monde occidental, le mode de cuisson tonifie les divers organes. Frire tonifie le Cœur, mijoter tonifie la Rate, bouillir tonifie les Poumons, étuver tonifie les Reins et sauter tonifie le Foie.

Une autre chose à considérer pour maintenir l’équilibre dans l’alimentation, ce sont le climat et les saisons.

Les aliments frais, comme les fruits et les légumes crus, le tofu et le riz peuvent être consommés quand il fait chaud pour éliminer la chaleur interne excessive. Les aliments chauds, comme les légumes racines, l’agneau, ainsi que le beurre et la crème peuvent être consommés quand il fait froid.

En Chine, les paysans chinois modifient naturellement leur alimentation en fonction des saisons et de leur degré d’activité.

En raison du prix des traitements et de la distance qui les sépare de l’hôpital, ils ne consultent généralement pas de médecin, mais se contentent de mettre en pratique les mesures de soins personnels mises de l’avant par la MTC. Ainsi, ils régulent leur alimentation sur leurs activités: quand ils entrent en période de plantation ou de récolte et qu’ils savent qu’ils ont besoin d’énergie pour accomplir une journée de travail ardu, ils mangent davantage. En général, pendant ces périodes, ils égorgent un cochon et le salent pour conserver la viande durant les semaines à venir. Ensuite, pendant les saisons où les champs demandent moins de travail, ils réduisent leur consommation alimentaire. Ils ingèrent alors du congee (porridge de riz) pour le petit-déjeuner, accompagné de quelques légumes marinés, au lieu de prendre du riz frit au porc et aux œufs, plus consistant.

La saison dans l’année et les déséquilibres sous-jacents à nos symptômes et à notre constitution sont autant de facteurs qui déterminent les aliments à consommer de façon thérapeutique.

Quand nous comprenons l’alimentation sous cet angle, nous pouvons inclure ou exclure des aliments de notre alimentation afin de prévenir la maladie et de maintenir la santé.

 

 

 

 

 

Selon la MTC cependant, tous les aliments sont bons parce qu’ils ont une valeur thérapeutique intrinsèque, viande et poissons y compris. Par contre, le choix revient à chacun de choisir de manger viande, poisson, tofu, fromage, etc. Seul l’excès est nocif.

La médecine chinoise ne recommande pas une enfilade de régimes qui préconisent ce que nous pouvons manger ou pas. Elle cherche avant tout à rétablir l’équilibre dans le corps afin que nous puissions consommer en modération toute une variété d’aliments, et ce, en fonction de notre propre constitution, des facteurs climatiques et de notre santé dans le moment. Selon la cosmogonie chinoise et la MTC, nos forces et nos faiblesses organiques (et de caractère par conséquent) sont déterminées dès le moment de la conception. Les énergies vibratoires présentes dans l’univers au moment où l’ovule et le spermatozoïde entrent en contact sont les énergies qui viennent alimenter le fœtus et faire de la personne en devenir ce qu’elle sera pour toute sa vie. Selon que telle ou telle énergie sera présente ou pas dans le cosmos, les organes seront plus ou moins forts.

La Médecine Traditionnelle Chinoise

Médecine traditionnelle chinoise
   par Annie Ollivier Professeur en MTC

Vieille de plusieurs milliers d’années, la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) est un «système», c’est-à-dire un ensemble de théories et de pratiques concernant l’humain et sa santé. Sa relative complexité, pour les Occidentaux, tient surtout aux faits suivants :

● Elle possède sa propre base philosophique et symbolique.

● Elle considère que le corps, le cœur et l’esprit forment un tout.

● Elle s’est élaborée non pas en disséquant des morts, mais en observant des vivants. Par conséquent, elle ne considère rien comme statique.

● Elle envisage les phénomènes non pas comme tels, mais en fonction de leurs relations. Par conséquent, la santé d’un organe ou d’une personne dépend de multiples facteurs, qui sont tous reliés.

● Elle utilise de nombreux termes usuels dans des sens différents que ceux qu’on connaît habituellement en Occident.

Pour assurer le bien-être des humains, la MTC a recours à 5 pratiques principales.

● L’acupuncture

● La pharmacopée chinoise (herbes médicinales)

● L’alimentation taoïste

● Le massage Tui Na

● Les exercices énergétiques (Qi Gong et Tai-chi)

Les personnes formées aux 5 pratiques portent le titre de docteur en médecine chinoise. Quand elles sont seulement formées à l’une ou à quelques-unes de ces pratiques, elles portent un titre spécifique, par exemple acupuncteur, herboriste, etc.

Si la Médecine traditionnelle chinoise a comme premier objectif d’entretenir la santé et de prévenir les maladies, elle permet aussi de soigner la plupart des problèmes de santé (ponctuels ou chroniques), entre autres les troubles cutanés, musculo-squelettiques, neurologiques, digestifs, respiratoires, génitaux, hormonaux, de même que certaines infections et certains problèmes émotifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis des divers éléments de la MTC

Voici une synthèse des principaux fondements théoriques – il y en a des dizaines d’autres – sur lesquels se basent la MTC et chacune de ses pratiques.

L’harmonie

La Médecine traditionnelle chinoise vise d’abord à maintenir l’harmonie de l’énergie à l’intérieur du corps ainsi qu’entre le corps et le monde extérieur.

La santé est liée à la capacité de l’organisme à maintenir la dynamique nécessaire lui permettant d’affronter les agressions.

En contrepartie, la maladie se manifeste lorsque l’organisme a perdu cette capacité.

Chaque individu possède une constitution particulière où les différents éléments interagissent, selon un équilibre qui lui est propre. C’est ce qu’on appelle le terrain.

Chez deux personnes, un même symptôme (mal de tête ou difficulté à digérer, par exemple) ne relève pas, a priori, d’une même cause, mais d’un déséquilibre propre à chacune d’elles.

Pour que la santé se maintienne, l’harmonie doit prévaloir dans chacun des éléments de l’ensemble, ainsi qu’entre les différents éléments, et ce, sur tous les plans : dans chacun des organes de l’individu, et entre ces organes; dans l’individu, et entre l’individu et son environnement.

La MTC ne traite pas les symptômes (comme le ferait la médecine mécaniste), mais la personne, de façon globale.

L’élément fondamental : le Qi

Selon la vision chinoise, qui est à la fois symbolique et pratique, tout dans l’univers est mû par une force fondamentale, une énergie appelée Qi (prononcé tchi).

C’est ce Qi qui fait circuler les électrons dans les atomes. Il permet aux cellules de se multiplier, aux plantes et aux êtres vivants de croître. Il anime aussi le mouvement du vent et des astres.

On ne peut ni le voir ni le toucher, mais, comme c’est le cas pour l’électricité, on peut en percevoir les effets.

Chez l’humain, le Qi gère aussi bien les fonctions du corps que celles de l’esprit, qui en sont toutes des manifestations : marcher, digérer, penser et ressentir.

Ce flux énergétique continu circule dans tout le corps au moyen d’un réseau immatériel, mais précis, de voies appelées méridiens.

Le long de ces méridiens, il y a des points cutanés (en fait des puits), appelés points d’acupuncture, d’où l’on peut régulariser le débit du flot de l’énergie.

Lorsque le Qi circule bien et en quantité suffisante, l’organisme est en santé, la pensée, claire et les réflexes, vifs.

Lorsqu’il stagne, est contraint ou bloqué, on se sent faible, lourd et sans vitalité. Le Qi peut être perturbé par plusieurs facteurs, internes ou externes (voir Causes des maladies ci-dessous).

Les deux pôles : le Yin et le Yang

Pour les Taoïstes, l’équilibre n’est jamais statique, mais  en constant mouvement entre les deux forces opposées, complémentaires et interdépendantes que sont le Yin et le Yang (représentées dans le symbole dynamique noir-Yin-matière et blanc-Yang-lumière du Tao).

Le Yin représente les forces de type passif, intériorisées : obscurité, froid, profondeur, humidité, etc.

Le Yang désigne les forces de type actif, extériorisées : lumière, chaleur, surface, sécheresse, etc.

Comme le jardin qui a autant besoin de la pluie (Yin) que du soleil (Yang), tous les organismes ont besoin de ces deux forces.

Le Yin et le Yang sont toujours en relation dynamique : lorsque l’un croît, l’autre décroît. Dans tous les cycles naturels, le Yin et le Yang se succèdent sans cesse, comme le jour succède à la nuit, l’action au repos, l’inspiration à l’expiration et vice-versa.

Chez un individu en bonne santé, les mouvements du Yin et du Yang sont harmonieux. Mais quand l’un vient à faiblir ou à manquer, l’autre prend le dessus et se manifeste par les symptômes qui lui sont propres.

Un manque de Yang, par exemple, se traduit par un teint pâle, de la frilosité, des selles molles (pâleur, froideur, mollesse étant des caractéristiques Yin).

Mentionnons que, selon la pensée chinoise, les principes du Yin et du Yang se retrouvent tant dans la nature (eau-feu, nuit-jour, contraction-expansion, etc.), que dans l’anatomie (interne-externe, Foie-Coeur, gauche-droite, etc.) et dans la physiologie (femme-homme, structure-fonction, descente-montée, etc.).

Il importe également de savoir que, pour la MTC, les organes et les éléments représentent des phénomènes qui dépassent la seule fonction qu’on leur reconnaît dans l’anatomie et la pensée occidentale.

C’est pour cette raison qu’ils sont écrits avec une majuscule.

 

 

 

 

 

 

Les cinq éléments (ou mouvements) : Métal, Bois, Terre, Feu, Eau

Dans quelque phénomène que ce soit, l’alternance entre l’état Yin et l’état Yang ne se fait pas instantanément, mais par un processus constant de transformation.

Les Chinois ont déterminé 5 phases-clés (appelées mouvements) de ce processus. Chacun des 5 mouvements possède sa propre énergie de croissance ou de décroissance; il porte aussi le nom d’un élément.

Quand un phénomène quitte le Yin pour entrer dans le Yang, c’est le mouvement de la naissance, de l’aube, du printemps, de l’éveil, identifié par le Bois.

Au sommet du Yang, c’est l’entrée dans l’âge adulte (Feu).

Puis, viennent le mûrissement (Terre) et le vieillissement (Métal).

Avec la mort (Eau), le phénomène se retrouve de nouveau dans le Yin.

Les 5 éléments-mouvements se donnent vie dans un ordre précis, selon le principe d’engendrement : l’Eau engendre le Bois, qui engendre le Feu, qui engendre la Terre, qui engendre le Métal, qui engendre l’Eau.

Quant au principe de contrôle, il fonctionne dans le même sens, mais non linéairement : l’Eau contrôle le Feu, qui contrôle le Métal, qui contrôle le Bois, qui contrôle la Terre, qui contrôle l’Eau.

Il existe également un principe de contre-contrôle selon lequel un élément qui est en excès peut contrôler celui qui le précède.

Ensemble, les cycles d’engendrement, de contrôle et de contre-contrôle forment un système équilibré.

On s’en sert pour classifier tout phénomène naturel, mais aussi pour étudier les tissus humains et les relations des éléments entre eux.

La théorie des 5 mouvements s’applique également au tempérament d’une personne, à sa dynamique comportementale propre.

Les tempéraments Bois, par exemple, possèdent une énergie expansive et sont stimulés par le défi et l’action. Ils sont nourris par les types Eau, et sont nourrissants pour les types Feu. Par contre, ils entrent facilement en conflit avec les types Terre et Métal.

Comme c’est le cas dans tout autre système de classification des tempéraments, aucun individu ne correspond à un type pur. Il est un peu de chacun, dans un équilibre particulier, avec une prédominance plus ou moins accentuée.

Selon la MTC, le corps renferme les Organes (Reins, Foie, Cœur, Rate et Poumons), les Entrailles (Vessie, Vésicule biliaire, Petit intestin, Estomac et Gros Intestin), et les 5 «substances vitales».

Les Organes

Il y a 5 Organes, chacun correspondant à un élément (ou mouvement) : Foie (Bois), Coeur (Feu), Rate (Terre), Poumon (Métal) et Rein (Eau).

Ces viscères « pleins », de nature Yin, ont pour rôle, ensemble, de produire, transformer et emmagasiner l’énergie, le Sang, les Liquides organiques, le Jing et le Shen.

Par ailleurs, chacun de ces organes joue aussi des rôles spécifiques : par exemple, abriter l’esprit pour le Cœur ou faire monter le « Yang pur » pour la Rate.

Les Entrailles

Il y a cinq entrailles : Vésicule biliaire (Bois), Intestin grêle (Feu), Estomac (Terre), Gros Intestin (Métal), Vessie (Eau).

De nature Yang, ces Viscères « creux » ont pour rôle conjoint de recevoir, transformer et excréter les liquides.

Les Entrailles possèdent également des rôles spécifiques (l’Intestin grêle «sépare le pur de l’impur»).

Les cinq substances vitales

Parmi ces 5 substances, les 3 premières sont immatérielles et qualifiées de Trois Trésors.

Tout d’abord, il y a le Shen, qui est la conscience organisatrice, l’esprit créateur individuel, qui joue un rôle prépondérant dans la santé mentale.

Il y a ensuite, le Qi, puis le Jing, l’essence, c’est-à-dire les caractéristiques propres à chaque être vivant. Une certaine quantité de Jing, limitée et non renouvelable, nous est transmise par les parents : c’est le Jing inné, le capital vital de l’espèce. Par contre, l’air et l’alimentation nous fournissent le Jing acquis, qui permet d’entretenir le Jing inné.

Aux Trois Trésors s’ajoutent 2 substances matérielles, soit le Sang et les Liquides organiques, qui nourrissent et humidifient tous les tissus et organes.

Les causes des maladies en MTC

La plupart du temps, la MTC tente de circonscrire les causes des maladies en qualifiant les types de déséquilibres (Vide, Excès, Stagnation, etc.), et en déterminant quels Viscères ou quelles fonctions ils touchent.

Les causes peuvent être externes (symbolisées par des conditions climatiques), internes (surtout de nature émotive) ou autres.

Les 5 causes externes sont le Vent, le Froid, l’Humidité, la Chaleur et la Sécheresse. Ces conditions climatiques sont cause de maladies lorsqu’elles sont excessives ou lorsque l’organisme est trop faible pour les endurer.

Elles attaquent alors par la bouche, le nez ou les voies cutanées.

Le Vent et le Froid combinés, par exemple, peuvent provoquer des éternuements, de la fièvre, des raideurs musculaires, etc.

Bien sûr, si on dit qu’une maladie est causée par un Feu du Foie par exemple, ça ne signifie pas que le Foie est physiquement plus chaud, mais qu’il est exagérément actif, qu’il prend trop de place, qu’il «surchauffe».

Les 7 causes internes sont la Colère, le Chagrin, la Tristesse, la Frayeur, la Joie, le Souci et la Peur.

En effet, selon la MTC, les facteurs émotionnels influencent fortement la santé. Chaque émotion blesse l’Organe auquel elle est associée.

À titre d’exemple, la Colère blesse le Foie; et la Peur, les Reins.

Les autres causes sont toutes celles qui ne concernent ni les facteurs climatiques ni les émotions. Ce sont :
- une constitution faible; 
- le surmenage; 
- une vie sexuelle excessive ou frustrée; 
- les blessures et les accidents; 
- les parasites et les poisons; 
- l’alimentation (un manque d’équilibre dans l’hygiène alimentaire).

Les modes de diagnostic en Médecine traditionnelle chinoise

Le praticien en MTC cherche non pas à poser un diagnostic, mais à percevoir les perturbations susceptibles de mener à une disharmonie.

C’est seulement en observant ces perturbations qu’il peut observer leurs manifestations. Le praticien procède donc par observations, questions et palpations.

Observations. Le praticien en MTC observe le teint, les yeux, les ongles, les cheveux, la respiration, l’haleine, le son de la voix, l’état émotif, les selles et autres excrétions, etc.

Pour lui, la langue est une source majeure de renseignements, tant par son volume, sa forme, sa couleur, sa texture, que par les caractéristiques de l’enduit blanchâtre qui la recouvre.

Questions. Le praticien questionne le patient sur ses malaises, ses antécédents familiaux, son sommeil, son appétit, etc.

Palpations. Le praticien vérifie la texture, l’humidité, la température et l’élasticité de la peau; le tonus musculaire, l’excitabilité des tissus, etc.

Le pouls est également un mode de diagnostic fondamental, car il permet d’examiner l’état du Qi. En effet, c’est grâce à la force du Qi que le sang circule. Avec 3 doigts, le praticien prend 3 pouls différents sur l’artère de chacun des poignets. Le premier pouls donne de l’information sur la poitrine, le deuxième sur le haut de l’abdomen, le troisième sur le bas de l’abdomen. Au poignet gauche correspondent les organes Yin et au poignet droit, les organes Yang. Différentes caractéristiques, dont certaines peuvent se combiner, sont attribuées aux pouls (rapide, flottant, percutant, faible, vigoureux, fluide, noyé, etc.), chacune étant un indice.

Pour interpréter les données, le praticien doit se référer aux 8 principes directeurs, Yin-Yang, Chaud-Froid, Vide-Excès, Intérieur-Extérieur, qui lui permettront de déterminer les caractéristiques (état, qualité, situation) du Qi dans le corps et par conséquent, de prescrire le ou les traitements les plus appropriés: changement de diète, traitement d’acupuncture ou pratique d’exercices de Qi Gong, par exemple.

Applications thérapeutiques de la Médecine traditionnelle chinoise

Un examen exhaustif de la littérature scientifique montre bien que la Médecine traditionnelle chinoise, bien que différente du système médical occidental, est un système de santé cohérent à part entière.

De nombreuses recherches cliniques spécifiques, de qualité variable, au sujet des applications thérapeutiques particulières de chacune des branches de la MTC (acupuncture, diététique chinoise, massage Tui Na, pharmacopée chinoise et exercices énergétiques – tai-chi et Qi Gong) ont été effectuées.

Les problèmes les plus souvent évalués sont la constipation, le diabète, la démence, le trouble de déficit de l’attention, l’épilepsie, les maladies cardio-vasculaires, l’endométriose, la dépression et le syndrome de l’intestin irritable.

Conclusion

L’être humain est un tout complexe. Le maintien de son équilibre repose sur un mode de vie sain, tant psychologique que physiologique, mais dépend aussi de nombreux autres facteurs.

Comme l’enseignent les philosophies orientales depuis des millénaires, tout, dans l’univers, est inter-relié.

La Médecine traditionnelle chinoise est une façon de voir l’univers et ses interrelations. Elle peut devenir un outil pour mieux se connaître. Et, qui sait, aider à atteindre cette harmonie à laquelle l’être humain aspire.