MTC et OGM

 

Médecine Traditionnelle Chinoise et OGM  par Jean Pélissier professeur en MTC

 

 

 

Il existe un terme générique qui permet, à lui seul, de signifier tous les « déchets » présents dans l’organisme et que celui-ci aurait dû normalement éliminer : Le Tan.

Le Tan c’est aussi bien le mauvais cholestérol, les graisses circulantes, les plaques d’athéromes, les lipomes, les nodules, les kystes, les polypes

Ce sont aussi les poisons présents dans l’organisme, véhiculés par l’air que l’on respire, la nourriture que l’on ingère.

Entrent évidemment dans ce « catalogue » les insecticides, les pesticides.

Mais aussi toute la chimie comme l’aspartame, le glutamate.

Les médicaments chimiques sont aussi du Tan : ils peuvent pour certains demander des mois avant d’être éliminés par l’organisme.

Mais au-delà de cet aspect que l’on pourrait qualifier de « grossier », de macroscopique, nous devons parler de « Tan énergétique ».

Nous savons que la médecine chinoise est avant tout une médecine que l’on qualifie d’énergétique et que l’énergie prévaut sur la matière.

Pour faire court, un déséquilibre énergétique qui perdure sera à même petit à petit d’impacter l’organe cible auquel il correspond.

Si nous prenons l’exemple de l’aspartame cité plus haut, en dehors d’être une substance chimique, il est qualitativement dix fois plus sucré qu’un sucre normal.

Il va entraîner un pic énergétque beaucoup plus important au niveau de la « Rate-pancréas » qu’un sucre normal.

C’est la répétition de ces pics qui, petit à petit, risque de désorganiser le fonctionnement d’un des organes énergétiques les plus importants du corps :

la Rate-pancréas qui est le chef d’orchestre, la gare de triage de la digestion du bol alimentaire.

Toujours dans le domaine énergétique, on va jusqu’à parler de Tan émotionnel en MTC (Médecine Traditonnelle Chinoise).

Ce sont des « résidus » émotionnels qui peuvent stagner dans n’importe quel endroit du corps et qui peuvent resurgir à tout moment.

Pour en revenir à nos OGM, on peut alors considérer qu’une modifcation trop rapide du patrimoine génétique d’un aliment puisse être perçue par l’énergie de la Rate et du Foie comme un « intrus », une « vibration énergétique anormale » que l’organisme doit éliminer.

Si celui ci ne peut le faire, cela va aussi devenir du Tan.

Faut-il en avoir peur ?

La peur étant une des énergies émotionnelles les plus dangereuses pour notre santé, il est fondamental de prendre du recul, de comprendre et de prendre les décisions qui s’imposent en évitant tout radicalisme.

En MTC on considère que notre organisme possède une « batterie » située au niveau de l’énergie des Reins.

Cette batterie, représente effectivement nos défenses immunitaires, mais aussi et surtout l’immense pouvoir d’adaptation de l’organisme et son immense pouvoir d’auto régulation et d’auto guérison. Cette batterie rechargée à bloc, notre organisme est largement capable de rejeter les intrus et donc d’éviter la formation de Tan.

Si on apprend à respirer, à bien manger, à bien « bouger », à « gérer nos émotions », si on apprend à recharger cette batterie au jour le jour, nous ne pouvons pas déclencher de pathologies.

Ainsi, s’il nous arrive épisodiquement d’ingérer ou de respirer tel ou tel type de déchets ou de « poison », notre corps sera largement capable de s’autogérer et de se « nettoyer » et donc par là même d’éviter toute peur, d’accéder à la longévité en bonne santé.

Par contre, si on a une méconnaissance totale du fonctionnement énergétique de notre organisme et si l’on n’a pas appris à recharger notre batterie, alors oui ce Tan, quelqu’en soit l’origine, pourra être le fer de lance de l’apparition de quasi toutes les maladies que l’on appelle « internes » en MTC, cancers, maladies cardio-vasculaires, rhumatismes, mais aussi toutes les maladies mentales et émotionnelles.

Or tout est fait à l’heure actuelle pour mettre à mal cette « batterie des Reins ».

La peur, le stress, l’excès de saveur salée, l’excès de liquides ingérés, la méconnaissance totale des principes fondamentaux de la sexualité et j’en passe.

Alors oui, je pense que dans ce contexte, il devient de salubrité publique de s’opposer radicalement aux OGM, sans « force ni violence ».

N’oublions pas que nous recevons ce que nous émettons.

Par contre nous devons nous poser les bonnes questions, nous devons passer de l’état « d’effet » à « l’état de cause » quant à notre santé.

C’est nous, par nos « non-pratiques », qui permettons aux perversités de s’installer.

Et si nous considérons que notre corps n’est pas assez fort pour s’adapter, nous devons être capables de choisir et pour cela il est fondamental de connaître l’origine exacte de nos aliments, ne serait-ce que par un marquage obligatoire de la menton « OGM oui ou non ».

Je soutiens donc sans réserve l’initative de « Consommateurs pas cobayes » et sa campagne de pétition « OGM Transparence ».

Et soyons positifs.

Cette possibilité nous étant donnée, petit à petit, sans radicalisme, des changements en profondeur (qui ont déjà commencé d’ailleurs) vont s’opérer.

Si plus personne ne consomme ce type de produits, les grandes compagnies vont disparaître, revenir à l’échelle humaine.

Le Yang excessif finit toujours par s’inverser et devenir Yin.

Nous retrouverons cete harmonie entre le ciel, l’homme et la terre.

Et si nous ne le faisons pas au travers de nos choix responsables, c’est la Nature qui le fera à notre place.

 

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le CHI NEI TSANG (la guérison vient de l’intérieur)

Le Chi Nei Tsang   par Gilles Marin

Le Chi Nei Tsang est une approche holistique de massage du ventre, originaire des temples des montagnes de la Chine Taoïste.

Le Chi Nei Tsang intègre les aspects physiques, mentaux, émotionnels et spirituels. Il va à la source des problèmes de santé, y compris aux origines psychosomatiques.

Chi Nei Tsang signifie littéralement « travailler l’énergie des organes internes » ou « transformation du Qi des organes internes ». C’est  une forme de « Qi Gong appliqué ».

Les praticiens de Chi Nei Tsang sont formés principalement avec le Qi Gong et travaillent sur l’abdomen avec des touchers à la fois profonds et légers, afin d’habituer les organes internes à travailler plus efficacement ainsi que tous les systèmes vitaux du corps: digestif, respiratoire, cardio-vasculaire, lymphatique, nerveux, endocrinien, urinaire, reproducteur,  squelettique, musculaire et également le système des méridiens d’acupuncture. Les charges émotionnelles sont aussi approchées de cette manière et progressivement digérées. Le nombril, ses racines et sa périphérie reflètent toutes les tensions internes et externes du corps, et ses défauts d’alignement.

Le Chi Nei Tsang est utilisé principalement pour quatre raisons:

  1. Désintoxique et fortifie le corps: les manipulations du Chi Nei Tsang aident les patients à soulager leur corps de la stagnation excédante, en améliorant l’élimination et en stimulant le système lymphatique et les systèmes circulatoires. Le Chi Nei Tsang fortifie le système immunitaire et renforce la résistance aux maladies. De ce fait il augmente les autres modalités de soins médicaux et en optimise les résultats (les patients qui reçoivent des traitements de Chi Nei Tsang avant et après une intervention chirurgicale se rétablissent mieux et plus rapidement).
  2. Restructure: le Chi Nei Tsang révèle des tensions profondément ancrées et restaure la vitalité. C’est une aide aux problèmes posturaux qui résultent de déséquilibres viscéraux. Il est utile contre toutes les douleurs chroniques structurales telles que celles du dos, du cou, des épaules, des pieds, des jambes et du pelvis. Les douleurs chroniques, le manque de souplesse et les rigidités pathologiques ainsi que les symptômes récurrents sont les reflets de conflits internes mentaux, émotionnels et spirituels. Ces conflits internes sont aussi la cause de nombreuses pathologies.
  3. Aide à devenir plus conscient de la qualité de la vie émotionnelle: Toute émotion non traitée est entreposée dans notre système digestif et attend d’être abordée. Une digestion émotionnelle pauvre est une des raisons principales d’une santé déficiente. Le Chi Nei Tsang facilite la digestion émotionnelle et permet le développement et l’évolution vers un meilleur soi. La respiration est le pont de la communication entre tous les niveaux de conscience. La manière dont on respire reflète parfaitement notre profil émotionnel. Là où il n’y a pas de respiration se cachent des charges émotionnelles douloureuses que nous essayons d’éviter de sentir pour nous protéger. Le Chi Nei Tsang utilise un toucher subtil pour rétablir la respiration en encourageant la prise de conscience de la présence de charges émotionnelles, afin de stimuler leur digestion dans le sens littéral du terme (prendre ce qui nous fait grandir et éliminer ce qui ne nous appartient pas). Il se combine avec succès à la psychothérapie.
  4. Enseigne aux patients à mieux se connaître: Nous guérissons et évoluons au delà des conflits internes en « digérant » nos émotions. Guérir veut dire surpasser notre moi douloureux pour épanouir notre élan vital et jouir de notre véritable raison de vivre. Grace au Chi Nei Tsang, je suis convaincu que chacun est responsable de sa propre santé et que la guérison vient à partir de l’intérieur. Les patients apprennent des techniques fondamentales d’auto-massages et des techniques pour améliorer leur respiration. Des pratiques spécifiques et appropriées de visualisation et de méditation sont utilisées pour favoriser le devellopement des effets des traitements manuels.

 

LA DIÉTÉTIQUE TAOISTE, C’EST QUOI ?

Un très bel article d’Annie Olivier qui nous explique les principes de l’alimentation taoïste:

Une alimentation mal équilibrée peut être à l’origine d’une maladie parce qu’elle causera des déséquilibres dans le corps.

En MTC, ce n’est pas tant le manque d’éléments nutritifs qui causera un déséquilibre dans le corps que les types d’aliments que nous consommons, trop ou pas assez.

Par exemple, un excès de sel peut causer un déséquilibre dans les Reins, qui se traduira par de l’hypertension, de l’œdème et des maux de tête. Une trop grande consommation de sucreries créera de l’humidité dans la Rate, qui se traduira par une mauvaise digestion, de l’œdème et une irrégularité de l’élimination fécale.

En MTC, les aliments peuvent servir de médicaments. Ainsi, ils deviennent des alicaments. En fait, en MTC, la frontière entre aliments et herbes médicinales est mince.

Shen Nung, qui est considéré comme le père de la médecine chinoise, est l’auteur du premier traité chinois sur les plantes médicinales, traité intitulé Shen Nung Ben Cao. Il y a plus de 5400 ans, il a divisé les plantes en trois catégories : deux d’entre elles comportent des «plantes médicinales» alors que la troisième comporte des «plantes alimentaires», qui font partie de l’alimentation quotidienne et sont consommées pour acquérir des forces, prévenir les maladies et se sustenter.

La pratique de la médecine par les extraits médicinaux, qui fait intégralement partie de la MTC, fait appel à tout un éventail d’extraits végétaux, animaux et minéraux provenant du monde naturel. Les effets thérapeutiques des extraits médicinaux chinois sont de nature énergétique et biochimique. Autrement dit, la plante ou l’extrait utilisé entre en résonance énergétique avec l’organe diagnostiqué devant être traité, et a un effet biochimique sur lui. Cette résonance et cet effet amènent l’énergie à circuler plus librement dans l’organe, ce qui a aussi une répercussion sur les autres organes.

En général, les praticiens en MTC combinent les extraits pour préparer des médicaments précisément conçus en fonction des besoins uniques d’un patient, tant sur le plan de sa constitution, de ses émotions, de sa santé physique que de son milieu ambiant.

Cette méthode diffère grandement de la démarche médicale occidentale qui prescrit le même médicament à tout le monde pour le même problème, une fois que des recherches ont prouvé que ce médicament est suffisamment efficace sur un certain nombre de patients.

En MTC, il pourrait y avoir cinquante patients avec la même maladie, mais le médecin prescrirait cinquante combinaisons d’extraits médicinaux au lieu d’un seul médicament. Pourquoi? Parce que ces cinquante patients ont des constitutions et des déséquilibres qui leur sont respectivement propres et qui sont très différents les uns des autres.

Par contre, il existe également en MTC des médicaments brevetés (pilules) qui sont vendus en tant que remèdes classiques sous forme de formules toutes prêtes. En Chine, on permet aux fabricants répondant aux normes strictes du gouvernement de créer leurs propres médicaments. L’inconvénient, avec les pilules déjà prêtes, c’est qu’elles ne sont pas préparées pour répondre aux besoins précis d’un déséquilibre individuel. Leur grand avantage est leur bas prix et leur facilité d’emploi. En effet, la préparation personnalisée des médicaments prend du temps et leur ingestion est désagréable en raison de leur goût bizarre et particulier. Par contre, les pilules conditionnées permettent d’avoir facilement accès au pouvoir thérapeutique des plantes et des divers extraits.

 


 

 

 

 

Le Nei Jing dit que «si aucun aliment n’est ingéré pendant 12 heures, le Qi s’affaiblit, et que si aucun aliment n’est ingéré pendant 24 heures, le Qi s’épuise». Les aliments que nous ingérons sont donc de la plus haute importance en ce qui concerne le maintien du Qi et de la santé. En Chine, depuis plus de 5000 ans, l’alimentation sert à maintenir la santé et à contrer les maladies.

En général, nous devrions manger de petites quantités d’aliments à des heures régulières, en fonction de notre faim et de notre soif. Par ailleurs, les aliments possèdent des caractéristiques qui peuvent instaurer ou dissiper les déséquilibres.

Il existe plusieurs façons de classifier les aliments en MTC. Une d’elles est la saveur.

Chaque aliment possède une saveur spécifique qui entre en résonance avec un organe précis (le piquant avec les Poumons, le salé avec les Reins, l’acide avec le Foie, l’amertume avec le Cœur et le sucré ou le neutre avec la Rate). Qualifiée d’«affinité», cette résonance aux propriétés naturelles des aliments agit comme agent de guérison. Par exemple, les aliments acides, comme le vinaigre et les agrumes, sont associés au Foie. Les aliments salés, comme le céleri et les algues, sont associés aux Reins. Les aliments amers, comme les légumes à grandes feuilles vert foncé et le melon amer, sont associés au Cœur. Les aliments sucrés, comme le yam et le thon, sont associés à la Rate. Et les aliments piquants, comme l’ail et l’oignon, sont associés aux Poumons. Le tofu est aussi associé aux Poumons à cause de sa couleur blanche et à la Rate à cause de sa saveur neutre. Les proportions des alicaments attribués aux divers organes sont déterminées en fonction des forces et des faiblesses respectives des cinq organes, ainsi que du rapport entre eux .

En plus de pouvoir être classés par saveur, les aliments peuvent aussi l’être par la température : chaud, tiède, neutre, frais ou froid.

Cette classification ne renvoie pas à la température thermique, mais à la qualité énergétique intrinsèque de l’aliment. Ainsi, l’orge, la laitue, la tomate et le canard sont froids ou frais de nature, alors que la citrouille, le gingembre, les oignons et le poulet sont chauds ou tièdes.

Si nous sommes en santé et forts, nous sommes plus à même de supporter les aliments chauds et froids. Mais si nous sommes malades ou faibles, les aliments tièdes ou frais nous conviennent mieux, entre autres, la soupe au poulet ou le jus d’orange. 

Si une personne consulte pour une forte fièvre, on lui suggère de ne pas manger d’aliments chauds ou épicés, comme les clous de girofle, le café ou le poivre de Cayenne, qui ne feraient qu’aggraver ses symptômes. Par contre, si elle a froid, on lui suggère de consommer davantage d’aliments épicés, entre autres de la cannelle, du gingembre, etc.

Et on peut également classer les aliments par l’odeur et par le mode de cuisson (Frire, Mijoter, Bouillir, Étuver et Sauter), entre autres. En effet, chose qui est tout à fait inconnue dans le monde occidental, le mode de cuisson tonifie les divers organes. Frire tonifie le Cœur, mijoter tonifie la Rate, bouillir tonifie les Poumons, étuver tonifie les Reins et sauter tonifie le Foie.

Une autre chose à considérer pour maintenir l’équilibre dans l’alimentation, ce sont le climat et les saisons.

Les aliments frais, comme les fruits et les légumes crus, le tofu et le riz peuvent être consommés quand il fait chaud pour éliminer la chaleur interne excessive. Les aliments chauds, comme les légumes racines, l’agneau, ainsi que le beurre et la crème peuvent être consommés quand il fait froid.

En Chine, les paysans chinois modifient naturellement leur alimentation en fonction des saisons et de leur degré d’activité.

En raison du prix des traitements et de la distance qui les sépare de l’hôpital, ils ne consultent généralement pas de médecin, mais se contentent de mettre en pratique les mesures de soins personnels mises de l’avant par la MTC. Ainsi, ils régulent leur alimentation sur leurs activités: quand ils entrent en période de plantation ou de récolte et qu’ils savent qu’ils ont besoin d’énergie pour accomplir une journée de travail ardu, ils mangent davantage. En général, pendant ces périodes, ils égorgent un cochon et le salent pour conserver la viande durant les semaines à venir. Ensuite, pendant les saisons où les champs demandent moins de travail, ils réduisent leur consommation alimentaire. Ils ingèrent alors du congee (porridge de riz) pour le petit-déjeuner, accompagné de quelques légumes marinés, au lieu de prendre du riz frit au porc et aux œufs, plus consistant.

La saison dans l’année et les déséquilibres sous-jacents à nos symptômes et à notre constitution sont autant de facteurs qui déterminent les aliments à consommer de façon thérapeutique.

Quand nous comprenons l’alimentation sous cet angle, nous pouvons inclure ou exclure des aliments de notre alimentation afin de prévenir la maladie et de maintenir la santé.

 

 

 

 

 

Selon la MTC cependant, tous les aliments sont bons parce qu’ils ont une valeur thérapeutique intrinsèque, viande et poissons y compris. Par contre, le choix revient à chacun de choisir de manger viande, poisson, tofu, fromage, etc. Seul l’excès est nocif.

La médecine chinoise ne recommande pas une enfilade de régimes qui préconisent ce que nous pouvons manger ou pas. Elle cherche avant tout à rétablir l’équilibre dans le corps afin que nous puissions consommer en modération toute une variété d’aliments, et ce, en fonction de notre propre constitution, des facteurs climatiques et de notre santé dans le moment. Selon la cosmogonie chinoise et la MTC, nos forces et nos faiblesses organiques (et de caractère par conséquent) sont déterminées dès le moment de la conception. Les énergies vibratoires présentes dans l’univers au moment où l’ovule et le spermatozoïde entrent en contact sont les énergies qui viennent alimenter le fœtus et faire de la personne en devenir ce qu’elle sera pour toute sa vie. Selon que telle ou telle énergie sera présente ou pas dans le cosmos, les organes seront plus ou moins forts.

La Médecine Traditionnelle Chinoise

Médecine traditionnelle chinoise
   par Annie Ollivier Professeur en MTC

Vieille de plusieurs milliers d’années, la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) est un «système», c’est-à-dire un ensemble de théories et de pratiques concernant l’humain et sa santé. Sa relative complexité, pour les Occidentaux, tient surtout aux faits suivants :

● Elle possède sa propre base philosophique et symbolique.

● Elle considère que le corps, le cœur et l’esprit forment un tout.

● Elle s’est élaborée non pas en disséquant des morts, mais en observant des vivants. Par conséquent, elle ne considère rien comme statique.

● Elle envisage les phénomènes non pas comme tels, mais en fonction de leurs relations. Par conséquent, la santé d’un organe ou d’une personne dépend de multiples facteurs, qui sont tous reliés.

● Elle utilise de nombreux termes usuels dans des sens différents que ceux qu’on connaît habituellement en Occident.

Pour assurer le bien-être des humains, la MTC a recours à 5 pratiques principales.

● L’acupuncture

● La pharmacopée chinoise (herbes médicinales)

● L’alimentation taoïste

● Le massage Tui Na

● Les exercices énergétiques (Qi Gong et Tai-chi)

Les personnes formées aux 5 pratiques portent le titre de docteur en médecine chinoise. Quand elles sont seulement formées à l’une ou à quelques-unes de ces pratiques, elles portent un titre spécifique, par exemple acupuncteur, herboriste, etc.

Si la Médecine traditionnelle chinoise a comme premier objectif d’entretenir la santé et de prévenir les maladies, elle permet aussi de soigner la plupart des problèmes de santé (ponctuels ou chroniques), entre autres les troubles cutanés, musculo-squelettiques, neurologiques, digestifs, respiratoires, génitaux, hormonaux, de même que certaines infections et certains problèmes émotifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis des divers éléments de la MTC

Voici une synthèse des principaux fondements théoriques – il y en a des dizaines d’autres – sur lesquels se basent la MTC et chacune de ses pratiques.

L’harmonie

La Médecine traditionnelle chinoise vise d’abord à maintenir l’harmonie de l’énergie à l’intérieur du corps ainsi qu’entre le corps et le monde extérieur.

La santé est liée à la capacité de l’organisme à maintenir la dynamique nécessaire lui permettant d’affronter les agressions.

En contrepartie, la maladie se manifeste lorsque l’organisme a perdu cette capacité.

Chaque individu possède une constitution particulière où les différents éléments interagissent, selon un équilibre qui lui est propre. C’est ce qu’on appelle le terrain.

Chez deux personnes, un même symptôme (mal de tête ou difficulté à digérer, par exemple) ne relève pas, a priori, d’une même cause, mais d’un déséquilibre propre à chacune d’elles.

Pour que la santé se maintienne, l’harmonie doit prévaloir dans chacun des éléments de l’ensemble, ainsi qu’entre les différents éléments, et ce, sur tous les plans : dans chacun des organes de l’individu, et entre ces organes; dans l’individu, et entre l’individu et son environnement.

La MTC ne traite pas les symptômes (comme le ferait la médecine mécaniste), mais la personne, de façon globale.

L’élément fondamental : le Qi

Selon la vision chinoise, qui est à la fois symbolique et pratique, tout dans l’univers est mû par une force fondamentale, une énergie appelée Qi (prononcé tchi).

C’est ce Qi qui fait circuler les électrons dans les atomes. Il permet aux cellules de se multiplier, aux plantes et aux êtres vivants de croître. Il anime aussi le mouvement du vent et des astres.

On ne peut ni le voir ni le toucher, mais, comme c’est le cas pour l’électricité, on peut en percevoir les effets.

Chez l’humain, le Qi gère aussi bien les fonctions du corps que celles de l’esprit, qui en sont toutes des manifestations : marcher, digérer, penser et ressentir.

Ce flux énergétique continu circule dans tout le corps au moyen d’un réseau immatériel, mais précis, de voies appelées méridiens.

Le long de ces méridiens, il y a des points cutanés (en fait des puits), appelés points d’acupuncture, d’où l’on peut régulariser le débit du flot de l’énergie.

Lorsque le Qi circule bien et en quantité suffisante, l’organisme est en santé, la pensée, claire et les réflexes, vifs.

Lorsqu’il stagne, est contraint ou bloqué, on se sent faible, lourd et sans vitalité. Le Qi peut être perturbé par plusieurs facteurs, internes ou externes (voir Causes des maladies ci-dessous).

Les deux pôles : le Yin et le Yang

Pour les Taoïstes, l’équilibre n’est jamais statique, mais  en constant mouvement entre les deux forces opposées, complémentaires et interdépendantes que sont le Yin et le Yang (représentées dans le symbole dynamique noir-Yin-matière et blanc-Yang-lumière du Tao).

Le Yin représente les forces de type passif, intériorisées : obscurité, froid, profondeur, humidité, etc.

Le Yang désigne les forces de type actif, extériorisées : lumière, chaleur, surface, sécheresse, etc.

Comme le jardin qui a autant besoin de la pluie (Yin) que du soleil (Yang), tous les organismes ont besoin de ces deux forces.

Le Yin et le Yang sont toujours en relation dynamique : lorsque l’un croît, l’autre décroît. Dans tous les cycles naturels, le Yin et le Yang se succèdent sans cesse, comme le jour succède à la nuit, l’action au repos, l’inspiration à l’expiration et vice-versa.

Chez un individu en bonne santé, les mouvements du Yin et du Yang sont harmonieux. Mais quand l’un vient à faiblir ou à manquer, l’autre prend le dessus et se manifeste par les symptômes qui lui sont propres.

Un manque de Yang, par exemple, se traduit par un teint pâle, de la frilosité, des selles molles (pâleur, froideur, mollesse étant des caractéristiques Yin).

Mentionnons que, selon la pensée chinoise, les principes du Yin et du Yang se retrouvent tant dans la nature (eau-feu, nuit-jour, contraction-expansion, etc.), que dans l’anatomie (interne-externe, Foie-Coeur, gauche-droite, etc.) et dans la physiologie (femme-homme, structure-fonction, descente-montée, etc.).

Il importe également de savoir que, pour la MTC, les organes et les éléments représentent des phénomènes qui dépassent la seule fonction qu’on leur reconnaît dans l’anatomie et la pensée occidentale.

C’est pour cette raison qu’ils sont écrits avec une majuscule.

 

 

 

 

 

 

Les cinq éléments (ou mouvements) : Métal, Bois, Terre, Feu, Eau

Dans quelque phénomène que ce soit, l’alternance entre l’état Yin et l’état Yang ne se fait pas instantanément, mais par un processus constant de transformation.

Les Chinois ont déterminé 5 phases-clés (appelées mouvements) de ce processus. Chacun des 5 mouvements possède sa propre énergie de croissance ou de décroissance; il porte aussi le nom d’un élément.

Quand un phénomène quitte le Yin pour entrer dans le Yang, c’est le mouvement de la naissance, de l’aube, du printemps, de l’éveil, identifié par le Bois.

Au sommet du Yang, c’est l’entrée dans l’âge adulte (Feu).

Puis, viennent le mûrissement (Terre) et le vieillissement (Métal).

Avec la mort (Eau), le phénomène se retrouve de nouveau dans le Yin.

Les 5 éléments-mouvements se donnent vie dans un ordre précis, selon le principe d’engendrement : l’Eau engendre le Bois, qui engendre le Feu, qui engendre la Terre, qui engendre le Métal, qui engendre l’Eau.

Quant au principe de contrôle, il fonctionne dans le même sens, mais non linéairement : l’Eau contrôle le Feu, qui contrôle le Métal, qui contrôle le Bois, qui contrôle la Terre, qui contrôle l’Eau.

Il existe également un principe de contre-contrôle selon lequel un élément qui est en excès peut contrôler celui qui le précède.

Ensemble, les cycles d’engendrement, de contrôle et de contre-contrôle forment un système équilibré.

On s’en sert pour classifier tout phénomène naturel, mais aussi pour étudier les tissus humains et les relations des éléments entre eux.

La théorie des 5 mouvements s’applique également au tempérament d’une personne, à sa dynamique comportementale propre.

Les tempéraments Bois, par exemple, possèdent une énergie expansive et sont stimulés par le défi et l’action. Ils sont nourris par les types Eau, et sont nourrissants pour les types Feu. Par contre, ils entrent facilement en conflit avec les types Terre et Métal.

Comme c’est le cas dans tout autre système de classification des tempéraments, aucun individu ne correspond à un type pur. Il est un peu de chacun, dans un équilibre particulier, avec une prédominance plus ou moins accentuée.

Selon la MTC, le corps renferme les Organes (Reins, Foie, Cœur, Rate et Poumons), les Entrailles (Vessie, Vésicule biliaire, Petit intestin, Estomac et Gros Intestin), et les 5 «substances vitales».

Les Organes

Il y a 5 Organes, chacun correspondant à un élément (ou mouvement) : Foie (Bois), Coeur (Feu), Rate (Terre), Poumon (Métal) et Rein (Eau).

Ces viscères « pleins », de nature Yin, ont pour rôle, ensemble, de produire, transformer et emmagasiner l’énergie, le Sang, les Liquides organiques, le Jing et le Shen.

Par ailleurs, chacun de ces organes joue aussi des rôles spécifiques : par exemple, abriter l’esprit pour le Cœur ou faire monter le « Yang pur » pour la Rate.

Les Entrailles

Il y a cinq entrailles : Vésicule biliaire (Bois), Intestin grêle (Feu), Estomac (Terre), Gros Intestin (Métal), Vessie (Eau).

De nature Yang, ces Viscères « creux » ont pour rôle conjoint de recevoir, transformer et excréter les liquides.

Les Entrailles possèdent également des rôles spécifiques (l’Intestin grêle «sépare le pur de l’impur»).

Les cinq substances vitales

Parmi ces 5 substances, les 3 premières sont immatérielles et qualifiées de Trois Trésors.

Tout d’abord, il y a le Shen, qui est la conscience organisatrice, l’esprit créateur individuel, qui joue un rôle prépondérant dans la santé mentale.

Il y a ensuite, le Qi, puis le Jing, l’essence, c’est-à-dire les caractéristiques propres à chaque être vivant. Une certaine quantité de Jing, limitée et non renouvelable, nous est transmise par les parents : c’est le Jing inné, le capital vital de l’espèce. Par contre, l’air et l’alimentation nous fournissent le Jing acquis, qui permet d’entretenir le Jing inné.

Aux Trois Trésors s’ajoutent 2 substances matérielles, soit le Sang et les Liquides organiques, qui nourrissent et humidifient tous les tissus et organes.

Les causes des maladies en MTC

La plupart du temps, la MTC tente de circonscrire les causes des maladies en qualifiant les types de déséquilibres (Vide, Excès, Stagnation, etc.), et en déterminant quels Viscères ou quelles fonctions ils touchent.

Les causes peuvent être externes (symbolisées par des conditions climatiques), internes (surtout de nature émotive) ou autres.

Les 5 causes externes sont le Vent, le Froid, l’Humidité, la Chaleur et la Sécheresse. Ces conditions climatiques sont cause de maladies lorsqu’elles sont excessives ou lorsque l’organisme est trop faible pour les endurer.

Elles attaquent alors par la bouche, le nez ou les voies cutanées.

Le Vent et le Froid combinés, par exemple, peuvent provoquer des éternuements, de la fièvre, des raideurs musculaires, etc.

Bien sûr, si on dit qu’une maladie est causée par un Feu du Foie par exemple, ça ne signifie pas que le Foie est physiquement plus chaud, mais qu’il est exagérément actif, qu’il prend trop de place, qu’il «surchauffe».

Les 7 causes internes sont la Colère, le Chagrin, la Tristesse, la Frayeur, la Joie, le Souci et la Peur.

En effet, selon la MTC, les facteurs émotionnels influencent fortement la santé. Chaque émotion blesse l’Organe auquel elle est associée.

À titre d’exemple, la Colère blesse le Foie; et la Peur, les Reins.

Les autres causes sont toutes celles qui ne concernent ni les facteurs climatiques ni les émotions. Ce sont :
- une constitution faible; 
- le surmenage; 
- une vie sexuelle excessive ou frustrée; 
- les blessures et les accidents; 
- les parasites et les poisons; 
- l’alimentation (un manque d’équilibre dans l’hygiène alimentaire).

Les modes de diagnostic en Médecine traditionnelle chinoise

Le praticien en MTC cherche non pas à poser un diagnostic, mais à percevoir les perturbations susceptibles de mener à une disharmonie.

C’est seulement en observant ces perturbations qu’il peut observer leurs manifestations. Le praticien procède donc par observations, questions et palpations.

Observations. Le praticien en MTC observe le teint, les yeux, les ongles, les cheveux, la respiration, l’haleine, le son de la voix, l’état émotif, les selles et autres excrétions, etc.

Pour lui, la langue est une source majeure de renseignements, tant par son volume, sa forme, sa couleur, sa texture, que par les caractéristiques de l’enduit blanchâtre qui la recouvre.

Questions. Le praticien questionne le patient sur ses malaises, ses antécédents familiaux, son sommeil, son appétit, etc.

Palpations. Le praticien vérifie la texture, l’humidité, la température et l’élasticité de la peau; le tonus musculaire, l’excitabilité des tissus, etc.

Le pouls est également un mode de diagnostic fondamental, car il permet d’examiner l’état du Qi. En effet, c’est grâce à la force du Qi que le sang circule. Avec 3 doigts, le praticien prend 3 pouls différents sur l’artère de chacun des poignets. Le premier pouls donne de l’information sur la poitrine, le deuxième sur le haut de l’abdomen, le troisième sur le bas de l’abdomen. Au poignet gauche correspondent les organes Yin et au poignet droit, les organes Yang. Différentes caractéristiques, dont certaines peuvent se combiner, sont attribuées aux pouls (rapide, flottant, percutant, faible, vigoureux, fluide, noyé, etc.), chacune étant un indice.

Pour interpréter les données, le praticien doit se référer aux 8 principes directeurs, Yin-Yang, Chaud-Froid, Vide-Excès, Intérieur-Extérieur, qui lui permettront de déterminer les caractéristiques (état, qualité, situation) du Qi dans le corps et par conséquent, de prescrire le ou les traitements les plus appropriés: changement de diète, traitement d’acupuncture ou pratique d’exercices de Qi Gong, par exemple.

Applications thérapeutiques de la Médecine traditionnelle chinoise

Un examen exhaustif de la littérature scientifique montre bien que la Médecine traditionnelle chinoise, bien que différente du système médical occidental, est un système de santé cohérent à part entière.

De nombreuses recherches cliniques spécifiques, de qualité variable, au sujet des applications thérapeutiques particulières de chacune des branches de la MTC (acupuncture, diététique chinoise, massage Tui Na, pharmacopée chinoise et exercices énergétiques – tai-chi et Qi Gong) ont été effectuées.

Les problèmes les plus souvent évalués sont la constipation, le diabète, la démence, le trouble de déficit de l’attention, l’épilepsie, les maladies cardio-vasculaires, l’endométriose, la dépression et le syndrome de l’intestin irritable.

Conclusion

L’être humain est un tout complexe. Le maintien de son équilibre repose sur un mode de vie sain, tant psychologique que physiologique, mais dépend aussi de nombreux autres facteurs.

Comme l’enseignent les philosophies orientales depuis des millénaires, tout, dans l’univers, est inter-relié.

La Médecine traditionnelle chinoise est une façon de voir l’univers et ses interrelations. Elle peut devenir un outil pour mieux se connaître. Et, qui sait, aider à atteindre cette harmonie à laquelle l’être humain aspire.