Méditation

« On demanda un jour à un maître qui savait méditer,
comment il faisait pour être si recueilli, en dépit de toutes ses occupations.
Il répondit:


Quand je me lève, je me lève.
Quand je marche, je marche.
Quand je suis assis, Je suis assis.
Quand je mange, je mange.
Quand je parle, je parle.


Les gens l’interrompirent en lui disant:
« Nous faisons de même, mais que fais-tu de plus ? »

Quand je me lève, je me lève.

Quand je marche, je marche.

Quand je suis assis, je suis assis.
Quand je mange, je mange.
Quand je parle, je parle.


Les gens lui dirent encore une fois:
« C’est ce que nous faisons aussi ! »


Non, leur répondit-il.
Quand vous êtes assis, vous vous levez déjà.
Quand vous vous levez, vous courez déjà.
Quand vous courez, vous êtes déjà au but…
À chaque action son moment, et à chaque moment son action. »

Le chant de Milarépa (1042 – 1135)

 LE CHANT DE MILAREPA      

(1042 – 1135 ) Sage tibétain

Laisse cela être,

lisse et étincelant comme l’océan,

sans vagues,

libre de la vase, d’un sujet ou d’un objet.

 

Laisse cela être,

ouvert et éclatant comme le ciel,

sans emportement,

dépourvu des nuages des concepts.

 

Laisse cela être,

ferme et inébralable comme une montagne,

sans espoir ni crainte,

dépourvu d’affirmation et de négation.

 

Laisse cela être, 

clair et lumineux comme un miroir,

avec les images des objets tels quels,

y apparaissant sans cesse.

 

Laisse cela être,

comme un archer non-distrait

dans sa sagesse naturelle,

n’allant ni à l’intérieur ni à l’extérieur de lui-même.

 

Laisse cela être,

comme celui qui accomplit sa tâche

et le sait, bien sûr,

spontanément présent, sans espoir ni crainte.