Le Cerf

Le Cerf

Le beau temps s’est installé, la nature explose de vigueur et de créativité.

Dans l’enchainement des 5 animaux (enseignement officiel du Qi-Gong en Chine), le Cerf vient en deuxième position.

Le cerf est un animal calme, au corps fin, bien adapté à la course et aux bonds.

Le Cerf symbolise la peur, la crainte et est lié au Rein.

(la médecine chinoise parle du Rein, au singulier, comme d’un organe rassemblant un ensemble de fonctions).
On travaille donc surtout sur l’enroulement de la colonne, les torsions, pour masser, stimuler le Rein.

Si le Rein est fort, on peut aborder la vie avec détermination et confiance.
Les correspondances vont aussi plus loin, le Rein est lié à l’eau, l’eau est yin.

Le Rein « s’exprime » dans l’oreille: un trouble de l’énergie du Rein peut être à l’origine de vertiges, d’une baisse d’audition ou d’acouphènes…

Sur la tête, il porte des bois… que nous imiterons avec nos doigts ((majeur et annulaire repliés, pouce, index et auriculaire tendus).

Ces exercices sont très intéressants pour détendre le dos, les épaules,  renforcent la colonne, stimulent  la circulation énergétique (Dumai, Dantian et Mingmen).

Dans le Qi-Gong que nous enseigne Martine, le Cerf est associé au coeur, donc à l’élément Feu.

Cela n’est pas contradictoire avec l’aspect prôné par l’enseignement chinois, car les éléments Feu et Eau sont liés et découlent l’un de l’autre de même que le coeur et le rein sont indispensables l’un pour l’autre.

Notre  Cerf est calme, souple, léger… entrons dans la belle saison avec détermination et confiance.

L’Ours

L’Ours

Aujourd’hui et pour trois semaines nous rentrons dans la saison intermédiaire de l’ours.

Derrière son apparente lourdeur et sa démarche nonchalante, l’ours cache beaucoup d’habileté et de souplesse.

L’ours est simple, stable, bien enraciné et peut devenir redoutable et terrifiant dans l’adversité.

« L’ours a la force de pousser les rochers et d’ébranler les arbres« .

Massif et calme à l’extérieur, il est souple et mobile intérieurement : lorsqu’il se met à marcher, malgré sa lourdeur, il s’affaisse tout en souplesse, il semble ne pas avoir d’ossature.

Le pratiquant doit exprimer la légèreté et la souplesse derrière la lourdeur et la stabilité. Chercher l’immobilité dans le mouvement.

L’ours, au travers de sa stabilité, son enracinement correspond à l’élément terre, à l’intersaison, au centre.

Il va emmener le qi vers le bas et se concentrer dans le  Dan Tien.

Les mouvements de l’ours renforcent la rate et l’estomac.

La Terre correspond en médecine chinoise à l’organe « rate – pancréas  » .

L’expression psychique liée à la rate est la réflexion, la « rumination » : celui qui pense trop, surmène son intellect, s’inquiète en permanence, a du mal à se décider, et blesse la rate.

En Qi Gong, on renforce l’élément Terre en captant l’énergie du sol, en s’enracinant, en descendant notre centre de gravité.

Dans le Qi Gong des 5 animaux, la marche de l’Ours favorise l’enracinement, remet « les pieds sur terre », encourage la confiance en soi.

 

 

le PIGNON

LE PIGNON       par Jean Pélissier professeur en MTC

Le pignon de pin ou Song Zi en chinois est la graine du pin.

C’est la graine qui pousse sous chaque écaille du cône ou de la pomme du pin parasol. La récolte se fait entre octobre et mars, lorsque le soleil permet l’ouverture des écailles de la pomme de pin.

Une fois « décortiquée », la graine est blanc nacrée. Selon la théorie des signatures, elle s’apparente de par sa couleur au Poumon.

Cette graine est connue et consommée depuis le paléolithique en Europe et en Asie. Connue en Chine depuis des millénaires, dans de très nombreux compendiums de pharmacopée, cette graine était considérée comme un aliment de longue vie. 

Nous allons voir qu’en médecine chinoise, Song Zi, le pignon est un produit très important pour agir sur la toux sèche, mais aussi sur certaines formes de constipation.

QUE DIT LA MÉDECINE CHINOISE ?

Le pignon est de nature Tiède et de saveur Douce.

La saveur douce permet d’harmoniser la digestion. Mais elle permet aussi d’hydrater et de lubrifier. Quand elle est combinée à la nature tiède, elle permet de reconstituer l’énergie et de faire monter le Yang.

Les organes méridiens où vont se diriger principalement ses effets sont ceux :

  • Du Foie
  • Des Poumons
  • du Gros intestin.

Ses actions principales sont :

  • d’humidifier le Poumon,
  • d’arrêter la toux,
  • d’humidifier le gros intestin
  • de favoriser l’évacuation des selles.

*En MTC, Poumons et Gros intestin font partie d’un même système d’organe. Par exemple, une longue exposition à des fumées asséchantes comme celles dégagées par la combustion du charbon ou de la cigarette favorisent l’apparition d’une sécheresse du Poumon, mais aussi du Gros intestin. Cela peut être une cause de toux sèches ou très peu grasses qui perdurent et des problèmes de constipation par manque de lubrification et asséchement des selles. Des décoctions de pignons sont excellentes dans ce cas.

*Une faiblesse du Yin des Reins peut être à l’origine d’un asséchement des liquides organiques. Song Zi est très connue en Chine pour lutter contre la constipation de la personne âgée ou après le post-partum.

*Comme la peau fait partie intégrante du «système Poumon »  il est dit que le « pignon nourrit la peau », prévient les rides et la sécheresse des tissus cutanés. Il leurs donne de l’éclat.

*Une très bonne recette en ce qui concerne les problèmes de sécheresse du Poumon-Gros intestin : « Mélanger à parts égales 20gr de pignons, de graines de sésame et de noix, et mastiquer longuement ». Cela peut être un très bon petit-déjeuner ou un goûter de milieu d’après-midi.

*En cas de toux sèches qui durent, toux que nous rencontrons souvent chez nos enfants, ou quand la batterie est un peu à plat (la médecine moderne parle de toux allergiques), vous pouvez faire une décoction avec 50gr de pignons, en la ramenant d’un bol à une tasse. Avec les mêmes graines, vous pouvez refaire une autre décoction dans la journée.

*Il est dit dans les textes que le pignon est excellent pour les personnes âgées, car il permet de « nourrir le cerveau ». Il aide à prévenir la sénilité.

QUE DISENT LES RECHERCHES MODERNES ?

*Le pignon possède une forte concentration en acide gras essentiel : « C’est le bon gras » pour la santé.

*Il est riche en phosphore, en fer, en magnésium, mais aussi en potassium.

*Il est très riche en fibre,  ce qui favorise la digestion du bol alimentaire et l’élimination des déchets.

*C’est une très bonne source de protéines végétales pour les végétariens, comme d’ailleurs la plupart des fruits à écales.

*Cette graine contient une quantité importante de Vit. E qui est un antioxydant notoire, protégeant entre autres la membrane cellulaire.

*Elle possède des propriétés anorexigènes, favorisant la réduction de la faim.

*De par sa haute teneur en graisses insaturées, en fer et en protéines, elle possède des vertus antifatigues et « anti-âge ».

*Ses vertus hypocholestérolémiantes, lui permettent de réduire les maladies cardio-vasculaires.

*Les pignons contiennent de la lutéine qui prévient en autres les maladies de l’œil, et en particulier la DMLA.

MODE D’UTILISATION

*En pure pharmacopée traditionnelle chinoise, la dose de décoction journalière se situe entre 10-15gr.

*Le pignon peut être consommé cru, en pâte. Dans certains cas, on peut légèrement le « Yanguiser » en le faisant très rapidement sauter à sec dans une poêle, en évitant de la carboniser. On augmente ainsi son pouvoir réchauffant en cas de froid interne.

*Il entre dans une infinité de recettes, gâteaux, salades, apéritifs. Dans les pays nord-africains, on en rajoute dans le verre de thé à la menthe. Qui ne connaît pas le pesto italien, compagnon indispensable du basilic.

*Attention. Du fait de leur charge importante en graisses polyinsaturées, les pignons peuvent très vite rancir. Achetez-les dans des magasins où il y a une bonne rotation des marchandises. Ne pas hésiter au moment de cet achat à les sentir, et conservez-les chez vous dans une boîte hermétiquement fermée.

*On trouvera de l’huile de pignon qui peut donner un goût très subtil à de très nombreux plats.

CONTRE-INDICATIONS 

*Il convient d’éviter d’en consommer en cas de selles molles liées à une faiblesse de l’énergie de la Rate, de même en cas « d’humidité interne » avec un enduit épais blanc sur la langue et des crachats abondants.

*Il existe quelques rares cas d’allergie aux pignons, comme d’ailleurs dans tous les fruits à écales.

CONCLUSION

Le pignon doit donc faire partie des aliments indispensables, quand nous voulons varier au maximum nos expériences gustatives et culinaires. Mais comme toujours, n’en faites  surtout pas un aliment quotidien. En manger en trop grandes quantités ponctuellement (l’équivalent d’une poignée au moment d’un apéritif par exemple) ou au quotidien sur une longue période de temps est nocif. Cela à toutes les chances de se retourner contre votre santé. Vous risquez de générer ce qu’on appelle en MTC un état « d’humidité interne » très préjudiciable pour la santé. N’oubliez pas, un aliment, une plante peut nous guérir ou nous rendre malades. Tout est une question de quantité.

Donc comme en tout, optez pour la voie du juste milieu, ni trop ni trop peu.

la SAUCE SOJA

La Sauce de Soja, Jiang You  par Jean Pélissier professeur en MTC

 La sauce de soja s’appelle Jiang You en Chinois.

C’est une sauce liquide faite à partir du soja jaune qui dans la pure tradition est faite sans adjonction de blé comme nous allons le voir.

Très connue au Japon, ce produit porte alors le nom de Tamari.

La sauce de soja est un liquide de couleur ambrée, brunâtre ou rougeâtre, plus ou moins foncée.

De saveur très prononcée et salée, il résulte, après de longs mois de fermentions dans une saumure, de la libération de certains enzymes par une moisissure, l’aspergillus coryza.

Son origine remonte à la dynastie des Zhou. C’est une des sauces les plus anciennes du monde.

Selon la légende, quand le bouddhisme prit son essor dans l’Est de la Chine, il fut accompagné par la diffusion du végétarisme. Pour se substituer à certaines sauces à base de produits animaux, il fut créé une pâte fermentée salée à base de soja qui, au fil des siècles, se transforma  en sauce de soja.

Cette préparation se diffusa ensuite dans tous les pays d’Orient, pour ensuite devenir un des produits phares de la culture chinoise en Occident.

Produit indispensable dans une cuisine chinoise, il pourra dans certains cas remplacer le sel dans nos plats. Ce condiment est sept fois moins riche en sodium que le sel de table !

Dans la pharmacopée traditionnelle chinoise, nous allons voir que c’est un excellent ingrédient pour « nettoyer » naturellement des aliments susceptibles de comporter des petites bébêtes indésirables.

Que dit la médecine chinoise ?

Jian You, la sauce de soja est de saveur Salée et de nature Froide.

Nous savons que la saveur salée,  prise en petites quantités « nourrit » l’énergie des Reins. Elle permet aussi de purger et d’amollir les indurations en dispersant les nodosités. La saveur Froide quant à elle neutralise entre autres les toxines de la chaleur.

Les méridiens organes destinataires sont ceux :

  • de la Rate,
  • de l’Estomac 
  • des Reins.

Les actions principales en médecine chinoise de la sauce de soja sont de :

  • Éliminer la toxicité,
  • harmoniser l’Estomac,
  • tonifier les Reins,
  • régulariser la Rate.

*Traditionnellement on se sert de Jiang Yiu dans la cuisine pour « détoxiquer » les aliments. En effet, c’est un produit très connu pour prévenir les intoxications alimentaires. C’est pour cela qu’il est régulièrement incorporé dans les viandes, les poissons, les légumes, les féculents.

*En tant que tonique de l’énergie de la Rate et agissant sur l’estomac, il permet d’ouvrir l’appétit, et donc d’être un apéritif. Mais il permet aussi de retrouver l’appétit  chez certaines personnes convalescentes ou en grande faiblesse.

*En application externe, on s’en sert traditionnellement pour traiter les brûlures. Mais il est aussi très efficace pour traiter et calmer les piqûres d’insectes, entre autres de guêpe et d’abeille. Il suffit pour cela d’appliquer régulièrement un peu de sauce de soja sur la zone à traiter.

*En Chine sauce de soja et gingembre frais font très bon ménage pour potentialiser tous les effets précédents.

Que disent les recherches modernes ?

*En alcalinisant le pH sanguin, il combat la fatigue.

*Très riche en acide acétique, il permet d’éliminer de nombreux micro-organismes qui peuvent être  présents dans l’alimentation.

*La sauce de soja contient une grande quantité de phosphore bon pour les os, les dents, le fonctionnement des nerfs et des muscles, mais aussi pour le métabolisme du calcium.

*Il contient aussi du potassium qui, avec le sodium, maintient l’équilibre acido-basique, contrôle le pH des cellules, la transmission de l’influx nerveux, le fonctionnement des reins et des glandes surrénales, la synthèse des protéines et le métabolisme des glucides.

*On y trouve aussi une grande quantité de vit B et de Fer.

*L’action antitoxique de la sauce de soja provient entre autres de la levure utilisée pour faire fermenter le soja qui a des propriétés d’antibiothérapie.

Mode d’utilisation.

Comme nous l’avons dit plus haut,  Jiang You en Chinois, ou Tamari au Japon, est une sauce de soja traditionnelle faite à « l’ancienne » uniquement à base de haricots de soja jaune, sans ajout de céréales ni d’autres additifs (donc pas d’amidon ni de gluten).

Il serait trop long ici de vous en donner le mode de préparation. Pour faire court, les graines de soja jaune sont utilisées entières. Elles vont être fermentées avec du sel marin et de l’eau pure pendant un an à un an et demi, dans des fûts en cèdre. En effet, comme ces graines contiennent naturellement des graisses, la vitesse de fermentation est considérablement ralentie. Au bout de ce temps, la sauce peut être consommée, mais sera de goût plutôt âpre. Il faut 3 à 4 ans pour que le goût sucré apparaisse. Au bout de cinq ans, c’est la plénitude des saveurs qui s’exhale, en particulier liée à la multiplication de certaines « bonnes » bactéries.

Malheureusement, cette véritable sauce de soja que l’on trouve dans le commerce n’est plus du tout traditionnelle. Et le comble, c’est une invention chinoise moderne qui permet de produire un liquide hydrolysé chimiquement, sans aucune fermentation à partir de farine de soja dégraissée, lui donnant un goût de caramel.

Bien évidemment ce produit perd toutes les vertus médicinales que nous avons vues plus haut.

Quelque terme chinois dans le maquis des sauces de soja :

  • Shēng chōu : sauce soja légère et fine (faible viscosité), opaque, brun clair.
  • Tóu chōu  : sauce soja issue de la première pression des graines de soja, signifie « première sauce soja ». Le tóu chōu est vendu comme une sauce de soja de première qualité, telle une huile d’olive extra-vierge, le goût issu de cette première pression est considéré comme supérieur.
  • Shuāng huáng : sauce soja doublement fermentée.
  • Yìn yóu : une sauce soja plus sombre, aux arômes plus riches et complexes, fabriquée initialement à Taïwan, utilisant seulement des graines de soja avec l’Aspergillus et du sel de roche.

*Procurez vous donc de la sauce de soja Jiang You ou du Tamari dans les magasins Bio en s’assurant qu’il n’y a pas d’adjonction de blé. Mais aussi que le soja sera d’origine non transgénique. Il faut y mettre le prix. Une sauce de soja bon marché ne peut être que de fabrication industrielle.

*La véritable sauce de soja est un produit qui se consomme en très petite quantité. Quelques gouttes suffisent pour lui donner toutes ses vertus médicinales.

*La sauce de soja est un complément idéal pour accompagner tous les plats à base de légume, les plats de volaille, poisson, viande.

*Elle peut remplacer le sel ordinaire dans nos préparations culinaires. Il suffit de quelques gouttes pour transformer un plat « monotone » en un véritable régal pour le palais.

*Dans les régimes végétariens, on s’en sert pour préparer le Tofu, le fameux fromage de soja qui peut remplacer les protéines animales.

*Dilué, on peut faire mariner les viandes et les poissons avant de les griller.

*Pour éviter toute altération, il est préférable de conserver la sauce de soja à l’abri de la lumière.

*Une excellente vinaigrette à base de sauce de soja. Testez là  et vous serez conquis : « Mélanger dans un bol une cuillère à soupe de vinaigre de vin, une demi-cuillère à café de « vraie » sauce de soja, une demi-cuillère à café de moutarde de Dijon, du poivre et un petit peu de curry et évidemment pas de sel ! Ajoutez 3 cuillères à soupe d’huile d’olive et goûtez ! »

Conclusion

À condition de choisir la bonne sauce de soja, c’est un ingrédient qui au regard de ses vertus médicinales, pourra tout à fait entrer dans nos habitudes culinaires occidentales. Certains grands chefs ne s’y trompent pas.

Mais une mise en garde ! En ligne de mire, vous devez faire très attention à l’excès de saveur salée.

Comme toute saveur, prise en quantité correcte, elle tonifie l’énergie de l’organe cible auquel elle appartient. Par contre si on dépasse la dose, elle se retourne contre l’organe et déclenche les pathologies.

Quelle dose ? Normalement nous ne devons pas sentir qu’un plat est salé. Si c’est le cas, on est déjà largement en surdosage. Et évidemment ne jamais rajouter de sel une fois un plat cuisiné, donc bannir la salière sur la table !

La sauce de soja peut donc remplacer le sel de temps en temps dans nos plats, mais quelques gouttes seulement !

 

Les Trois Portes par Jacques d’André

 


« Les trois portes de Sagesse« .

Dans une île lointaine de l’Océanie, au cœur de l’immensité du Pacifique, un Grand Chef avait pour fils unique un jeune homme courageux, habile et intelligent.

Pour parfaire son apprentissage de la Vie et le préparer à ses responsabilités, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

« Eclairemoi sur le Sentier de la Vie« , demanda le jeune Chef, assis face au vieil homme autour d’un petit feu de bois sec.

« Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable à marée haute », répondit le Sage. « Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur la route de ta vie, tu rencontreras trois portes. Lis à chaque fois les préceptes inscrits sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à suivre ces enseignements. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu
serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi ».

Le Vieux Sage disparut et le jeune Chef, après avoir empoigné son casse-tête et ses meilleures sagaies, s’engagea sur le Chemin de la Vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

« CHANGE LE MONDE » « 

C’était bien là mon intention, pensa le jeune homme, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas » Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du cœur. Il réussit toutefois à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent. Et bien des années passèrent.

Un jour qu’ il rentrait de la pêche avec une filoche garnie de poissons, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ? « J’ai appris, répondit le jeune Chef, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas ».

« C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise » Et il disparut.

Peu après, le jeune Chef se trouva face à une seconde porte ; on pouvait y lire :

« CHANGE LES AUTRES »

« C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration » Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Et bien des années passèrent. Un soir, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, apparut le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, répondit le jeune Chef, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses. Je n’avais vu que le feuillage du banian, sans percevoir la puissante chevelure des racines qui plongent dans la Terre ».

« Tu as bien vu, dit le Sage. Au travers de ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir ».

Et le Vieil Homme disparut.

Peu après, le jeune homme arriva devant une troisième porte où figuraient ces mots :

« CHANGE-TOI TOI-MEME »

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire », se dit-il.

Et il entama son troisième combat.

Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès, mais aussi des échecs et des résistances, le jeune Chef rencontra à nouveau le Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, répondit le jeune homme, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser. On peut faire un radeau de bambou et sculpter le santal ou le bois bleu, mais le gaïac coule et son bois dur émousse la lame du ciseau ».

« C’est bien » dit le Sage.

« Oui, poursuivit le futur Chef, mais je commence à être fatigué de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise ».

« C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru ».

Et il disparut.

Regardant en arrière, le jeune Chef vit au loin la 3ème porte et s’aperçut alors, qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME »

Il s’étonna de ne pas avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. « Quand on combat, on devient aveugle« , se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même en cessant de se comparer, de se juger, de se blâmer.

Fort de ce nouvel enseignement, il alla à la rencontre du Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, répondit le jeune Chef, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement. Je ne veux pas être un Bernard L’hermite qui change de coquille tous les jours, je veux m’admettre comme une conque dont la puissante spirale fera résonner l’appel des clans dans la Grande Chefferie« .

« C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte ».

À peine arrivé de l’autre côté, le jeune guerrier aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :

« ACCEPTE LES AUTRES »

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées comme celles qu’ il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’ il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement révolté et contre quoi il s’était battu. Il ne voyait plus que Sagesse, Force et Beauté.

Trois saisons de Lune plus tard, il rencontra à nouveau le Vieux Sage : « Qu’as tu appris sur ton chemin » ? demanda ce dernier. « J’ai appris, répondit le jeune Chef, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement. Ils sont ce qu’ils sont, avec leur part d’ombre et de lumière, chaque moitié étant indissociable de l’autre, car c’est ce qui fait leur richesse ».
« C’est bien, dit le Vieil homme. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte dans l’autre sens ».

Arrivé de l’autre côté, le jeune homme aperçut la face arrière de la première porte et il put lire :

« ACCEPTE LE MONDE »

« Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois ». Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’ il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. li fut frappé par l’éclat et la beauté des choses. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa alors le Vieux Sage qui lui demanda une nouvelle fois : « Qu’as-tu appris sur ton chemin » ?

« J’ai appris, dit le jeune Chef, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est joyeuse, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. Ronde ou pointue, lisse ou bosselée, ce n’est pas la forme de l’igname qui compte, c’est la saveur qu’elle donne au bougna ».
« C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde » Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit alors le futur Grand Chef. Le Silence l’habitat.

« Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui où tu passeras du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence. Il faudra te taire ou bien dire des choses qui valent mieux que le silence, car Dieu lit dans le silence des cœurs. Souviens-toi que les mots que l’on n’a pas dits sont les fleurs du silence. Dans ta case de Grande Chefferie, tu seras seul et la solitude est une tempête de silence qui emporte toutes nos branches mortes comme un lendemain de cyclone. Traverse tranquillement l’agitation et le chaos et n’oublie pas que seule la paix pourra t’apporter le silence.

Alors seulement tu seras un Grand Chef ».

Et le Vieil Homme disparut à jamais.

Année du COQ de FEU

Année du COQ de FEU

L’année chinoise du coq de feu 2017 débute le 28 janvier 2017.

Signe de l’aube, signe de l’éveil, cette année, le triomphe et le succès ne pourront être décrochés qu’au prix d’efforts soutenus et bien orientés mais nous profiterons tous d’une année qui alliera honnêteté et pragmatisme.

Nous pouvons également nous attendre à la réalisation de progrès majeurs dans les domaines de la médecine et de la science.

L’année étant sous un signe de feu, les susceptibilités des uns et des autres seront des sources constantes de tensions. Il faut donc s’attendre à une intensification des déclarations théâtrales, viriles – et stériles – de la part de dirigeants de pays ou de grandes structures économiques.

Ce passage étant également placé sous le signe de l’éveil, c’est une année qui s’annonce dynamisante, enthousiaste et pleine d’entrain. Elle permettra à chacun d’entre nous de prendre de l’élan pour démarrer de nouveaux projets, pour négocier, pour parier sur le changement, pour tester notre pouvoir de séduction. L’esprit d’initiative, l’audace, la créativité seront couronnés de succès.

Le coq a besoin de discipline, d’organisation, de méthode. Ainsi, l’année 2017 sera aussi marquée par l’autorité et le retour de l’ordre sur le plan international.

Du côté des finances, chacun devra éviter de trop tirer sur la corde et se serrer la ceinture car l’année du coq est souvent le reflet d’une année économique difficile tant sur le plan, national, international qu’individuel.

Le coq étant notre symbole national, faisons des vœux pour que notre pays et ses habitants passent une année heureuse et sereine.

L’ ENDIVE

 

L’ENDIVE   par Jean Pélissier professeur de MTC

 L’endive fait partie de la grande famille de la chicorée et s’appelle Ku Ju en chinois.

C’est une variété de chicorée amère, Cichorium Intybus de la famille des Astéracées. Que ce soit l’endive, la scarole, la frisée, la trévise, la puntarelle, ces légumes ont des propriétés communes comme nous allons le voir.

L’endive est donc une variété de chicorée appelée encore « Chicon » ou « barbe-de-capucin » qui se trouve sur nos étals en période hivernale.

Il faut savoir que l’endive est considérée comme un « légume nouveau » qui nous vient de Belgique. C’est le jardinier en chef de la société d’horticulture belge, un certain M. Bréziers qui, dans sa cave, serra de petits monticules de terre autour de quelques pieds de chicorée sauvage. Il obtient alors une salade en forme de fuseau, avec de larges feuilles plates, qu’on appela « chicorée Witloof », chicorée à feuille blanche. Ce fut « l’or blanc des flamands ».

La chicorée est réputée pour ses vertus médicinales depuis la nuit des temps. Les Grecs l’appelaient « l’amie du Foie ».

Nous allons voir que c’est un légume qui a comme point fort en médecine chinoise de pouvoir nettoyer le Foie. Ce n’est pas pour rien que nous le trouvons sur nos étals en hiver, quand l’alimentation est plus riche pour se protéger du froid.

Et c’est évidemment un des légumes que nous devons consommer régulièrement après les fêtes pour désengorger notre Foie.

Dans la Grèce et la Rome antiques, Dioscoride, Galien et Pline l’Ancien attribuaient à la chicorée diverses propriétés médicinales, notamment reliées à la digestion. Dans un grand nombre de pays, elle devint rapidement partie intégrante de la pharmacopée. Les indiens Cherokee employaient la racine comme tonique du système nerveux !

Que dit la médecine chinoise ?

L’endive est de saveur Amère. Sa nature est Froide. Une des grandes propriétés de la saveur amère est de faire descendre, mais aussi de purger et d’assécher l’humidité. Cette action est grandement renforcée par la nature Froide.

Les méridiens organes cibles sont :

  • Le Cœur
  • L’estomac
  • Le Foie
  • La vésicule biliaire.

Ku Ju a pour principales actions :

  • De clarifier la chaleur du Foie.
  • Dégager la vésicule biliaire.
  • Dégager les voies urinaires.
  • Ouvrir l’estomac.

Ses indications principales :

*En MTC, les endives, mais aussi la scarole, la frisée et en règle générale la chicorée ont comme propriété de drainer le Foie et la Vésicule biliaire.

En pharmacopée chinoise, on s’en sert en cas d’ictères, de jaunisses causées par l’obstruction des voies biliaires par ce que nous appelons « la chaleur-humidité ».

Dans la diététique traditionnelle, on s’en sert très souvent pour nettoyer le Foie surtout après les lendemains de fêtes. C’est aussi un excellent légume à préconiser lorsqu’il’ y a des problèmes de « stagnation d’énergie au niveau du Foie ». Nous savons que la stagnation génère de la chaleur qui favorise la transformation des déchets en poison. Or ce tableau est le plus souvent lié à des perturbations émotionnelles. 

*C’est un anti-inflammatoire très intéressant des voies urinaires. En effet, un excès de « chaleur humidité » dans la vessie, les reins ou l’urètre peut-être à l’origine de cystites, de mictions fréquentes avec plus ou moins de difficultés à uriner, des brûlures à la miction avec des urines troubles dans certain cas accompagnées de traces de sang.

De multiples causes peuvent être à l’origine de ce tableau. Mais il faut savoir qu’une mauvaise diététique est très souvent à incriminer dans ce type de pathologie comme l’excès de saveur sucrée-acide (les jus de fruits, les compotes, les confitures, les tomates…), mais aussi l’excès de graisses saturées (charcuteries, chocolat…). L’endive est alors excellente pour aider à éteindre progressivement cette chaleur et évacuer l’excès de déchets et de liquides.

*Autre point intéressant. La saveur amère de l’endive, prise évidemment en petite quantité a comme propriété « d’ouvrir l’estomac », d’être « apéritive », mais est aussi un facilitateur de digestion. On peut s’en servir en cas de ballonnements, de maux d’estomac, d’aigreurs ou de brûlures du tube digestif.

*Traditionnellement on l’utilise aussi pour diminuer les inflammations hémorroïdaires.

*En drainant le Foie, c’est un légume idéal pour agir sur les remontées acides, sur certains maux de têtes liés à un excès de Yang du Foie, sur les symptômes post-ménopausiques et les nausées.

*En rafraîchissant la chaleur-humidité, elle est conseillée pour les problèmes d’aphtes récurrents.

*En voie externe, par cataplasme, on peut appliquer les feuilles « froissées » sur les enflures, les inflammations en général, mais surtout celles des yeux. Mais aussi sur l’herpès labial.

Que disent les recherches modernes ?

*La saveur amère est donnée par l’intybine qui est un glucoside. Plus la chicorée a des feuilles vertes, plus cette saveur est prononcée.

*Elle contient une grande quantité de Vit.B9 ou acide folique très important dans la constitution des globules rouges, de l’ADN et des cellules musculaires et osseuses.

*Elle contient aussi du manganèse et du sélénium qui sont des oligo-éléments à au pouvoir antioxydant qui protègent les cellules contre ce qu’il est convenu d’appeler le « stress oxydatif ».

*L’endive permet de purifier le sang, tout en exerçant une activité anti-inflammatoire.

*Elle contient une grande quantité d’Inuline (à ne pas confondre avec l’insuline !) qui est utilisée comme un agent de texture et comme substitut de gras ou de sucre dans les aliments préparés. Elle est donc très intéressante pour ceux qui veulent réguler leur poids et pour les diabétiques.

*L’endive ne contient que 12 kcal pour 100gr (une endive pèse + ou – 150 gr) : c’est un allié minceur.

*Contenant une grande quantité de fibres, elle permet de lutter contre la constipation et de favoriser le transit intestinal.

Mode de préparation

*L’endive comme n’importe quelle chicorée peut être consommée crue, sautée, cuite à l’étouffé, à la vapeur, incorporée dans une soupe, braisée.

*En MTC on préfère la consommer blanchie ou cuite à la vapeur ou dans un wok. En effet la nature froide de la chicorée,  qui est accentuée dans l’endive (elle pousse dans une cave à l’abri du soleil) risque de bloquer la digestion. Ce ne sera pas le cas si vous la mastiquez 20-30 fois pour la « précuire dans la bouche ».

*Sa texture doit être ferme et croquante, les feuilles bien serrées, avec les pointes jaunes.

*Depuis le XVIIe siècle, la racine de chicorée est grillée et moulue, ce qui en fait le « café du pauvre », mais cela permet de diminuer les effets de la caféine. Les composés phénoliques qu’elle contient permettent de prévenir les thromboses et les inflammations.

*L’endive peut se conserver plusieurs jours au frais dans le bac à légumes de votre réfrigérateur, ou dans un sac en plastique dans votre cave. Attention de ne pas l’exposer trop longtemps au soleil : elle perdrait alors une partie de ses qualités nutritives et son amertume en serait augmentée.

Si voulez diminuer l’amertume de la frisée, faites là tremper 10 minutes dans de l’eau.

Contre-indications

*Il convient d’éviter de consommer de la chicorée, et à fortiori de l’endive en cas de faiblesse chronique du système digestif. On parle en MTC d’effondrement de l’énergie de la Rate et d’excès de Froid au niveau du Foyer-Moyen.

Conclusion

Nous voilà donc en présence d’un légume hivernal qui convient tout à fait à nos « débordements culinaires » des fêtes de fin d’année.

Il sera aussi très intéressant à consommer au début du printemps pour aider au nettoyage annuel du Foie !

Mais la saveur amère accompagnée de la nature froide si elle est bonne pour le Foie c’est à la condition de consommer des chicorées à une dose raisonnable, soit l’équivalent ici d’une endive.

Par contre si vous en faites une surconsommation vous pouvez obtenir l’effet totalement inverse.

 

 


Le POIVRE

Le poivre, Hu Jiao   par Jean Pélissier professeur en MTC

 Il provient du fruit séché de Hu Jiao, « piper nigrum » qui est une plante rampante à feuillage persistant de la famille des  Pipéraceaes.

Hu Jiao est originaire de l’Inde. Il a ensuite gagné les pays d’Asie du Sud Est, Madagascar et le Brésil.

Il ne faut pas confondre Hu Jiao avec Hua Jiao, le « poivre du Sichuan » qui est un « faux poivre ». Il provient en réalité d’un frêne épineux chinois.

Selon le stade de la récolte, on peut avoir du poivre vert, blanc, noir, rouge ou gris.

C’est en même temps un Yao, un médicament, mais aussi un condiment très prisé. En tant que plante aromatique, c’est un exhausteur de goût.

Hu Jiao, le poivre fait partie des « médicaments qui réchauffent l’interne ». Il a comme propriété de traiter tous les troubles induits par une faiblesse du système digestif.

Que dit la médecine chinoise ?

La saveur de Hu Jiao est Piquante et sa nature est Chaude. Combinant ces deux aspects piquant et chaud, on dit qu’il « correspond au Yang pur ». La nature piquante permet de disperser (ici les « amas d’aliments ») et la nature chaude de réchauffer entre autres le foyer moyen.

Ces organes méridiens cibles sont ceux :

  • de l’Estomac,
  • du Gros intestin et
  • de la Rate.

Le poivre a comme action principale de :

  • Réchauffer l’estomac, le « centre ».
  • D’harmoniser le diaphragme.
  • De faire descendre l’énergie.
  • De dissoudre les mucosités, le Tan.
  • « D’éliminer les toxines des viandes, des poissons, et des champignons ».
  • De calmer les douleurs dues au froid, Zhi Leng Tong.
  • De disperser les stagnations de froid, San Ling Zhi.
  • D’éliminer la rétention de liquide de type froid, Han Yin.
  • D’être apéritif et digestif.

Ses principales indications :

  • Il traite les stagnations dues au froid et les stagnations d’aliments.
  • La dysenterie de type froid liée à une humidification trop importante des intestins.
  • Les douleurs abdominales dues aux toxines de type Yin.
  • Les vomissements de liquide dû au froid dans l’estomac.
  • Les douleurs dentaires dues à la « chaleur flottante en superficie ».
  • Les problèmes d’inappétence et d’indigestion.

*En compresse froide, il soulage la douleur et réduit le gonflement dû aux contusions. Il est très efficace dans les arthrites localisées.

*Toujours grâce à son action antalgique, on peut se servir du poivre noir pour réaliser un onguent à appliquer en usage externe. On fait chauffer 10 cl d’huile de sésame dans une petite casserole. On y ajoute 1 cuillère à café de poivre en poudre. On laisse refroidir puis on filtre. On masse ensuite les parties douloureuses avec le baume obtenu.

Que disent les recherches modernes ?

*Le poivre augmente la sécrétion des sucs pancréatiques, ce qui lui confère une action digestive sur les graisses et les hydrates de carbone. En stimulant les papilles gustatives situées sur la langue, il a pour effet d’augmenter la sécrétion d’acide gastrique dans l’estomac qui permet une première digestion des aliments.

*Le poivre doit sa saveur piquante à des amides de la pipérine. La pipérine est un alcaloïde qui possède des propriétés antimicrobiennes, anti-inflammatoires, hépatoprotectrices.

*Elle permet de diminuer les flatulences causées par la consommation de légumineuses, surtout quand on est en présence d’un « froid interne » qui a tendance à ralentir le péristaltisme intestinal.

*Les  vertus antidépressives du poivre noir sont bien connues notamment dans la dépression, l’anxiété, l’insomnie et la peur. La pipérine du poivre augmente le taux de sérotonine qui est un neurotransmetteur, celui-ci jouant un rôle important sur le bien-être émotionnel en général.

*Le poivre noir présente des propriétés immuno-modulatrices et est en mesure de renforcer le nombre et l’efficacité des globules blancs. C’est donc un puissant moyen de défense contre l’invasion des microbes.

Son pouvoir antibactérien a été démontré pour plusieurs espèces de bactéries, dont les Staphylococcus aureus, Lactobacillus plantarum, Citrobacter sp, Escherichia coli, Plesiomonas shigelloides Streptococcus faecalis, Klebsiella pneumoniae, Pseudomonas aeruginosa et Micrococcus roseus.

*Il stimule la décomposition des graisses donc favorise la perte de poids.

*En usage externe, en stimulant les mélanocytes, il permet de soigner le Vitiligo.

*Le poivre noir contient plusieurs antioxydants puissants. Son usage est important pour prévenir et réduire le stress oxydatif.

*Il est également conseillé dans les cas d’angines, de bronchites chroniques et de laryngites pour son action fluidifiante et expectorante.

Mode d’utilisation

Le poivre peut être consommé en grain ou moulu. En décoction, on en prendra 2 à 4 GR. En poudre les doses maximales se situent entre 0.5 et 1 GR.

D’octobre à avril, lorsque les fruits se trouvant à la base de l’épi commencent à s’ouvrir et virent au rouge, l’épi est récolté et séché au soleil ou au feu.

Quand les fruits deviennent de couleur noir-brun, ils sont récoltés et prennent le nom de Hei Hu Jiao, le « poivre noir ». Le  Dom Pérignon des poivres est le poivre de Kampot, ou celui de Belém.

Si la récolte se fait quand les fruits sont devenus entièrement rouges, ils sont trempés quelques jours dans l’eau, puis on enlève la peau et on les fait sécher au soleil. Les grains prennent alors une couleur gris-blanc. Ils s’appellent alors Bai Hu Jiao ou « poivre blanc ».

Le poivre en dehors de ses vertus thérapeutiques est donc souvent utilisé comme condiment. Il améliore l’appétit et rehausse le goût des aliments.

Traditionnellement, la consommation de poivre est à privilégier dans les climats froids humides ou pluvieux.

Pour en préserver au mieux les vertus médicinales et culinaires, il vaut mieux l’utiliser en grain et le moudre juste au moment de sa consommation.

Contre-indications

Elles sont importantes à connaître.

Tout d’abord, il faut savoir qu’une consommation excessive de poivre  peut :

  • Blesser le Poumon,
  • disperser l’énergie,
  • agiter le Feu,
  • provoquer des éruptions,
  • déclencher et augmenter les douleurs hémorroïdaires,
  • provoquer des saignements dans les selles,
  • des douleurs dentaires,
  • des troubles de la vision,

Il ne faudra pas consommer de poivre en cas de :

  • chaleur vide liée à une faiblesse de Yin avec des symptômes comme des bouffées de chaleur, la gorge sèche, des transpirations nocturnes, les pommettes rouges.
  • Il faudra éviter d’en consommer dans toutes les pathologies où le Yang prédomine, comme dans l’hypertension par exemple.
  • Évidemment, ne pas en prendre en cas d’ulcère à l’estomac.
  • La femme enceinte devra s’en abstenir.

 Conclusion

Le poivre est donc une épice très prisée, mais aussi une plante médicinale à part entière. À condition de ne pas en abuser, un peu de poivre par-ci par-là peut être un excellent rehausseur de goût.

 

Qi-gong du singe

En ce moment nous pratiquons :

XlLl HOU GONG

La purification du Singe

Ce Qi-gong fait partie de la série « Wu wudong wu », la danse des cinq animaux.

Il est consacré à l’Elément Eau (REIN) et à son animal emblématique qui est ici le Singe 

 

Ce Qi Gong traditionnel chinois est attribué à HuaTuo.

Hua Tuo (220-280 après J.C), est un médecin et chirurgien chinois ayant marqué l’histoire de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Il est le père de l’anesthésie, mais il est également connu pour l’accouchement par acupuncture.

Hua Tuo note aussi que la culture physique facilite la digestion et la circulation, et qu’elle fortifie le corps.

Il inventa ainsi le  « Jeu des Cinq Animaux » (tigre, cerf, ours, singe et grue).

Ce puissant Qi Gong, ludique et énergisant, redynamise les diverses circulations et aide à la correction des problèmes posturaux.

Chaque animal comprend une phase préparatoire ainsi qu’une phase de mise en circulation.