Carotte

 

LA CAROTTE, Hu Luo Bo   par  Jean Pélissier professeur en MTC

La Carotte, Hu Luo Bo, est connue pour ses vertus médicinales depuis des millénaires en Chine.

A l’heure actuelle, c’est le légume dont la culture est la plus répandue sur terre, 35% de la production mondiale venant de Chine.

Au départ, elle était blanchâtre, très ligneuse et uniquement réservée à la médecine.

Ensuite, à force de croisements, elle a pris la couleur orange que l’on connaît et est devenue un légume courant.

Bien qu’il existe tout un panel de couleurs, je vais m’intéresser, dans cette étude, à la carotte orange que l’on connaît tous.

Que dit la médecine chinoise ?

La carotte crue  est de saveur très légèrement amère et  piquante, Xin. Beaucoup moins cependant que le navet.

Ce goût disparaît d’ailleurs totalement à la cuisson. Elle devient alors douce. Nous savons que la saveur douce, sucrée, a comme propriété de favoriser la production de sang et d’énergie, de même que les liquides organiques.

 Elle humidifie l’organisme et agit comme fortifiant général.

Sa nature est  modérée, neutre. Cependant, en tant qu’alicament, elle est considérée comme très légèrement rafraîchissante et lubrifiante.

C’est un légume qui sera donc bon à consommer pour les personnes qui sont en état Xu, de faiblesse.

Les vertus thérapeutiques de Hu Lui Bo vont aller prioritairement vers les méridiens et les organes :

                        Poumon,

                      Foie et

                        Rate.

*Une de ses principales propriétés est de « décontracter et de dégager le diaphragme en favorisant le travail de la digestion de l’intestin et de l’estomac. »

Il est dit « que la carotte élargit le milieu, fait baisser le Qi et dissipe les stagnations perverses au niveau de l’estomac ».

Ceci est dû au fait que la carotte tonifie la rate qui est le chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire. C’est donc un légume très utile en cas d’indigestion, de ballonnement, de distension abdominale.

La carotte est très précieuse chez les enfants dénutris, anémiques et qui n’ont pas d’appétit. Une très bonne recette dans ce profil de déséquilibre :

« Couper en lamelle dans le sens de la longueur  une belle carotte bio. La faire revenir dans une poêle  ou un wok avec de l’huile de sésame en y rajoutant de de la ciboule et du gingembre frais coupé en petit morceaux »

*Une autre propriété très intéressante est celle d’humidifier  les intestins, de lutter contre la sécheresse du gros intestin.

N’oublions pas que Poumon et Gros Intestin sont directement liés en M.T.C.  et donc l’action de tonifier le Poumon a un effet direct sur les problèmes de constipation, de selles sèches.

La carotte est donc considérée comme un laxatif doux.

Par exemple, le fait de boire en 4 ou 5 fois par jour 40cc (un petit verre) de jus de carotte fraîchement extrait, permet de lutter contre la constipation commune. L’action peut être augmentée quand on prend du jus de carotte avec du miel.

 *Une autre action. Nous avons vu qu’un des « logiciels-organes » cible de la carotte était le Foie. Or, nous savons que les yeux, en M.T.C. sont l’ouverture du Foie.

Par cette action de nourrir le Foie, les textes anciens disent que « la carotte « éclaircit » les yeux ».

En effet, ce légume pris régulièrement a pour action de lutter contre la baisse de l’acuité visuelle, ce que l’on appelle l’héméralopie. Elle permet aussi de lutter contre la sécheresse des yeux.

Une recette traditionnelle en cas de fatigue visuelle :

«  On coupe en lamelles dans le sens de la longueur une carotte bio. On la fait sauter dans de l’huile de sésame. On y ajoute 30 gr de céleri branche coupé en morceaux et 30 gr d’algue laminaire réhydratée. Ce plat se consomme avec du riz et l’idéal est de rajouter du foie de volaille ou d’agneau ».

*Elle agit aussi directement sur  l’énergie du poumon. Non seulement, elle favorise la lubrification, l’humidification de cet organe, mais surtout elle augmente ou rétablit l’action fondamentale du poumon qui est de faire descendre l’énergie vers le bas.

Toutes ces actions permettent donc à ce légume d’être un très bon antitussif et de lutter contre les inflammations chroniques du poumon.

Traditionnellement, les chinois savaient qu’il fallait consommer beaucoup de ce produit, lorsqu’un enfant présentait une coqueluche avec une toux très sèche.

Une recette traditionnelle consiste à :

« Cuire à feu doux 250 gr de carottes et 1 douzaine de jujubes préalablement ouvertes dans un litre d’eau. Une fois que la décoction est réduite à 1/3, on la boit en plusieurs fois ».

Une autre recette très intéressante est de :

« Prendre du jus de carotte coupé avec de l’eau chaude dans lequel on rajoute un peu de miel dans le cas de toux sèche ».

*N’oublions pas que peau et poumon font partie du même logiciel en M.T.C.

En Chine, la carotte est réputée pour donner une belle peau. Les Chinois recommandent de consommer ce légume quand on a la peau sèche ou rugueuse. Mais aussi en cas de démangeaison du cuir chevelu ou de pellicules.

Le jus de carotte pris par petites cures de 9 jours à raison de 3-4 petits verres de 40cc peut avoir effectivement un effet de rajeunissement des tissus.

*Aussi bien dans la médecine chinoise, que dans la médecine traditionnelle africaine, la carotte a une action fondamentale au moment de la rougeole.

Les médecins chinois disent que c’est une maladie nécessaire qui a toujours existée et qui permet, dès le plus jeune âge, à l’enfant de se débarrasser des toxines, présentes dans le sang, qu’il a héritées du sang maternel.

Le but du jeu est donc de favoriser au maximum l’irruption des boutons qui ne sont que l’extériorisation de ces toxines.

La carotte joue ce rôle fondamental.

Elle permet aussi, en agissant sur le poumon, de prévenir  les risques de complication pulmonaire ou tout au moins de les atténuer. Pour augmenter  cet effet, on rajoute dans l’utilisation de la carotte, sous forme de jus ou cuite,  de la coriandre.

*Enfin, dans le Yi Lin Zuan Yao, il est dit que « la carotte humecte les Reins, tonifie le Yang originel, le Yuan Yang, réchauffe le foyer inférieur et enfin élimine le froid et l’humidité ».

C’est pour cela que ce légume est plus ou moins contre-indiqué quand on est en excès important de Yang.

Que disent les recherches modernes, quant aux effets de la carotte ?

Toutes ces recherches ne font que conforter les dires de la tradition.

Voyons quelques effets.

*Un dicton populaire dit que la carotte « rend aimable et donne les fesses roses ».  Amabilité est, entre autres, à mettre en relation avec un bon fonctionnement du Foie.  Les fesses roses, c’est le poumon….

*Elle présente un pouvoir hématopoïétique, à savoir qu’elle stimule la formation des globules rouges (Rate en M.T.C). Elle possède donc d’importantes propriétés antianémiques.

*Elle favorise la sécrétion lactée.

*Elle renforce la résistance de l’épiderme à l’agression des rayons ultraviolets.

*Elle a comme particularité d’avoir une très haute teneur en carotène, précurseur de la vit A, essentielle pour la constitution de la rétine et de la cornée, et donc aussi pour la vision nocturne.

Cette vitamine permet aussi de favoriser la croissance, la cicatrisation, la reconstitution des muqueuses.

En usage externe, la carotte possède des pouvoirs cicatrisants et désinfectants. Il faut alors déposer de la pulpe de carotte crue sur des plaies ou des brûlures.

*D’autre part, le carotène contenu dans la carotte est un très puissant antioxydant qui permet d’éliminer les radicaux libres (Tan en M.T.C.), cause de vieillissement précoce,  de maladies cardiovasculaires et de cancers.

Modes d’utilisation

On peut consommer la carotte crue, sautée, bouillie, en jus, à la vapeur, en purée, en soupe.

Il est évident que pour que ces propriétés soient optimales, il convient de se tourner vers les légumes de culture biologique.

Ensuite, il convient de consommer des carottes jeunes et surtout éviter qu’elles soient flétries, ternes et ramollies car elles deviennent alors indigestes.

La peau peut être consommée car elle est très intéressante en tant qu’alicament, à condition que le légume soit bio et surtout bien lavé.

Quelle est la fréquence de consommation ?

Hormis quelques cas spécifiques, dont je vous ai parlé plus haut et où il est possible de faire des cures de neuf jours, s’arrêter une semaine et reprendre ensuite, il convient de ne pas prendre en permanence de ce légume.

Ce n’est pas parce que l’on va en prendre tous les jours pendant un an que l’on va rajeunir de 20 ans.

N’oubliez pas la règle des « neuf jours » :

« On ne devrait pas consommer le même légume, le même fruit, la même protéine (c’est différent pour les céréales) pendant neuf jours d’affilée. Comme il y a 18 repas en 9 jours, cela sous-entend que manger deux fois de la carotte en 9 jours est largement suffisant ».

N’oubliez qu’il y a bien d’autres légumes. Toujours avoir en ligne de mire  cette règle : « Consommer les légumes de saison et de région, et être le plus varié possible ».

« ELOGE DU SILENCE » par jean Pélissier

     Dans le monde de la dualité où nous vivons, le silence ne saurait exister sans le bruit, la parole ou le son. 

     Dans cette même logique de dualité, le silence appartient au Yin, symbolisant l’élément d’intériorisation, contrairement au bruit qui relève du Yang. 

     Cependant, un excès de paroles peut disperser le Yang, épuisant ainsi l’énergie vitale stockée dans nos Reins.

C’est ici que le silence, à travers nos pratiques de méditation, de relaxation et de Qi Gong, devient essentiel pour nous recharger. 

    Sous cet angle, le silence agit tel un Yao, un médicament précieux, dans notre quotidien. 

     Il est souvent dit que la faiblesse du Yin favorise l’échappement du Yang.

Apprenons donc, lorsque nous exprimons une idée issue de notre mental, de notre Shen ou de notre Cœur, à utiliser moitié moins de mots.

En procédant ainsi, nous gagnons non seulement en persuasion, mais aussi en capacité à cultiver l’instant présent. 

     Notre existence est marquée par le symbole du Tao, où un peu de noir se mêle au blanc et vice versa.

Ainsi, dans notre réalité terrestre, le silence absolu n’existe pas ; il y a toujours un bruit de fond.

Nous devrions cultiver cette réalité à travers nos différentes pratiques. 

     Par exemple, en pleine forêt, si l’on s’immerge dans le silence, ce sont ‘Dix mille bruits’ qui viennent caresser nos oreilles.

Le jour où nous serons capables d’entendre ‘un arbre pousser’, nous aurons atteint un sommet de la pleine conscience. 

     De même, dans une méditation profonde, ce sont le murmure de notre respiration et les battements de notre cœur qui résonnent à notre oreille interne.

N’est-ce pas là ce que l’on appelle parfois le ‘bruit assourdissant du silence’ ? 

     Le bruit ne se limite pas à la parole ; il englobe également tous les sons provenant de l’extérieur. 

Nombreuses sont les personnes autour de nous qui redoutent le silence.

Elles se trouvent incapables de demeurer, ne serait-ce que trois minutes, assises en silence total.

Elles se sentent désemparées, vulnérables, surtout lorsqu’aucune parole n’est échangée lors d’un repas en tête-à-tête.

Ce n’est pas qu’elles n’ont rien à dire. En réalité, le silence transcende la parole. Les sages enseignent à ‘parler sans mots’.   

Plus nous sommes silencieux, plus nous devenons réceptifs à l’essentiel.

     Parler, parler, toujours parler ! 

     Pourtant, le silence a le pouvoir de désamorcer colères et violences, et de nous rendre plus à l’écoute d’autrui. 

     En Médecine Traditionnelle Chinoise, nous disons que ‘l’Eau des Reins calme le Feu du Cœur’, suggérant que la force de notre énergie vitale peut retenir l’échappement de Qi du Cœur.

Lorsque cette énergie s’épuise, nos énergies globales commencent à stagner. 

     Ainsi, l’excès de paroles est souvent un signe de faiblesse interne

     Le bruit extérieur, tout comme d’autres perturbations telles que le vent, le froid ou l’humidité, met à mal notre énergie de défense, de protection.

Nous avons perdu l’habitude de nous immerger dans le silence, nous engageant dans une forme d’autodestruction.

Entre les casques audio, la musique d’ambiance, le bruit de fond des appareils et les oreillettes utilisées en permanence, que ce soit en marchant ou en faisant du jogging, nous semblons craindre le silence. 

     Cependant, le silence est un révélateur de notre véritable ‘Moi’.

 Il dévoile les couches de notre ego et nous permet de nous ‘mettre à l’écoute de notre âme’. 

     Et cela pourrait être le plus important! 

     Notre âme a tant à nous dire. Écoutons-la !

Le silence est un révélateur de dons.

De nombreux grands artistes, créateurs et inventeurs s’immergent dans le silence, la solitude et la méditation pour accéder à ces intuitions fulgurantes qui viennent enrichir notre ego, notre ‘Moi’. 

     En MTC, nous disons souvent que ‘la nuit appartient à l’âme’, particulièrement dans sa seconde moitié.

C’est dans le calme de ces heures silencieuses que, soudainement, en arrière-plan de notre Esprit, émerge la réponse à un problème longtemps médité, ‘l’idée manquante’ ou la solution tant recherchée pour opérer un changement de cap.

C’est dans ces moments que notre câble de vie se révèle à nous. 

     Ce même état, peut également être retrouvé dans nos pratiques quotidiennes telles que le Qi Gong, la marche méditative, la relaxation et la méditation.

Ce n’est pas sans raison que Confucius et Lao Tzeu ont fréquemment enseigné l‘importance cruciale du silence dans l’atteinte de la sagesse. 

Ce silence, en effet, favorise la culture de la réflexion intérieure, indispensable à une meilleure compréhension de soi-même et du monde qui nous entoure. 

     L’adoption de la pratique du silence ouvre véritablement notre cœur et permet à nos énergies de circuler librement

     Dans ce cadre, nous ne sommes plus ballottés de droite à gauche, comme des esquifs fragiles sur une mer déchaînée.

Nous échappons ainsi aux assauts de ’10 000 informations’ qui menacent constamment de submerger notre Esprit. 

En effet, l’excès de bruit et d’informations peut être dévastateur

     À l’inverse, le silence nous invite à plonger dans les profondeurs où règnent calme et harmonie, éloignant le risque de burnout.

Progressivement, nous entrons dans un état de zénitude et de pleine conscience, qui enrichit notre expérience de vie, nous permettant d’apprécier chaque scène du film de la vie qui se déroule sous nos yeux. 

     A la lecture de ce texte, « une minute de silence s’impose » ! 

     Cultivons alors le plus souvent possible « le silence » pour vivre pleinement notre incarnation.

vivre

VIVRE

tu sais vivre quand,

en vivant dans ce monde compliqué

tu restes simple

quand

en vivant dans ce monde injuste

tu restes juste

quand

en vivant dans ce monde malhonnête

tu restes honnête

mais surtout tu sais vivre,

quand

dans ce monde sans Amour ,

tu arrives encore à AIMER

                                                    Ch chaplin

La Pratique du Qi-Gong

La pratique du Qi Gong      par Jean Pélissier professeur de MTC

 

En quoi la pratique des Qi Gong diffère-t-elle d’un simple exercice de gymnastique ?

On peut considérer qu’il y a trois niveaux dans la pratique d’une série de Qi Gong.

Le premier niveau peut effectivement nous faire penser à un mouvement de gymnastique. Le but alors n’est pas obligatoirement de renforcer la masse musculaire, mais avant tout de conserver la souplesse des articulations.

Nous savons que la source première de quasi toutes les pathologies internes est à mettre en relation avec ce que l’on appelle en M.T.C. une « stagnation de sang et d’énergie », génératrice de la trilogie : Rubor, Calor, Dolor : inflammation, gonflement et douleur.

Nous avons vu aussi que la surface de l’organisme est mise en relation avec les organes internes grâce aux fameux méridiens énergétiques.

La conservation de la souplesse des articulations, grâce à une pratique régulière d’une série de Qi Gong, va avoir un retentissement direct sur le fonctionnement des organes internes.

En effet une stagnation au niveau des organes va favoriser une raideur au niveau des articulations. Inversement, une libération des articulations va permettre de débloquer les organes internes.

Un exemple type parmi tant d’autres :

À force d’émettre en permanence de la colère qu’elle soit intériorisée ou extériorisée, une tension va se produire le long du méridien de la vésicule biliaire, qui passe, entre autres au niveau du cou.

Une raideur va s’installer dans cette région pouvant dégénérer vers des problèmes de cervicalgies chroniques ou aiguës, des brachialgies, des inflammations du canal carpien et j’en passe.

Si au quotidien, grâce à certains mouvements, on conserve la souplesse des cervicales, localement, il n’y aura plus de douleurs, mais cela aura aussi un impact direct sur la libération de sang et d’énergie au niveau du «
logiciel foie ».

Cela sous-entend :

qu’une bonne série de Qi Gong doit être à même de faire travailler au cours d’une même séance, toutes les articulations, agir sur tous les méridiens et de ce fait agir sur les cinq logiciels organes.

C’est d’ailleurs ce que l’on retrouve dans toutes les grandes séries traditionnelles (les huit embellissements, les cinq animaux, etc..).

Si on en reste à ce premier niveau, à savoir donc celui de la conservation de la souplesse des articulations, une série de Qi Gong serait un « banal » exercice de gymnastique.

Allons donc plus loin. Nous avons tous remarqué que la pratique d’une série se faisait très lentement. Ce qui d’ailleurs dérange souvent l’Occidental pour qui tout doit être fait et obtenu de façon

« speed ».

La raison de cette lenteur vient du fait que lors de la pratique, le mouvement est totalement dirigé par la respiration. Or, comme la respiration est lente, le mouvement est lent. Expansion-contraction, dilatation-concentration, ouverture-fermeture, inspire-expire, à l’instar d’un soufflet de forge, la respiration va devenir le moteur de la libre circulation du sang et de l’énergie dans l’organisme.

Un quart d’heure de pratique quotidienne de Qi Gong va générer une centaine de respirations conscientes. C’est autant de pris pour favoriser la recharge de notre batterie des reins.

Donc, la deuxième étape du Qi Gong, c’est d’être une pratique purement basée sur la respiration, extraordinaire moyen d’apprendre à vivre en pleine conscience chaque instant présent.

Il existe un troisième niveau dans la pratique. Une fois le mouvement bien assimilé, une fois la respiration bien installée, la pratique du Qi Gong va devenir une véritable pratique de méditation en mouvement.

L’observateur extérieur ne va percevoir qu’une pratique exotérique, mécanique. Le pratiquant, lui, est déconnecté de son espace-temps. Il se crée à ce moment-là un entonnoir qui va mettre en relation la sphère de son conscient avec son subconscient le plus profond, que certains assimilent au « Hun » de la médecine chinoise.

Chacun d’entre nous possède au plus profond de lui, de multiples dons. Et ces dons peuvent « remonter à la surface » au cours d’une pratique régulière. Mais sans aller si loin, cette pratique quotidienne va vous permettre d’arrêter votre ordinateur central, de mettre fin à l’excès de pensées qui envahissent votre écran radar. Petit à petit, vous allez apprendre à vivre en pleine conscience et par là même redevenir le général en chef du fonctionnement de votre corps. Grâce à « ici et maintenant », je suis capable de m’arrêter à la première image d’une colère et éviter de déclencher un tsunami mental, professionnel ou familial…

ÉLOGE DE L’IMMOBILITÉ

ÉLOGE DE L’IMMOBILITÉ par Jean Pélissier

     Vous êtes debout les pieds parallèles à l’écartement des épaules. 

     Les pieds forment un « carré » : vous êtes enracinés à la Terre et vos voûtes plantaires captent l’énergie tellurique par le biais des points 1Rn, Yong Quan, « source jaillissante ». 

     Votre tête est dans le Ciel, sphère qui capte l’énergie céleste par le point 20DM, Bai Hui. 

     Vos deux bras sont devant vous, horizontaux à la hauteur des épaules. Ils forment un cercle non fermé. Vous prenez à bras-le-corps toute l’énergie qui s’offre à vous. 

     Vous tenez cette position, portée par une respiration totalement libre, pendant 5 – 10 – 15’.

     Vous arrêtez quand vos épaules se crispent. Ce n’est pas un exercice d’endurance, mais tout le contraire. 

     Si votre Esprit est Vide, sans pensée, vous ne devez plus sentir votre corps !

     Vous l’avez reconnu, c’est le fameux « Qi Gong de l’Arbre » qui consiste donc à s’imaginer que l’on entoure un tronc avec nos deux bras. 

     Ciel, Homme, Terre. On capte l’énergie de la Terre par l’enracinement, du Ciel par la respiration et on « embrasse », on attire l’énergie qui s’offre à nous, cette énergie qui vient nourrir notre Cœur.

 Vous l’avez compris, la longévité se nourrit de l’immobilité, de l’enracinement et du Vide.

     La sève qui abreuve tout notre corps provient de la Terre par l’entremise de nos aliments. 

     L’énergie qui inonde tout notre être provient du Ciel, de l’air que nous respirons. 

     Par cette posture, on devient cet arbre puissant qui ne sera pas déraciné à la première tempête venue.

La Médecine Traditionnelle Chinoise

Médecine traditionnelle chinoise
   par Annie Ollivier Professeur en MTC

Vieille de plusieurs milliers d’années, la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) est un «système», c’est-à-dire un ensemble de théories et de pratiques concernant l’humain et sa santé. Sa relative complexité, pour les Occidentaux, tient surtout aux faits suivants :

● Elle possède sa propre base philosophique et symbolique.

● Elle considère que le corps, le cœur et l’esprit forment un tout.

● Elle s’est élaborée non pas en disséquant des morts, mais en observant des vivants. Par conséquent, elle ne considère rien comme statique.

● Elle envisage les phénomènes non pas comme tels, mais en fonction de leurs relations. Par conséquent, la santé d’un organe ou d’une personne dépend de multiples facteurs, qui sont tous reliés.

● Elle utilise de nombreux termes usuels dans des sens différents que ceux qu’on connaît habituellement en Occident.

Pour assurer le bien-être des humains, la MTC a recours à 5 pratiques principales.

● L’acupuncture

● La pharmacopée chinoise (herbes médicinales)

● L’alimentation taoïste

● Le massage Tui Na

● Les exercices énergétiques (Qi Gong et Tai-chi)

Les personnes formées aux 5 pratiques portent le titre de docteur en médecine chinoise. Quand elles sont seulement formées à l’une ou à quelques-unes de ces pratiques, elles portent un titre spécifique, par exemple acupuncteur, herboriste, etc.

Si la Médecine traditionnelle chinoise a comme premier objectif d’entretenir la santé et de prévenir les maladies, elle permet aussi de soigner la plupart des problèmes de santé (ponctuels ou chroniques), entre autres les troubles cutanés, musculo-squelettiques, neurologiques, digestifs, respiratoires, génitaux, hormonaux, de même que certaines infections et certains problèmes émotifs.

Synopsis des divers éléments de la MTC

Voici une synthèse des principaux fondements théoriques – il y en a des dizaines d’autres – sur lesquels se basent la MTC et chacune de ses pratiques.

L’harmonie

La Médecine traditionnelle chinoise vise d’abord à maintenir l’harmonie de l’énergie à l’intérieur du corps ainsi qu’entre le corps et le monde extérieur.

La santé est liée à la capacité de l’organisme à maintenir la dynamique nécessaire lui permettant d’affronter les agressions.

En contrepartie, la maladie se manifeste lorsque l’organisme a perdu cette capacité.

Chaque individu possède une constitution particulière où les différents éléments interagissent, selon un équilibre qui lui est propre. C’est ce qu’on appelle le terrain.

Chez deux personnes, un même symptôme (mal de tête ou difficulté à digérer, par exemple) ne relève pas, a priori, d’une même cause, mais d’un déséquilibre propre à chacune d’elles.

Pour que la santé se maintienne, l’harmonie doit prévaloir dans chacun des éléments de l’ensemble, ainsi qu’entre les différents éléments, et ce, sur tous les plans : dans chacun des organes de l’individu, et entre ces organes; dans l’individu, et entre l’individu et son environnement.

La MTC ne traite pas les symptômes (comme le ferait la médecine mécaniste), mais la personne, de façon globale.

L’élément fondamental : le Qi

Selon la vision chinoise, qui est à la fois symbolique et pratique, tout dans l’univers est mû par une force fondamentale, une énergie appelée Qi (prononcé tchi).

C’est ce Qi qui fait circuler les électrons dans les atomes. Il permet aux cellules de se multiplier, aux plantes et aux êtres vivants de croître. Il anime aussi le mouvement du vent et des astres.

On ne peut ni le voir ni le toucher, mais, comme c’est le cas pour l’électricité, on peut en percevoir les effets.

Chez l’humain, le Qi gère aussi bien les fonctions du corps que celles de l’esprit, qui en sont toutes des manifestations : marcher, digérer, penser et ressentir.

Ce flux énergétique continu circule dans tout le corps au moyen d’un réseau immatériel, mais précis, de voies appelées méridiens.

Le long de ces méridiens, il y a des points cutanés (en fait des puits), appelés points d’acupuncture, d’où l’on peut régulariser le débit du flot de l’énergie.

Lorsque le Qi circule bien et en quantité suffisante, l’organisme est en santé, la pensée, claire et les réflexes, vifs.

Lorsqu’il stagne, est contraint ou bloqué, on se sent faible, lourd et sans vitalité. Le Qi peut être perturbé par plusieurs facteurs, internes ou externes (voir Causes des maladies ci-dessous).

Les deux pôles : le Yin et le Yang

Pour les Taoïstes, l’équilibre n’est jamais statique, mais  en constant mouvement entre les deux forces opposées, complémentaires et interdépendantes que sont le Yin et le Yang (représentées dans le symbole dynamique noir-Yin-matière et blanc-Yang-lumière du Tao).

Le Yin représente les forces de type passif, intériorisées : obscurité, froid, profondeur, humidité, etc.

Le Yang désigne les forces de type actif, extériorisées : lumière, chaleur, surface, sécheresse, etc.

Comme le jardin qui a autant besoin de la pluie (Yin) que du soleil (Yang), tous les organismes ont besoin de ces deux forces.

Le Yin et le Yang sont toujours en relation dynamique : lorsque l’un croît, l’autre décroît. Dans tous les cycles naturels, le Yin et le Yang se succèdent sans cesse, comme le jour succède à la nuit, l’action au repos, l’inspiration à l’expiration et vice-versa.

Chez un individu en bonne santé, les mouvements du Yin et du Yang sont harmonieux. Mais quand l’un vient à faiblir ou à manquer, l’autre prend le dessus et se manifeste par les symptômes qui lui sont propres.

Un manque de Yang, par exemple, se traduit par un teint pâle, de la frilosité, des selles molles (pâleur, froideur, mollesse étant des caractéristiques Yin).

Mentionnons que, selon la pensée chinoise, les principes du Yin et du Yang se retrouvent tant dans la nature (eau-feu, nuit-jour, contraction-expansion, etc.), que dans l’anatomie (interne-externe, Foie-Coeur, gauche-droite, etc.) et dans la physiologie (femme-homme, structure-fonction, descente-montée, etc.).

Il importe également de savoir que, pour la MTC, les organes et les éléments représentent des phénomènes qui dépassent la seule fonction qu’on leur reconnaît dans l’anatomie et la pensée occidentale.

C’est pour cette raison qu’ils sont écrits avec une majuscule.

Les cinq éléments (ou mouvements) : Métal, Bois, Terre, Feu, Eau

Dans quelque phénomène que ce soit, l’alternance entre l’état Yin et l’état Yang ne se fait pas instantanément, mais par un processus constant de transformation.

Les Chinois ont déterminé 5 phases-clés (appelées mouvements) de ce processus. Chacun des 5 mouvements possède sa propre énergie de croissance ou de décroissance; il porte aussi le nom d’un élément.

Quand un phénomène quitte le Yin pour entrer dans le Yang, c’est le mouvement de la naissance, de l’aube, du printemps, de l’éveil, identifié par le Bois.

Au sommet du Yang, c’est l’entrée dans l’âge adulte (Feu).

Puis, viennent le mûrissement (Terre) et le vieillissement (Métal).

Avec la mort (Eau), le phénomène se retrouve de nouveau dans le Yin.

Les 5 éléments-mouvements se donnent vie dans un ordre précis, selon le principe d’engendrement : l’Eau engendre le Bois, qui engendre le Feu, qui engendre la Terre, qui engendre le Métal, qui engendre l’Eau.

Quant au principe de contrôle, il fonctionne dans le même sens, mais non linéairement : l’Eau contrôle le Feu, qui contrôle le Métal, qui contrôle le Bois, qui contrôle la Terre, qui contrôle l’Eau.

Il existe également un principe de contre-contrôle selon lequel un élément qui est en excès peut contrôler celui qui le précède.

Ensemble, les cycles d’engendrement, de contrôle et de contre-contrôle forment un système équilibré.

On s’en sert pour classifier tout phénomène naturel, mais aussi pour étudier les tissus humains et les relations des éléments entre eux.

La théorie des 5 mouvements s’applique également au tempérament d’une personne, à sa dynamique comportementale propre.

Les tempéraments Bois, par exemple, possèdent une énergie expansive et sont stimulés par le défi et l’action. Ils sont nourris par les types Eau, et sont nourrissants pour les types Feu. Par contre, ils entrent facilement en conflit avec les types Terre et Métal.

Comme c’est le cas dans tout autre système de classification des tempéraments, aucun individu ne correspond à un type pur. Il est un peu de chacun, dans un équilibre particulier, avec une prédominance plus ou moins accentuée.

Selon la MTC, le corps renferme les Organes (Reins, Foie, Cœur, Rate et Poumons), les Entrailles (Vessie, Vésicule biliaire, Petit intestin, Estomac et Gros Intestin), et les 5 «substances vitales».

Les Organes

Il y a 5 Organes, chacun correspondant à un élément (ou mouvement) : Foie (Bois), Coeur (Feu), Rate (Terre), Poumon (Métal) et Rein (Eau).

Ces viscères « pleins », de nature Yin, ont pour rôle, ensemble, de produire, transformer et emmagasiner l’énergie, le Sang, les Liquides organiques, le Jing et le Shen.

Par ailleurs, chacun de ces organes joue aussi des rôles spécifiques : par exemple, abriter l’esprit pour le Cœur ou faire monter le « Yang pur » pour la Rate.

Les Entrailles

Il y a cinq entrailles : Vésicule biliaire (Bois), Intestin grêle (Feu), Estomac (Terre), Gros Intestin (Métal), Vessie (Eau).

De nature Yang, ces Viscères « creux » ont pour rôle conjoint de recevoir, transformer et excréter les liquides.

Les Entrailles possèdent également des rôles spécifiques (l’Intestin grêle «sépare le pur de l’impur»).

Les cinq substances vitales

Parmi ces 5 substances, les 3 premières sont immatérielles et qualifiées de Trois Trésors.

Tout d’abord, il y a le Shen, qui est la conscience organisatrice, l’esprit créateur individuel, qui joue un rôle prépondérant dans la santé mentale.

Il y a ensuite, le Qi, puis le Jing, l’essence, c’est-à-dire les caractéristiques propres à chaque être vivant. Une certaine quantité de Jing, limitée et non renouvelable, nous est transmise par les parents : c’est le Jing inné, le capital vital de l’espèce. Par contre, l’air et l’alimentation nous fournissent le Jing acquis, qui permet d’entretenir le Jing inné.

Aux Trois Trésors s’ajoutent 2 substances matérielles, soit le Sang et les Liquides organiques, qui nourrissent et humidifient tous les tissus et organes.

Les causes des maladies en MTC

La plupart du temps, la MTC tente de circonscrire les causes des maladies en qualifiant les types de déséquilibres (Vide, Excès, Stagnation, etc.), et en déterminant quels Viscères ou quelles fonctions ils touchent.

Les causes peuvent être externes (symbolisées par des conditions climatiques), internes (surtout de nature émotive) ou autres.

Les 5 causes externes sont le Vent, le Froid, l’Humidité, la Chaleur et la Sécheresse. Ces conditions climatiques sont cause de maladies lorsqu’elles sont excessives ou lorsque l’organisme est trop faible pour les endurer.

Elles attaquent alors par la bouche, le nez ou les voies cutanées.

Le Vent et le Froid combinés, par exemple, peuvent provoquer des éternuements, de la fièvre, des raideurs musculaires, etc.

Bien sûr, si on dit qu’une maladie est causée par un Feu du Foie par exemple, ça ne signifie pas que le Foie est physiquement plus chaud, mais qu’il est exagérément actif, qu’il prend trop de place, qu’il «surchauffe».

Les 7 causes internes sont la Colère, le Chagrin, la Tristesse, la Frayeur, la Joie, le Souci et la Peur.

En effet, selon la MTC, les facteurs émotionnels influencent fortement la santé. Chaque émotion blesse l’Organe auquel elle est associée.

À titre d’exemple, la Colère blesse le Foie; et la Peur, les Reins.

Les autres causes sont toutes celles qui ne concernent ni les facteurs climatiques ni les émotions. Ce sont :
- une constitution faible; 
- le surmenage; 
- une vie sexuelle excessive ou frustrée; 
- les blessures et les accidents; 
- les parasites et les poisons; 
- l’alimentation (un manque d’équilibre dans l’hygiène alimentaire).

Les modes de diagnostic en Médecine traditionnelle chinoise

Le praticien en MTC cherche non pas à poser un diagnostic, mais à percevoir les perturbations susceptibles de mener à une disharmonie.

C’est seulement en observant ces perturbations qu’il peut observer leurs manifestations. Le praticien procède donc par observations, questions et palpations.

Observations. Le praticien en MTC observe le teint, les yeux, les ongles, les cheveux, la respiration, l’haleine, le son de la voix, l’état émotif, les selles et autres excrétions, etc.

Pour lui, la langue est une source majeure de renseignements, tant par son volume, sa forme, sa couleur, sa texture, que par les caractéristiques de l’enduit blanchâtre qui la recouvre.

Questions. Le praticien questionne le patient sur ses malaises, ses antécédents familiaux, son sommeil, son appétit, etc.

Palpations. Le praticien vérifie la texture, l’humidité, la température et l’élasticité de la peau; le tonus musculaire, l’excitabilité des tissus, etc.

Le pouls est également un mode de diagnostic fondamental, car il permet d’examiner l’état du Qi. En effet, c’est grâce à la force du Qi que le sang circule. Avec 3 doigts, le praticien prend 3 pouls différents sur l’artère de chacun des poignets. Le premier pouls donne de l’information sur la poitrine, le deuxième sur le haut de l’abdomen, le troisième sur le bas de l’abdomen. Au poignet gauche correspondent les organes Yin et au poignet droit, les organes Yang. Différentes caractéristiques, dont certaines peuvent se combiner, sont attribuées aux pouls (rapide, flottant, percutant, faible, vigoureux, fluide, noyé, etc.), chacune étant un indice.

Pour interpréter les données, le praticien doit se référer aux 8 principes directeurs, Yin-Yang, Chaud-Froid, Vide-Excès, Intérieur-Extérieur, qui lui permettront de déterminer les caractéristiques (état, qualité, situation) du Qi dans le corps et par conséquent, de prescrire le ou les traitements les plus appropriés: changement de diète, traitement d’acupuncture ou pratique d’exercices de Qi Gong, par exemple.

Applications thérapeutiques de la Médecine traditionnelle chinoise

Un examen exhaustif de la littérature scientifique montre bien que la Médecine traditionnelle chinoise, bien que différente du système médical occidental, est un système de santé cohérent à part entière.

De nombreuses recherches cliniques spécifiques, de qualité variable, au sujet des applications thérapeutiques particulières de chacune des branches de la MTC (acupuncture, diététique chinoise, massage Tui Na, pharmacopée chinoise et exercices énergétiques – tai-chi et Qi Gong) ont été effectuées.

Les problèmes les plus souvent évalués sont la constipation, le diabète, la démence, le trouble de déficit de l’attention, l’épilepsie, les maladies cardio-vasculaires, l’endométriose, la dépression et le syndrome de l’intestin irritable.

Conclusion

L’être humain est un tout complexe. Le maintien de son équilibre repose sur un mode de vie sain, tant psychologique que physiologique, mais dépend aussi de nombreux autres facteurs.

Comme l’enseignent les philosophies orientales depuis des millénaires, tout, dans l’univers, est inter-relié.

La Médecine traditionnelle chinoise est une façon de voir l’univers et ses interrelations. Elle peut devenir un outil pour mieux se connaître. Et, qui sait, aider à atteindre cette harmonie à laquelle l’être humain aspire.

Vacances !

Nous suspendons les cours pour deux petites semaines

pendant les vacances scolaires du 20 avril au 10 mai.

Les cours reprennent donc le mercredi 10 mai.

(la salle est utilisée par la mairie le mardi 9 mai et ne sera donc pas disponible)

Remplissez vous de printemps !