ÉLOGE DE L’ARBRE

par Jean Pélissier

Méditer sur l’arbre, c’est méditer sur la Vie elle-même.

L’arbre, majestueux et silencieux, nous rappelle notre appartenance aux « San Bao », les trois Trésors de la philosophie taoïste :

le Ciel, l’Homme et la Terre.

Au centre de cette trinité, l’arbre devient un symbole universel, un lien vivant entre le Ciel et la Terre, et une source de sagesse pour celui qui sait l’observer et l’écouter.

En enlaçant un arbre, nous ne faisons pas qu’un geste poétique :

nous nous connectons à son énergie profonde.

Les taoïstes l’ont compris depuis des siècles et ont intégré « l’arbre » dans leurs pratiques de Qi Gong.

L’arbre, par sa capacité à capter les rayons du soleil, transforme la lumière en Vie.

En produisant de l’oxygène, il offre au monde l’énergie de l’air, un élément vital.

Et dans un élan d’altruisme silencieux, il nous protège également des rayons ardents du soleil, et sa canopée, tel un immense parasol, nous enveloppe d’une douce fraîcheur bienfaisante lorsque nous nous asseyons sous son ombre.

Mais l’arbre est bien plus qu’une source d’énergie ou de protection.

Il est un modèle de vie et d’équilibre.

Sa structure incarne l’harmonie des cycles naturels et des saisons, nous enseignant à vivre en phase avec elles.

Le printemps, par exemple, symbolise la renaissance et l’élan vital ;

l’été, la plénitude et l’expansion ;

l’automne, la récolte et le détachement ;

l’hiver, l’introspection et le repos.

Ces étapes universelles s’étendent à une cinquième saison :

le moment de transition, où l’arbre se prépare à ces cycles, illustrant l’art de l’adaptation et de la prévoyance.

Ainsi, les cinq saisons de l’arbre reflètent les rythmes essentiels de la vie.

L’arbre, dans la philosophie Taoïste, est lié à l’élément Bois et au Foie, organe associé à la croissance et à la gestion des émotions.

Comme lui, il pousse vers le haut, cherchant à s’élever tout en gardant ses racines profondément ancrées.

En méditant sous un arbre, nous pouvons harmoniser nos émotions, apaiser nos colères et retrouver un élan vital en phase avec la nature.

Prenons l’exemple du bonsaï, cet arbre miniaturisé qui concentre en lui la sagesse de la nature.

Dans cette allégorie, le feuillage représente le Ciel et nos pensées.

Si nous laissons nos pensées se disperser sans limite, elles débordent et étouffent notre être, tout comme un feuillage incontrôlé peut déstabiliser un bonsaï.

Le tronc, quant à lui, symbolise notre corps, solide et ancré, tandis que les racines, nourries par la terre, reflètent notre alimentation et nos bases vitales.

Si nous donnons trop d’engrais ou d’eau, les racines pourrissent, tout comme l’excès de nourriture ou de désirs peut affaiblir l’humain.

Pour les taoïstes, l’arbre est un maître silencieux.

Il nous enseigne la patience, la persévérance et la capacité à se développer à son rythme.

Certains rituels taoïstes consistent à imaginer ses racines profondément enfoncées dans la terre et ses branches caressant le ciel, créant une connexion entre l’énergie terrestre et cosmique.

Et comme nous, cet arbre est mortel et retournera à la terre.

Certains auront été déracinés par de fortes tempêtes et seront emportés dans la mer pour devenir ces bois flottés qui décoreront nos intérieurs.

Chez les animistes, l’âme du bois perdure à travers de magnifiques sculptures.

Et béni soit le bois qui réchauffe les cheminées et permet ces longues soirées d’hiver au crépitement enchanteur.

L’arbre nous invite à un retour à la simplicité et à l’équilibre.

Il nous enseigne que la vie est faite de cycles, d’échanges et d’énergies partagées.

Au-delà de son symbolisme spirituel, l’arbre joue un rôle essentiel dans l’équilibre écologique de notre planète.

Il purifie l’air, stabilise les sols et offre un refuge à d’innombrables espèces.

En prenant soin des arbres, nous prenons soin de notre avenir.

Méditons sous ses branches,

connectons-nous à sa sagesse et laissons-le nous guider sur le chemin d’une existence plus harmonieuse.

Bonne Année du Serpent de Bois

Cet animal amphibie du zodiaque, à la fois intelligent, élégant, indépendant et impitoyable, commencera son règne cosmique le 29 janvier 2025

Ce signe est réputé pour son intelligence, son calme et son charme naturel. 

Sous son influence, l’énergie Yin féminine et réceptive dominera, nous invitant à la réflexion et à la prise de recul plutôt qu’à l’action précipitée.

Dans la nature, peu d’animaux sont aussi redoutés que les serpents. 

Mais également dans de nombreuses cultures, ces créatures rampantes représentent le renouveau en raison de leur capacité à changer de peau. 

Le serpent est un animal puissant, élevé à la hauteur d’un dieu, incarnant la sagesse et l’intuition pour plusieurs civilisations comme les Mayas, les Chinois et les Égyptiens.

Dans l’Empire du Milieu, il est synonyme de clairvoyance et son énergie est mystérieuse, introspective, réceptive, froide et protectrice. 

En Chine, cet animal est en effet associé à la fois à la longévité et à la mort, puisque son poison est à la fois le mal et son remède. 

Le bois représente la créativité, la sagesse et le savoir. 

Ces caractéristiques sont très en phase avec l’énergie du serpent, qui assure une année d’abondance et d’innovation.

Le Serpent, gardien des secrets millénaires, apporte une énergie introspective et visionnaire, idéale pour ceux qui cherchent à approfondir leur connaissance de soi et à explorer de nouvelles voies.  

Le Bois, élément associé à la croissance et à la flexibilité, renforce cette dynamique en favorisant l’innovation et l’adaptabilité

Attendez-vous à une année riche en surprises et en opportunités, où la spiritualité et le développement personnel seront à l’honneur. 

Cependant, attention aux non-dits et aux mystères non résolus, car le Serpent sait se faufiler là où on l’attend le moins ! 

Bonne Année du Serpent de Bois !

JEUDIS FÉRIÉS

En 2025 nous avons plusieurs jeudis fériés

où il n’y aura pas de cours.

Il s’agit du Jeudi 1er Mai

du Jeudi 8 Mai

et bien sur du Jeudi de l’ascension, le 29 Mai.

Si vous le pouvez, profitez de ces fériés pour

découvrir les cours du Mardi soir ou du Mercredi soir.

Vous y serez accueillis avec plaisir !

Le long fleuve tranquille

par Jean Pélissier professeur en MTC

Dans la philosophie taoïste, la vie est souvent comparée à un fleuve,

une métaphore intemporelle qui évoque à la fois la douceur de l’écoulement,

mais aussi la puissance de l’irréversible.

Dans certains textes, François Cheng décrit le fleuve comme

« le symbole du temps qui s’écoule, unidirectionnel et irrémédiable ».

Mais bien évidemment, il ne s’arrête pas au premier degré de cette vision.

Dans une vision linéaire du temps,

chaque instant succède à un autre comme les eaux du fleuve avancent vers leur destination finale,

la mer infinie.

Nous sommes dans la dualité.

Un avant succède à un après.

Un crépuscule précède une aube, une naissance précède un passage.

Ce parcours, tel un voyage initiatique, commence souvent dans les montagnes,

là où les sources d’eau jaillissent limpides et pleine de promesses.

Comme ce nouveau-né au sourire contagieux,

ces eaux naissent dans les hauteurs pures et cristallines,

qui incarnent la fraîcheur et l’innocence de nos premières années.

Mais le fleuve poursuit son cours.

Il quitte peu à peu les hauteurs pour se plonger dans les plaines.

Il s’élargit, s’alourdit, se salit et parfois même s’enlise.

Et, dans certains cas même, la vie n’est plus un long fleuve tranquille.

Ce fleuve en avançant rencontre des obstacles, des rochers, des tourbillons et parfois même des cataractes rugissantes.

Cela symbolise les crises et les bouleversements que nous affrontons dans notre existence.

Cependant, le fleuve survit toujours.

Pourquoi ?

Parce qu’il se nourrit, il se régénère en permanence.

En effet, le fleuve pour exister ne voyage pas seul.

Tout au long de son parcours,

il reçoit des affluents, des rivières et ruisseaux qui viennent enrichir sa vitalité.

Une rencontre, une lecture marquante, un apprentissage,

une épreuve loin de le détourner de son chemin, le rend plus riche et plus profond.

Même les expériences difficiles,

les pertes ou les échecs deviennent des affluents qui enrichissent notre profondeur intérieure et nourrissent notre âme.

Ainsi, même si le fleuve subit parfois des tempêtes,

des crues soudaines ou des périodes d’assèchement,

il continue inéluctablement à couler, porté par tout ce qu’il a intégré sur son chemin.

Les tempêtes de la vie, qu’elles soient émotionnelles, physiques ou mentales, sont inévitables.

Des cataractes tumultueuses aux tourbillons qui semblent nous aspirer,

chacun traverse des moments où l’équilibre sur ce fragile esquif risque de l’emporter à tout jamais.

Mais il existe une leçon essentielle que le fleuve nous enseigne :

sous l’agitation apparente, la profondeur reste toujours immobile.

Retrouver cette eau calme nécessite une pratique.

Dans les traditions taoïstes, ces techniques sont nombreuses :

la respiration consciente, la contemplation ou encore des exercices de Qi Gong et de méditation.

Ces pratiques nous apprennent à pénétrer à l’intérieur de nous-mêmes

là où la paix est toujours accessible.

En effet, même si la surface de l’eau est agitée par les vents de la vie,

nous immerger dans les profondeurs de notre être nous permet de retrouver calme et repos.

Mais attention à ne pas s’arrêter à cette conception linéaire du temps.

Nous risquons de voir ce voyage en sens unique et sans retour,

amplifiant chez beaucoup la peur de la mort.

Mais qu’en serait-il si nous réintroduisions une vision cyclique,

plus proche, évidemment, de la pensée taoïste ?

Et du coup, la mer n’est pas la fin, mais une renaissance.

Les eaux du fleuve en rejoignant l’océan s’évaporent sous l’action du soleil,

formant des nuages qui retourneront à la montagne sous forme de pluie.

Ainsi la vie reprend, perpétuellement renouvelée.

Ainsi, le fleuve ne se dilue pas.

Il participe à un cycle infini où chaque goutte conserve sa place dans le grand tout.

La mer devient alors une promesse d’éternité plutôt qu’un lieu de disparition.

L’image du « long fleuve tranquille » lorsqu’elle est comprise dans toute sa profondeur

devient un éloge à la vie elle-même.

Elle nous invite à accepter le mouvement naturel des choses,

la source, le cours et l’océan.

Nulle question d’angoisse, de perte,

mais juste une continuité et une harmonie avec les lois universelles.

Le fleuve nous enseigne à avancer avec sérénité,

à accueillir les hauts et les bas avec une tranquille certitude,

en comprenant que rien ne disparaît vraiment.

Même dans les moments les plus agités,

un refuge intérieur et à notre portée, là où les eaux deviennent limpides et calmes.

Bonne Année 2025 !

Vive cette nouvelle année 2025 !

Qu’elle soit remplie de joie et de moments précieux à partager.

Souhaitons-nous de découvrir de nouvelles expériences et de renforcer les liens qui nous tiennent à cœur.
Bousculons la routine et prenons le temps d’apprécier les petites choses qui rendent la vie si belle.

Croyons en nos rêves, car ils sont à portée de main.

Chaque jour est une nouvelle chance d’apprendre et de s’épanouir.
N’oublions pas de prendre soin de nous et de ceux que nous aimons.

La santé est un précieux cadeau que nous devons tous chérir.
Osons regarder vers l’avenir avec optimisme.

Ensemble, faisons de 2025 une année mémorable, pleine de rires et de bonheur partagé.

ÉLOGE DE L’INTUITION


Éloge de l’intuition par Jean Pélissier
L’intuition, cette « petite flamme intérieure », est une lumière précieuse qui éclaire notre chemin dans les moments de doute ou d’incertitude. 
Elle est capable de guider nos pas dans l’obscurité de l’inconnu. 
Ce sont les « perches de la vie » que nous tend le Ciel.
Mais pour cela, encore faut-il se mettre à l’écoute de notre âme, cette « parcelle de Dieu » qui fait de chacun d’entre nous des êtres divins.
Les taoïstes appellent l’âme, le Hun, « l’âme spirituelle ». 
Ce Hun sait tout, connaît tout et il est là, en arrière-plan, pour nourrir notre Shen (notre mental, notre esprit, notre ego).
Selon le cycle des cinq éléments de la MTC, le Hun est incarné dans l’énergie du Foie, qui se trouve être la mère du Cœur, là où se situe notre Shen. 
Tout au long de notre vie, la mère nourrit son fils.
Dans ce monde pétri de matérialisme, déconnecté du Ciel, nombreux sont ceux qui se sont construits une véritable « carapace de l’ego ». 
L’âme est étouffée et n’a plus aucun moyen de s’exprimer.
Or, une des raisons de notre incarnation sur cette terre est de ne pas tout focaliser sur l’ego, mais d’ouvrir une fenêtre pour laisser place à cette petite voix intérieure. 
Cette vision nous permet aussi de comprendre que tous nos actes de vie, toutes nos expériences vécues, toutes nos accumulations de connaissances sont là pour nourrir notre âme, et non notre ego.

Comment ouvrir une fenêtre sur cette parcelle du Ciel incarné ? 
Par la méditation, en silence, dans la nature. 
Rester ainsi, respirer profondément, et permettre aux pensées de s’évanouir sans les retenir. 
Laisser émerger ce qui doit se manifester, sans jugement.
D’autres pratiques peuvent aussi nous aider, comme la marche en pleine conscience dans la nature, pour ressentir l’énergie des éléments. 
Chacun d’entre eux est une porte d’entrée pour se connecter à l’âme et écouter ses messages.
Attention à ne pas mettre de côté ses intuitions. 
Il faut prendre le temps de les suivre au quotidien, même pour de petites décisions.
C’est un grand moyen de renforcer la confiance en soi.
C’est entre une heure et trois heures du matin, ce que l’on pourrait qualifier de « le temps du Foie », que le Hun s’éveille, se met à vagabonder dans des espaces inconnus et vient puiser pour nous des éléments essentiels pour alimenter notre « câble de vie ».
Nous sommes intelligents en deuxième partie de nuit ! 
Mais ce n’est pas l’intelligence du Moi, c’est celle du Je.
Il est essentiel de maintenir son foie en bonne santé pour profiter pleinement de ce processus. 
Et surtout, de cultiver une paix intérieure avant le coucher
Cela permet au Hun d’éclairer notre conscience de manière claire et apaisée.
Il existe certains instants dans la vie où l’intuition devient fulgurance. 
C’est comme une lumière soudaine qui éclaire brièvement une situation, une idée, ou un sentiment, tel un éclair dans la nuit.
D’aucuns appellent ce type de fulgurance des « parcelles d’éveil ». 
Chacun d’entre nous peut y avoir accès, mais peu savent les reconnaître. 
Leurs œillères les empêchent de reconnaître ces dons du Ciel.
Pour que ces fulgurances deviennent accessibles, nous avons besoin de cultiver un état de calme intérieur, en adoptant des pratiques pour « purifier notre cœur », « ouvrir notre cœur ».
Certaines personnes sont tentées d’utiliser des drogues ou de l’alcool pour tenter de se connecter à leur âme, à leur « intuition primitive ». 
Baudelaire lui-même, dans « Les Paradis artificiels », a analysé les effets de certaines drogues sur l’esprit humain. 
Il parlait de ces états modifiés de conscience comme des illusions, des échappatoires temporaires qui éloignent l’individu de la réalité et de la véritable création artistique. 
Il parlait de « tentations trompeuses ».
Ces substances, en effet, comportent des dangers importants qui troublent durablement notre équilibre énergétique. 
Cette création d’illusions spirituelles peut très facilement mener à des états de dépendance destructeurs.
Une fois de plus, des pratiques naturelles comme la méditation, le Qi Gong, la contemplation, l’écriture, la musique, et la peinture offrent des voies beaucoup plus sûres, durables et harmonieuses pour laisser parler son âme et développer une véritable intuition

ÉLOGE de la SIMPLICITÉ

par Jean Pélissier

     L’éloge de la simplicité, selon le taoïsme, est une invitation à vivre de manière authentique, en harmonie avec le monde qui nous entoure.

C’est un appel à se débarrasser des artifices et à renouer avec la sagesse qui émane de la nature, pour accéder à un bonheur qui ne dépend pas de l’avoir, mais de l’être.

      « La simplicité est l’accomplissement suprême. Elle est une clarté qui ne renonce à aucune profondeur. Être simple, c’est être en accord avec le souffle premier, avec le rythme fondamental de la vie. » François Cheng

     Cela sous-entend que la simplicité ne se réduit pas à une absence de richesse ou de complexité, mais qu’elle représente au contraire une forme de pureté et d’harmonie profonde avec la nature et l’essence même de l’existence.

     La simplicité permet de prendre du recul et de ne pas se perdre dans les détails inutiles ou superflus. En évitant de « voir à la loupe » chaque phénomène, elle nous aide à saisir l’essence des choses dans leur globalité.

Ce recul permet de mieux comprendre les situations, sans être submergé par des complications ou des analyses excessives.

     En effet, la simplicité offre une perspective plus large et équilibrée, permettant de voir le tableau d’ensemble plutôt que de s’enliser dans des préoccupations ou des éléments secondaires.

     Elle favorise la clarté, la lucidité et une prise de décision plus éclairée.

Comme l’affirme souvent le taoïsme «  l’adoption d’une vision simple et naturelle aide à mieux s’harmoniser avec le monde, car elle nous reconnecte à ce qui est fondamental et essentiel ».

     Quand on applique la simplicité dans la vie quotidienne, on ne doit pas la concevoir donc comme un appauvrissement, mais un enrichissement.

Elle clarifie, libère et permet de vivre plus sereinement, tout en étant plus connecté à ses véritables aspirations.

     Comment arriver à cet état de simplicité, l’antichambre d’un état permanent de calme intérieur ?

     Avant tout, il est essentiel de prendre le temps de réfléchir à ce qui compte vraiment pour nous.

En identifiant nos valeurs fondamentales – telles que la famille, le travail, le développement personnel ou la reconnexion avec la nature – nous pouvons plus facilement organiser notre vie autour de ces priorités. Cela permet de concentrer notre énergie sur l’essentiel et d’éliminer les distractions inutiles.

    Il est également important de faire régulièrement le tri dans nos affaires, de simplifier notre espace de vie et de privilégier la qualité plutôt que la quantité.

Avez-vous remarqué la sensation de liberté d’esprit que vous ressentez après avoir réorganisé votre espace de travail ou votre lieu de vie ?

     Se créer des routines quotidiennes est tout aussi crucial.

Par exemple, planifier nos repas pour la semaine à l’avance, ou établir un rituel matinal et nocturne pour commencer et terminer la journée de façon sereine.

    Cela peut être comparé au tic-tac d’une horloge, à la régularité inlassable de son mouvement.

Chaque seconde est marquée par un simple « tic », suivi d’un « tac ».

     Cette simplicité rappelle que le temps avance de manière linéaire, de seconde en seconde, sans se presser ni ralentir. Il ne s’agit pas de se précipiter, mais de respecter un rythme naturel, fluide et constant. 

    Ce son régulier nous reconnecte à l’essence du temps, nous invitant à nous concentrer sur l’instant présent plutôt que de nous perdre dans la complexité des choses.

     Le tic-tac de l’horloge symbolise ainsi l’idée que la simplicité peut être trouvée dans la constance et la régularité, sans excès ni agitation. 

     Il reflète l’harmonie et la stabilité dans un monde souvent marqué par le changement et l’agitation, nous rappelant que parfois, la beauté réside dans la simplicité des cycles et du mouvement.

     Apprenons à simplifier nos pensées.

Dans nos réflexions et décisions, essayons de ne pas trop complexifier les choses.

Évitons de trop analyser les situations ou de nous perdre dans des hypothèses sans fin. 

     Faisons confiance à notre intuition, prenons des décisions basées sur les faits et lâchons prise sur ce que nous ne pouvons pas contrôler.

     Un autre moyen d’accéder à la simplicité :

mettre en place des rituels de gratitude, de prière.

     Chaque jour, prenons quelques minutes pour exprimer notre gratitude pour les choses simples de la vie.

Cela nous aide à recentrer notre attention sur l’essentiel et à cultiver une attitude positive, en nous rappelant que les petites choses suffisent souvent à apporter du bonheur.

     Tout comme l’eau, la simplicité permet d’avancer avec légèreté, en se libérant des charges superflues.

Il s’agit de laisser couler, de ne pas s’enliser dans les complexités de la vie, mais de se concentrer sur l’essentiel, avec clarté et sérénité.         

La fluidité de l’eau incarne l’idée que la vie simple est celle qui s’écoule sans effort, en harmonie avec le monde qui l’entoure.

     Et quelle meilleure conclusion à cet éloge que ce proverbe de Zhuang Zi :

« Celui qui est simple dans ses désirs est riche dans son cœur ».

ELOGE DE LA SOLITUDE

par Jean Pélissier

   La solitude est souvent perçue négativement dans nos sociétés modernes hyper connectées.     
Et c’est pourtant un élément essentiel
pour s’extraire des « dix mille » distractions et des préoccupations éphémères.     
La solitude nous offre un espace pour se reconnecter
avec la véritable nature de notre l’Esprit et avec le Tao, la Voie.   
 Il est dit : « le sage se retire et c’est ainsi qu’il progresse ».     
Le concept de Wu Wei, « le non-agir » est central dans le taoïsme.
Wu Wei ne signifie pas l’inaction totale,
mais plutôt une action en accord avec le flux naturel des choses.     
Nous devons accepter les moments de solitude
comme une partie naturelle de l’existence.     
En pratiquant le « non-agir »,
nous apprenons à être en paix avec nous-mêmes,
à apprécier le silence et à trouver la sérénité dans l’absence d’activité.     
Lao-Tseu explique :
« le Tao ne fait rien, mais rien n’est laissé de côté ».     
En se retirant dans la solitude,
on peut observer les rythmes naturels de la vie,
sans interférence, apprenant ainsi à agir en harmonie avec eux.     
Ces périodes de solitude nous permettent
de nous détacher des ambitions et des désirs artificiels
en cultivant une présence sereine et consciente.    
 
La nature est un modèle
et un compagnon précieux dans la pratique de la solitude.     
En se retirant dans la nature,
nous pouvons ressentir directement la grandeur et la simplicité du Tao.     
Les montagnes, les rivières et les forêts
deviennent des lieux de méditation et de contemplation
ou la solitude nous permet de nous reconnecter aux forces naturelles.     
La solitude nous permet de retrouver et cultiver ce calme intérieur,
cette ouverture du Cœur
qui sont autant d’éléments essentiels
pour un bon rééquilibrage de nos énergies.     
En effet, en étant  seul face à nous-mêmes,
nous pouvons méditer, contempler et trouver la paix intérieure,
loin des distractions et des influences extérieures.     
La solitude nous permet de « suivre notre propre nature ».
Elle nous permet de sonder nos désirs, nos peurs et nos motivations profondes.     
C’est un espace de liberté personnelle
où nous pouvons être authentiques et véritables.     
Lorsque nous nous retrouvons seuls, face à nous-mêmes,
sans information extérieure, sans portable ni écouteur,
nous nous mettons à « l’écoute de notre âme »,
cette parcelle de Dieu qui nous habite.     
Le Ciel aura tôt fait alors de nous envoyer « des perches de Vie »,
des « intuitions de Vie » qui nous permettront d’avancer sur le Chemin.     
Marcher seul en plein air,
se laisser imprégner par les sons et les lumières,
nous permet d’atteindre un état de « zénitude »,
qui est sans doute l’un des meilleurs remèdes offert par la nature.      
Soyez à l’aise avec vous-même quand vous êtes seul.       

ÉLOGE DE LA DIFFÉRENCE

par J Pélissier

Selon le taoïsme, la différence est à la base même de la manifestation.
Le Tao, « la Voie de la nature » embrasse et célèbre la diversité sous toutes ses formes.      
La diversité n’est pas quelque chose qui doit être corrigé,
mais une richesse à célébrer et entretenir.     
Le Yin Yang, ces deux forces opposées,
mais complémentaires illustrent parfaitement cette notion.
D’un côté nous avons le Yin
qui se caractérise par la douceur, la réceptivité, l’obscurité et l’immobilité
qui contraste, mais en même temps complète le Yang
avec sa force, sa lumière, son activité et son expansion.     
De même, la diversité des êtres et des choses crée une harmonie dynamique qui enrichit notre monde.
Dans la nature, il n’existe aucune uniformité.
Aucun minéral, aucune plante, aucun être vivant ne ressemble à l’autre. 
Chaque partie de la création est unique.   
 
Les bouddhistes ont depuis longtemps expliqué que l’uniformité,
qui s’oppose à la diversité,
tend vers une sorte de rigidité, de cristallisation qui s’oppose au dynamisme du Tao.     
Au premier degré, dans notre vie quotidienne,
nous pourrions dire que la différence peut être une source de conflit et d’incompréhension.
Mais, le Tao nous enseigne à prendre du recul,
à élargir notre perspective, à aller au-delà des apparences superficielles. 
Chaque individu, dans chaque culture, chaque forme de vie à sa place entre ciel et terre.
Et, il possède un rôle unique dans le grand schéma de l’existence.     
La peur de l’autre est souvent enracinée dans l’inconnu et le méconnu.
Nous avons tendance à craindre ce que nous ne comprenons pas ou ce qui nous semble étranger.
Cette peur peut mener à des préjugés, des stéréotypes et,
dans les cas extrêmes, à la discrimination et à l’exclusion.     
En acceptant la diversité,
nous faisons un pas vers la compréhension et l’empathie, réduisant ainsi cette peur.     

La dualité est à l’origine de notre temps terrestre.
Une succession d’avant et d’après.
Tout est impermanence, dans le flux perpétuel de la voie du Tao.
Cette fluidité naturelle nous enseigne à être flexibles,
à apprécier les variations et à trouver la beauté dans le changement. 
   
C’est Zhuang Zhi qui disait :
« Le sage ne se préoccupe pas de l’unité ou de la multiplicité, de la similitude ou de la différence.
Il se contente de contempler l’harmonie naturelle des choses. »     
La véritable sagesse réside dans l’acceptation des choses telles qu’elles sont.
Accepter l’autre est une composante essentielle de l’harmonie.
Mais s’accepter soi même, accepter sa propre différence,
les multiples facettes qui composent le Moi
a aussi son importance dans ce flux de l’équilibre.   
 
Lao Tzu lui-même disait :
« Connaître les autres, c’est être intelligent.
Se connaître soi-même, c’est être éclairé.
Vaincre les autres, demande de la force.
Se vaincre soi-même demande du courage. »
   
 
Notre monde moderne a tendance à voir la diversité comme une complexité inutile.
Elle essaye de la contraindre dans une uniformité qui nous fait sortir des lois de la nature.      
En réalité, la diversité révèle la profondeur et la richesse de la vie.      
La méditation nous permettra de changer notre perception des choses,
d’adopter une attitude plus ouverte. 
La différence n’est pas une barrière, mais une incroyable opportunité d’apprentissage et de croissance.     
Ne pas voir l’autre comme son propre miroir.
Ne pas tenter de le modeler à notre propre image.
Apprendre de l’autre pour s’enrichir.
Transmuter le jugement négatif en amour inconditionnel.     
Célébrer la différence, c’est reconnaître la valeur intrinsèque de chaque élément de l’univers.
C’est comprendre que la différence contribue à l’équilibre et à l’harmonie du tout. 
   
C’est cela vivre en accord avec le Tao.
Embrasser la diversité avec respect, amour et gratitude.     
La diversité est l’expression vivante du Tao
et la respecter nous rapproche un peu plus de l’harmonie universelle
qui est au cœur du taoïsme,
nous rapproche un peu plus du Ciel, du Créateur.
 

MUDRAS 4

Hakini aide la pensée et la concentration. Il donne de la puissance au cerveau.

Les doigts des deux mains sont ouverts et se rejoignent tout en gardant les paumes séparées. Les mains sont au niveau de l’estomac.