Le CHAMPIGNON parfumé

Le Champignon parfumé, Xiang Gu  par Jean Pélissier professeur en MTC

En chine, il est connu depuis la nuit des temps.  On retrouve ainsi sa trace il y a plus de 7000 ans.  Sous la dynastie des Ming, un célèbre médecin l’a catalogué comme « élixir de longue vie ».

Ce champignon a la particularité en effet d’être très parfumé, ce qui donne un goût extraordinaire dès qu’on l’incorpore à une soupe.

En Occident on le connaît sous sa traduction japonaise de Shiitake. Dans Shiitake, Shii est l’arbre où pousse ce champignon qui est proche du chêne et Take voulant dire « champignon poussant sur.. »

C’est donc un champignon qui parasite le bois. Son habitat naturel se trouve à des hauteurs entre 2100 et 2400m en Chine.

C’est le deuxième champignon le plus cultivé au monde et le premier producteur en est la Chine.

Selon la qualité, l’origine, son prix peut énormément varier.

C’est un met royal pour les végétariens. Chez les Chinois il est considéré comme un produit de luxe.

Que dit la médecine chinoise ?

Le champignon parfumé est de nature DOUCE et NEUTRE.

Les méridiens organes cibles sont :

                  la Rate, 

                  et l’Estomac.

Actions principales :

                  Il tonifie et favorise la circulation du Qi.

                  Il dissout le Tan.

                  Il renforce la Rate.

                  Nourrit le sang.

                  Favorise la sortie des exanthèmes dans la phase initiale.

                  Il a des propriétés apéritives.

Les principales indications sont :

*Le champignon parfumé est très utile dans le cas de vide de Qi de la Rate, avec de la fatigue, un souffle court et une perte d’appétit.

*Quand il y a un vide de sang, le cerveau n’est pas assez nourri et cela peut entraîner des vertiges avec un teint pâle. Mais il renforce aussi la qualité même du sang.

*Le Shiitake est connu pour ses vertus tonifiantes exceptionnelles. On l’utilise dans les problèmes de fatigue chronique, de convalescence, chez les personnes âgées ou anémiées.

*Il permet de réguler la voie urinaire dans les problèmes de miction fréquente ou dans les incontinences urinaires, tout simplement parce qu’il augmente le Qi.

* Son action est remarquable dans l’augmentation des défenses immunitaires, la recharge de la batterie des reins.

*Il favorise la sécrétion de la bile et prévient les calculs biliaires.

 

 

 

 

 

Que disent les recherches modernes ?

C’est un des produits qui est le plus étudié à l’heure actuelle dans le monde. Il n’y a pas un jour où une publication ne sorte à son sujet.

*Dans ce champignon, on a découvert un principe actif qui est la lentinane. C’est un sucre aux propriétés anti cancers. En effet on a pu se rendre compte des effets extraordinaires de ce champignon dans la prévention des cancers. Et il est largement utilisé dans le monde entier comme complément de la chimiothérapie.

*D’autre part c’est un antifongique et un antibactérien très puissant.

*C’est un très bon antioxydant.

*En tant qu’antiviral on s’en sert évidemment pour prévenir les maladies saisonnières et la grippe. Mais des recherches récentes ont pu mettre en évidence son action de diminution de la charge virale chez les personnes porteuses du VIH.

*Il contient pléthore de vitamines, et entre autres un taux élevé de vitamine D.

*Par l’augmentation des défenses immunitaires et son action sur les maladies cardio-vasculaires c’est le champignon « antivieillissement par excellence ».

Mode d’utilisation

*Il faut savoir que ce champignon a son goût et ses actions optimales quand il est conservé sous forme desséchée. Frais il est très fragile et peut perdre une grande partie de ses propriétés.

*On le trempe dans l’eau pendant deux ou trois heures. On enlève ensuite le pied, car ce dernier est dur et difficile à mâcher. Mais il ne faut pas le jeter, car il a des propriétés médicinales concentrées.

Quand vous faites une soupe, vous le mettez dedans Il va donner tout son parfum  et ses propriétés et ensuite vous l’enlevez.

*On coupe le chapeau en lamelle pour le faire sauter, cuire à la vapeur, faire une soupe, un plat végétarien. Il est délicieux de goût, quelle que soit sa forme de préparation.

*La consommation moyenne pour avoir un effet thérapeutique est de 10gr/jr par cycle de 9 jours.

 

 

 

 

 

 

Contre-indications

*C’est un aliment à éviter en cas d’urticaire chronique, car il risque d’augmenter ou de déclencher la crise. On dit en MTC que c’est un produit qui agite le vent.

*Il faut éviter de le consommer de manière excessive en cas de stagnations d’aliments.

La CIBOULE

LA CIBOULE   par Jean Pélissier professeur en MTC

La ciboule se nomme Cong Bai 葱白  en chinois.

Cong pour ciboule et Bai qui signifie « blanche ». C’est celle qu’on préférera quand on l’utilisera pour ses vertus médicinales. 

Son nom latin est Allium Fistulorum. C’est une plante herbacée de la famille des Liliacées, cultivée pour ses feuilles aromatiques.

Condiment par excellence de la cuisine asiatique, elle est cultivée dans le monde entier.

On l’appelle aussi cébette, cive, oignon d’Espagne, chiboule ou ail fistuleux.

Ses tiges sont plus épaisses que la ciboulette. Elle est creuse, charnue, longue et sa racine forme un bulbe blanc très allongé, qui se confond avec le départ de la tige.

Souvent il y a confusion avec le jeune et petit oignon blanc.

L’étude de la ciboule nous permet de mettre en évidence la frontière très ténue qu’il  y a entre la pharmacopée traditionnelle chinoise et la diététique quotidienne. En effet Cong Bai fait partie intégrante des compendiums de pharmacopée chinoise.

C’est le grand Yao, le grand « médicament »  qu’on doit prendre en cas de rhume ou de début d’état grippal.

Mais c’est aussi un « réchauffant », un antalgique et un diurétique.

En pharmacopée donc, on utilise la partie blanche de la ciboule et même les racines.

Selon la théorie des signatures, le blanc est à mettre en relation avec les poumons.

Quand on utilise les racines, c’est que l’on veut agir plus sur le bas ventre.

La partie haute et le début du bulbe sont utilisés dans la cuisine populaire.

Que dit la médecine chinoise ?

Cong Bai, la ciboule à une nature tiède et une saveur piquante.

Rappelons-nous que les plantes  de nature tiède réchauffent l’interne et dispersent le Froid. La saveur piquante permet en outre, de disperser les agents pathogènes ( microbes, virus..), logés en superficie, souvent grâce à la transpiration.

Les organes méridiens cibles sont ceux :

                  Du Poumon et

                  de l’Estomac.

Cong Bai a pour principales actions de :

                  Libérer et dégager le Biao.

                              Le Biao représente la surface du corps (ici les pores de la peau).

                  Il est sudorifique.

                  Il perméabilise les voies du Yang,

                  neutralise les toxines,

                   il est Antipyrétique,

                   stomachique,

                  diurétique.

La ciboule est indiquée :

                  En cas d’attaque de la perversité Froide, surtout à son début.

                  Crainte du froid (dans les états grippaux),

                  syndrome Yin Froid avec douleurs abdominales. 

                  Gastralgie et hyperacidité gastrique.

                  Diarrhée cholériforme.

                  Difficultés à la miction.

                  Œdèmes infectieux.

 

Voyons un peu ce que disent les compendiums de pharmacopée chinoise :

*En cas de toux avec écoulement de nez clair, il faut rajouter de la ciboule dans ses plats. Elle a en effet des vertus expectorantes. De même, on pourra en faire une décoction en cas de coups de froid sur le ventre  avec douleurs abdominales.

*Yong Yao Xin Fa : « La ciboule fait communiquer et perméabilise le Qi et le Yang. Elle permet au Vent pervers de se dégager au-dehors ».Je vous rappelle qu’en M.T.C., le « vent pervers » est le vent du climat, mais aussi tout ce que véhicule ce vent, en particulier les virus, microbes et autres agents pathogènes.

*Si en plus de l’écoulement nasal et de l’éternuement, on a une impression de froid pouvant aller jusqu’aux frissons et tremblements, avec un début de fièvre (état grippal), il faut alors rajouter absolument à la ciboule en décoction, trois tranches de  gingembre et une écorce de cannelle.

Après la prise de cette décoction, il faut bien se couvrir et attendre qu’une transpiration abondante apparaisse.

Que disent les recherches modernes ?

La ciboule est antiputride, digestive et carminative.

Elle est très riche en antioxydants (vit. C, flavonoïdes…), en sels minéraux et en Vit. B.

Une étude épidémiologique démontre que la consommation de légumes de la famille des alliacées (incluant la ciboule, l’ail et l’oignon) pourrait prévenir les cancers de l’estomac et de l’œsophage.

 

 

 

 

 

 

Mode de préparation.

En pharmacopée, en usage interne la dose moyenne se situe en 10-18gr par jour. On peut donc le broyer pour des applications externes.

*Dans la cuisine, on l’utilise souvent en entier (feuille et bulbe), hachée ou émincée, sous forme de condiment en remplacement de l’oignon qui a un goût plus fort.

Elle est souvent cuite très brièvement, mais les feuilles peuvent dans certaines préparations être consommées crues.

Elle peut être incorporée dans les salades, les soupes, dans les nouilles, les plats de viande au Wok. C’est la grande garniture du canard laqué.

*La ciboule est un condiment de choix donc, très souvent rajoutée dans les plats de viande ou de poisson, car elle atténue les risques d’intoxication alimentaire. Elle favorise aussi la digestion du bol alimentaire. Ayant des vertus apéritives, elle est indiquée chez les personnes faibles ayant peu d’appétit.

*Très facile à trouver dans les magasins Bio et les épiceries chinoises, elle se conserve 2-3 jours dans son réfrigérateur, enveloppé dans du papier absorbant ou dans un linge humide.

 

 

 

 

 

 

Contre-indications

Il faut éviter de consommer de la ciboule, surtout en décoction (préparation médicinale) en cas de transpiration abondante par faiblesse du Biao. Le Biao en médecine chinois représente entre autres la surface du corps et les pores de la peau. Or, la peau et le Poumon sont un même organe.  De telles préparations pourraient encore plus affaiblir l’organisme.

L’association de ciboule crue et de miel au cours d’un même repas pourrait être à l’origine de diarrhées importantes.

On doit en consommer très peu en cas de maladies rénales.

 

Conclusion

À l’heure actuelle de nombreux chefs étoilés se servent de cette plante pour donner des goûts très subtils à certaines de leurs préparations culinaires.

Mais c’est aussi un produit phare de la pharmacopée. Il entre dans cette panoplie de la « pharmacie du Bon Dieu » que toutes cuisinières chinoises se devaient de connaître quand il s’agissait de traiter leurs enfants qui présentaient les premiers symptômes « d’attaque externe ».

Certaines personnes rétorqueront qu’elles préféraient alors prendre un bon grog à base de citron et de rhum. Tous les goûts sont dans la nature……

 

La Mandarine

Mandarine         par Jean Pélissier professeur en MTC

La mandarine se nomme Ju Zi 桔子 en chinois.

Son nom latin est Citrus Reticulata.

C’est un fruit originaire d’Extrême Orient (Chine-Viet Nam) très proche de l’orange.

On la cultive depuis plus de 3000 ans. Sa chair sucrée est très parfumée et est l’une des moins acides des agrumes.

Mandarine nous rappelle la couleur de la robe de soie des mandarins chinois, d’où son nom. Le mandarinier a fait son entrée en Europe grâce aux Portugais, et plus précisément en Provence vers les années 1800, soit 400 ans après l’orange. Elle a été cultivée à grande échelle en Algérie à partir de 1850.

Nous connaissons tous un hybride sans pépins de ce fruit : la clémentine (citrus clementinus). Ce fruit a été obtenu par croisement dans les années 1900 par le père Clément, moine près d’Oran en Algérie. Il existe aussi la tangerine qui a une écorce plus foncée et qui se pèle aussi plus facilement.

Ce fruit aux mille vertus est considéré comme un trésor en Chine. Il reste au centre de très nombreuses festivités lors du Nouvel An chinois.

C’est le grand fruit pour prévenir les rhumes et grippes saisonnières. C’est donc un fruit à consommer prioritairement en fin d’automne et à  l’entrée de l’hiver.

Que dit la médecine chinoise ?

La mandarine est de nature Fraîche et de saveur Douce-Acide.

La nature fraîche permet de refroidir sans excès le corps, d’éliminer la chaleur et de favoriser modérément la circulation de sang et d’énergie dans l’organisme.

Les organes méridiens où vont se diriger principalement ses effets sont ceux :

                  Des Poumons,

                  de l’Estomac.

Ces actions principales sont de:

                  Régulariser le Qi, l’énergie.

                  Tonifier la Rate et l’Estomac.

                  Favoriser la production de liquides organiques.

                  Dissoudre le Tan et les mucosités.

*Ju Zi, la mandarine est excellente quand on présente de la toux avec des mucosités jaunâtres, épaisses et collantes liées à la présence de « chaleur », d’inflammation du Poumon. C’est aussi un antitussif et un expectorant.

*Une des grandes actions de la mandarine est de régénérer les liquides organiques. Elle potentialise les effets du thé en tant que facteur hydratant du Poumon.

N’oublions pas que le Poumon et la peau forment un même organe en médecine chinoise. Et que dans le même « logiciel-organe » le Poumon-Yin est couplé au Gros intestin-Yang. En hiver, le Yin a tendance à entrer en profondeur dans le corps. La peau s’assèche et des démangeaisons peuvent apparaître. De la constipation peut apparaître. C’est une des raisons pour laquelle ce fruit est consommé prioritairement en cette saison.

*Quand s’installe une faiblesse de Yin au niveau de l’Estomac (en cas de diabète par exemple), le Yang augmente entraînant une sensation de soif permanente. Si vous vous mettez alors à boire en trop grande quantité, vous ne faites qu’aggraver ces symptômes. La mandarine est alors tout à fait indiquée.

*En cas de non-respect des règles basiques de diététique, ou d’émotions intériorisées, un état de stagnation peut s’installer au niveau du Foyer Moyen, en particulier de l’estomac. C’est une grande cause de ballonnements intestinaux, de nausées, d’inappétence et de reflux gastro-œsophagien. Par son action régulatrice de l’énergie, la mandarine permet de faire circuler et de digérer.

*En Chine, on l’utilise pour évacuer plus rapidement les effets secondaires liés aux excès de boissons alcoolisées.

*Surtout chez les enfants, après une forte fièvre, les liquides organiques peuvent être « blessés », entraînant des symptômes de sécheresse. La mandarine est alors excellente.

Que disent les recherches modernes ?

*La mandarine contient de l’acide citrique, bromique et oxalique. Mais aussi du phosphore, du magnésium et de très nombreuses vitamines dont la vitamine C.

*Elle permet d’éliminer les résidus des métaux lourds stagnant dans l’organisme comme le cadmium, le mercure et le plomb. Elle potentialise les effets du thé vert et noir chinois qui vont déjà dans ce sens.

*C’est un anti-infectieux du tube digestif, car elle empêche la fermentation des aliments.

*On dit qu’elle est dépurative, sédative, revitalisante et diurétique.

*Elle permet d’éliminer le mauvais cholestérol, de prévenir le diabète de type II et de lutter contre l’athérosclérose. On la conseille aux personnes qui souffrent d’hypertension, car elle possède certaines vertus hypotensives.

*Elle fortifie les tissus, les os, les dents, mais aussi le cerveau.

*Elle est anti hémorragique.

*La mandarine a comme action de prévenir les calculs rénaux et de la vésicule biliaire.

*Grâce à ses fibres, elle favorise le péristaltisme intestinal et donc l’élimination des déchets.

*Elle permet aussi de lutter contre l’obésité.

*De récentes études ont montré que ce fruit (comme tous les agrumes) permettait de prévenir les cancers de la bouche, du pharynx, de l’estomac et du colon. Elle favorise l’évacuation de la bile.

*Elle possède entre autres, des propriétés pour les nerfs et favorise le sommeil.

Mode d’utilisation

*La mandarine peut être consommée crue, mais aussi cuite, et en décoction. Quelques quartiers revenus 5′ dans une poêle chaude ou sur le gril permettront d’agrémenter de très nombreux plats de fête.

*La peau de mandarine, Chen Pi littéralement « vieille peau » est un produit de pharmacopée à part entière.

*Les pépins ont aussi des vertus médicinales importantes. On dit qu’ils sont amers et neutres et qu’ils régularisent le Qi. Ils permettent d’arrêter les douleurs, de disperser les indurations, d’agir sur le méridien du Foie. Quand on observe le trajet de ce méridien, on comprend pourquoi ils peuvent avoir une action sur les problèmes de hernies inguinales, d’hydrocèles, de kyste des testicules, mais aussi de douleurs et de distensions au niveau des seins.

*En ce qui concerne le jus de mandarine, le problème est le même qu’avec le jus d’orange. Non seulement vous perdez toutes les grandes fibres et la partie « blanche » accolée aux quartiers, mais beaucoup trop de saveur acide vient agresser le « logiciel Foie ». Une mandarine nature suffit à donner toutes les vertus extraordinaires de ce fruit.

Contre-indications

*Attention de ne pas avaler les pépins, car ils risquent de blesser les villosités intestinales entraînant des diverticuloses et la formation de polypes réactionnels.

*Ne pas en donner en trop grande quantité aux nourrissons (juste un ou deux quartiers), car leur tube digestif est dans l’incapacité de la digérer.

*Ne pas en consommer en cas d’ulcère gastrique, de diabète installé, ou d’hyperacidité stomacale.

Conclusion

Pour les différentes raisons que nous avons évoquées précédemment, la mandarine est bien le fruit de la fin d’automne et du début de l’hiver. Mais attention de ne pas en surconsommer, car cela se retournerait contre votre organisme. C’est l’excès de saveur acide qui finirait par déséquilibrer l’énergie de votre foie.

De même respecter la règle : pas de fuit après un repas. Pourquoi pas dix minutes avant un repas. Mais privilégiez à la pause goûter ce fruit venu de Chine.

 

Le Riz

Le Riz, Jing Mi.   par Jean Pélissier professeur en MTC

Céréale incontournable, consommée par plus des 2/3 de la population mondiale, le riz se dit Jing Mi, 粳米 en chinois.

C’est une céréale de la famille des graminées. Son nom scientifique est Oryza Sativa. Cultivée dans les rizières, cette plante nécessite pour sa croissance beaucoup d’eau et d’humidité. Elle peut atteindre jusqu’à 90cm de haut. Chaque épi donne énormément de graines appelées Mi, 米.

C’est donc avec le blé la céréale la plus connue dans le monde : « Là où il y a de l’eau, on cultive le riz. Au centre des continents, où l’eau est plus rare, on consomme le blé ».

C’est l’aliment de base de la cuisine asiatique, indienne et japonaise.

L’homme a commencé à cultiver le riz il y a plus de 10.000 ans. Sa culture a débuté en Inde, puis dans le sud de la Chine, pour ensuite « inonder » le reste du monde.

C’est Alexandre le Grand qui l’importa en Grèce. En Europe, on n’a commencé à le consommer qu’au 16e siècle. Son nom viendrait du Tamul « Arizi ».

Le riz, au contraire du blé, est à l’heure actuelle très peu modifié génétiquement. Il ne déclenche donc pas un « stress de rejet » par l’organisme. C’est donc une véritable céréale universelle.

Il existe plus de 4000 variétés de riz de par le monde. On trouve le riz long, mi-long, court. Selon ses caractères gustatifs, on parlera de riz gluant, de riz parfumé comme le Basmati, de riz rond qui sert à faire le risotto. On a aussi le riz rouge des contreforts de l’Himalaya, le riz pourpre, le riz noir de Chine.

Par les temps qui courent, il faut savoir que le riz ne contient pas de gluten !

Nous allons voir que c’est l’aliment par excellence capable d’amener l’énergie dont le corps a besoin pour fonctionner.

 

 

 

 

Que dit la médecine chinoise ?

Le Riz est de saveur Douce et Neutre. C’est d’ailleurs la plante de référence quand on doit parler de la saveur douce. Cette saveur a comme action de tonifier prioritairement l’énergie de la Rate. Sa neutralité en fait l’aliment du « juste milieu ».

Les méridiens-organes cibles sont ceux :

                  De la Rate,

                  de l’Estomac,

                  du Poumon.

Ces principales actions sont de:

                  Renforcer l’énergie de la Rate.

                  Stimuler le Foyer Moyen.

                  Harmoniser l’Estomac.

                  Nourrir les « cinq organes »

                  Calmer la soif et de générer les liquides organiques.

                  Éliminer l’humidité (surtout quand il est grillé à sec avant la cuisson).

                  Tonifier le Yang.

*En tant que tonique du Foyer Moyen (Rate-Estomac), le riz permet d’ouvrir l’appétit, de renforcer l’organisme. Il ne faut pas oublier que le « logiciel Rate » est le chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire, et qu’un déséquilibre énergétique de cet organe, qui perdure trop longtemps, pourra avoir de graves conséquences sur notre santé.

Le riz est donc l’aliment idéal pour les états de maigreur, chez les convalescents, les états de grande fatigue ou de faiblesse généralisée. À condition évidemment de bien le mastiquer. Nous allons y revenir.

*Quand l’énergie de la Rate est effondrée, les aliments ne sont plus assez digérés et cela peut être la cause de diarrhées chroniques. Le riz est excellent dans ce cas. Mais on peut aussi en consommer en cas de diarrhées infectieuses.

*C’est un des grands aliments capables de recharger la batterie de l’organisme.

*Puisque les muscles et les chairs sont à mettre en relation avec la Rate, on dit que le riz permet de les « nourrir », de les renforcer, de les tonifier.

*Nous savons que Poumons et pores de la peau font partie du même logiciel en médecine chinoise. Par son action de tonification de l’énergie du Poumon et de la Rate, il permet de lutter contre les transpirations spontanées liées à un état de faiblesse du Poumon.

 

 

 

 

 

Que disent les recherches modernes ?

*Le riz, surtout le riz complet, mais aussi le riz blanc contient beaucoup d’antioxydant comme le tocotrienol dont fait partie la vit. E qui aurait de grandes propriétés anti tumorales.

*Le riz complet est fortement acidifiant alors qu’il l’est modérément pour le blanc.

*C’est une bonne source de manganèse qui participe à la prévention des dommages causés par les radicaux libres, de même que le Sélénium qu’il contient.

*Il contient du phosphore, très bon pour les os.

*Il contient aussi du zinc, du fer, du cuivre, de la vit. B1, B3, B6.

*On lui attribue un effet anabolisant permettant de renforcer la musculature .

 

 

 

 

Mode d’utilisation.

*Sa consommation la plus courante est évidemment sous forme de graines. Mais il peut être aussi transformé en pâte de riz, en farine, en galette, en riz soufflé, en lait de riz.

*Le riz gluant sert surtout dans la préparation de desserts.

*On peut aussi en faire de l’alcool : Saké au Japon ou alcool de riz.

*Riz blanc ou riz complet ?

C’est la grande question. Il est évident que le riz complet contient beaucoup plus de principes actifs et que cela devrait être la finalité dans la consommation de cette céréale.

Mais posons-nous la question suivante : pourquoi en Asie, au Japon, en Inde,  ne consomme-t-on quasiment que du riz blanc ?

Quelques éléments de réponse.

Avant tout il faut savoir qu’il y a une grande différence entre le riz complet et le riz brun. Il faudra d’abord obligatoirement les consommer « bio », car ils peuvent être au contact direct des pesticides. Ensuite surtout s’il est complet, il peut rester des particules qui peuvent blesser le tube digestif et s’incruster très facilement dans les villosités intestinales (grande cause de polypes). Bien sûr tout cela pourrait être évité si on le mastiquait 20-30 fois. Mais qui mâche autant à l’heure actuelle ?

Ensuite que recherche-t-on dans le riz : des sucres lents avant tout, tous les autres éléments pouvant être apportés par la diversification de notre alimentation. N’oubliez pas cette règle d’or: « les céréales ne se transforment en sucres lents que dans la bouche, qu’à la condition qu’elles ne soient mélangées à aucun autre ingrédient, et surtout mastiquées très longuement ». Cela devrait devenir la base énergétique de notre alimentation quotidienne, puisque c’est le riz prioritairement qui amène l’énergie dont le corps a besoin pour fonctionner.

Ensuite le riz complet doit cuire beaucoup plus longtemps  et surtout comme je le disais plus haut, mastiqué très longuement.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, il vaut mieux privilégier le riz blanc, tout en prenant de temps en temps du riz complet.

*Le riz précuit dit incollable que l’on trouve dans le commerce a perdu pratiquement toutes ses propriétés. On dit en médecine chinoise qu’il a perdu son Qi, son énergie, son Shen, son apparence, mais aussi son Jing, son « essence ».

*Pour que le riz puisse être digeste et donner toutes ses propriétés, il doit être bien cuit.

*Quand on prépare le riz, il vaut mieux le rincer pour enlever le surplus d’amidon et les résidus, jusqu’à ce que l’eau soit claire. L’idéal serait de faire tremper le riz 1h. Non seulement cela permet de réduire le temps de cuisson (6-8 minutes au lieu de 15’), mais il sera cuit beaucoup plus à cœur.

*Comme toutes les céréales, le riz va donc amener la véritable énergie, dont le corps à besoin, ce que l’on appelle les « sucres lents ». Mais du fait de cette lenteur de digestion, il y a un risque de stagnation au niveau de l’estomac qui peut être très préjudiciable. Donc dans le meilleur des cas, le riz doit être consommé nature, sans adjonction de quoi que ce soit, même pas de sel. Il devra être accompagné obligatoirement par des légumes qui grâce à leurs fibres vont favoriser la digestion de ce riz.

 

 

 

 

*Il existe en Chine du riz germé que l’on appelle « Gu Ya » qui a la propriété de dissoudre les stagnations, d’éliminer le Tan, les déchets et de renforcer très fortement l’énergie de la Rate. Il peut par exemple être très utilisé en cas de maladie de Crohn (comme toute sorte de riz d’ailleurs, en évitant le riz complet qui risque d’augmenter les inflammations).

*Un autre mode de préparation médicinale : le riz brûlé appelé « Gou Jiao » qui signifie littéralement « marmite brûlée » ! En tant que produit asséchant, il permet de lutter contre les selles liquides. Il permet aussi de ralentir le péristaltisme intestinal et de calmer les douleurs intestinales. Il convient de ne pas en prendre quand il y a présence de symptômes de sécheresse.

*Intéressons-nous maintenant à une préparation très connue en Chine : le « Congee ».

Il est de tradition en Asie de consommer deux à trois fois par an, pendant deux jours, un gruau de riz ou potage de riz que l’on appelle donc Congee. Ce « potage » sera uniquement accompagné de quelques légumes salés.

Il va avoir comme action de déclencher un nettoyage en profondeur des intestins. Ensuite les jours de la nouvelle lune et de la pleine lune on en prendra le matin au petit déjeuner.

Préparation : « Mettre dans une casserole 100 gr de riz blanc avec 5-6 fois son volume d’eau. Placer alors la casserole à feu très doux pendant plusieurs heures (par exemple le soir avant de se coucher, pour qu’il soit prêt le matin au réveil. Vous pouvez opter pour une méthode plus rapide en mettant le riz de la veille dans de l’eau et en faisant cuire le tout à la vapeur. On va obtenir ainsi une soupe de consistance moyenne (la cuillère ne doit pas tenir verticale dedans). Elle doit donc être assez liquide pour avoir la sensation de boire ».

En fin de compte, ce n’est que du riz et de l’eau et son goût peut paraître un peu fade : c’est la vraie saveur douce en diététique indispensable pour tonifier l’énergie de la rate.

Hors de ces périodes de nettoyage, ce Congee peut servir de base à la préparation d’une multitude de recettes médicinales. Par exemple avec des feuilles de moutarde pour dissoudre le Tan. Avec des feuilles de menthe pour clarifier la chaleur.

Dans les campagnes chinoises, on avait l’habitude de consommer ce Congee avec des légumes sautés et très peu de viande.

 

 

 

 

 

Conclusion

Vous avez bien compris que le riz devrait devenir un élément central dans votre diététique quotidienne, différente de la diététique des jours de fête, cette diététique qui a pour fonction d’apporter de l’énergie à votre organisme.

Mais rappelez-vous que le riz doit être consommé nature, sans adjonction de quelques ingrédients que ce soit pour qu’il puisse donner le maximum de son sucre lent, le maximum d’énergie au corps. Donc le « riz cantonais » n’entre pas vraiment dans cette diététique quotidienne.

Et puis surtout il faut réapprendre à mâcher, car toute cette « alchimie », cette transformation se fait dans la bouche et très peu dans l’estomac.

La Prune

La PRUNE    par Jean Pélissier professeur en MTC

La prune est originaire de Chine. Elle en est d’ailleurs le premier producteur mondial à ce jour.

En Pinyin, on l’appelle Li Zi, 李子, même terme qui signifie châtaigne, mais les idéogrammes sont différents.

C’est un fruit à noyau, à chair comestible sucrée et juteuse. Il en existe plus de 2000 variétés répertoriées.

Les Romains et les Égyptiens la découvrir lors de leurs multiples voyages en Orient. Ce fruit fut ensuite ramené dans le bassin méditerranéen.

Au 12e siècle, les Croisés, de retour d’une expédition infructueuse, ramenèrent avec eux des plants de prunier de Damas, ayant apprécié ce fruit. On se moqua d’eux dans tout le royaume. D’où l’origine de l’expression « pour des prunes », « ils sont allés là-bas pour des prunes ».

Nous allons voir qu’en médecine chinoise, c’est un des grands fruits du Foie, mais aussi des intestins, favorisant digestion et élimination. Si c’est un des fruits de l’automne, c’est qu’il a la capacité d’éliminer la chaleur accumulée pendant l’été.

Que dit la médecine chinoise ?

En médecine chinoise, on considère que la prune, Li Zi est de saveur Douce et Acide et que sa nature est Fraîche. Sa nature devient Neutre quand elle est séchée.

Je vous rappelle que la saveur douce reconstitue, harmonise et a une action de relâchement. La saveur acide, elle, est astringente et évite la perte des liquides organiques. La nature fraîche calme les symptômes de chaleur interne.

Les méridiens-organes cibles sont ceux :

                  du Foie,

                  de l’Estomac et

                  de la Rate.

Ses actions principales sont :

                  De calmer le feu du Foie,

                  De générer les liquides organiques,

                  D’arrêter la soif.

*C’est le grand fruit de l’estomac. Il favorise la digestion du bol alimentaire en régulant les sécrétions gastriques.

*Par son action de régénération des liquides organiques, la prune permet d’arrêter la soif. C’est un fruit très prisé des chanteurs et des orateurs, car il permet de lutter contre l’aphonie et l’inflammation des cordes vocales.

*La prune est considérée comme un grand yao, un grand médicament du Foie en médecine chinoise. Lorsque l’énergie des Reins, le Yin des Reins est trop faible (stress, excès de saveur salée, de liquides…), celui-ci ne nourrit plus le Yin du Foie. Dans la balance Yin-Yang, le Yang augmente. Cette situation est la cause de multiples pathologies, dont l’hépatite chronique, les cirrhoses hépatiques. Il n’est pas rare à ce moment-là que les médecins chinois prescrivent à leurs patients la consommation de 2-3 prunes par jour pendant neuf jours avec une pause d’une semaine.

Cette situation de faiblesse de Yin est aussi une des grandes causes d’hypertension artérielle . La prune consommée régulièrement en décoction ou crue est excellente dans ce cas.

*Faiblesse des liquides organiques par excès de Yang sous-entend une raréfaction des liquides en surface de peau. La prune permet d’humidifier la peau. Elle est excellente en cas de démangeaisons du cuir chevelu avec abondance de pellicules.

Que disent les recherches modernes ?

Ces recherches ont pu montrer que :

*La prune est un fruit qui contient beaucoup de fibres. Entre autres de la cellulose et de l’hémicellulose qui accélèrent le passage des aliments dans les intestins, nettoient les villosités intestinales et augmentent le péristaltisme.

Elle contient aussi de la pectine qui retient l’eau et joue un rôle de régulateur du transit.

*On y trouve du Sorbitol qui stimule le fonctionnement de la vésicule biliaire.

*On y trouve une grande quantité de potassium, minéral qui régule la tension artérielle, réduit les risques d’accidents vasculaires cérébraux et les cardiopathies.

*Le pigment rouge-bleu de la peau, l’anthocyane, prévient certains cancers en éliminant les radicaux libres nocifs.

*Malgré sa saveur sucrée, contrebalancée par la saveur acide, les prunes présentent un faible indice glycémique. Leur consommation régulière aide à contrôler le taux de sucre dans le sang et réduit le risque de diabète de type II.

*La prune a donc un très fort pouvoir anti radicaux libres, en particulier au niveau du cerveau. À ce titre on dit qu’elle permet d’améliorer la mémoire, les facultés cognitives et de prévenir « l’engluement du mental » une des causes de la maladie d’Alzheimer.

Mode d’utilisation.

*La prune peut être consommée crue, en jus, en décoction, confite. On pourra l’utiliser dans des desserts, en gâteau, accompagnant des viandes et des plats, en confitures.

*Souvent on trouve un petit voile blanc à sa surface. Ce sont des micros paillettes de cire que le fruit produit pour se protéger de la chaleur.

*Dans le Sud-Ouest, on trouve le fameux « pruneau d’Agen ». Alors que traditionnellement en Chine on la faisait sécher au soleil pour la conserver. Les moines Cisterciens de Clairac  mirent en place une procédure de séchage artificiel  et l’appliquèrent à la prune d’Ente. C’était un aliment très répandu dans la marine à voiles pour prévenir le scorbut.

Le pruneau possède un très fort pouvoir antioxydant. Très riche en fer, sa forte concentration de sucre lui permet une longue conservation naturelle. On les trouve sous une forme  dénoyautée ou non. Il faut choisir les pruneaux brun noir, brillants, moelleux et charnus, non poisseux ni moisis. Contenant beaucoup de  sorbitol, les pruneaux ont une action laxative plus importante que la prune crue.

On peut augmenter cette action laxative si  on prend 4-5 pruneaux séchés que l’on va faire tremper. On les consommera avant le sommeil.

Les recherches modernes ont montré que les pruneaux étaient excellents pour prévenir l’ostéoporose.

Contre-indications

Il convient d’éviter de consommer des prunes en cas de faiblesse importante de l’énergie de la Rate, chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire. Surtout quand on est en présence de selles molles chroniques, ou en cas de sécrétions abondantes (bronchites, rhinites,…).

Conclusion

Une consommation exagérée de prunes peut se retourner contre l’organisme et au lieu  de réguler et de tonifier l’énergie de la Rate et de l’Estomac, elle peut « blesser » l’énergie de ces organes.  Toujours bien suivre la « règle des neuf jours » qui prône la diversification des fruits et des légumes de saison et de région. 

La BLETTE

LA BETTE à CARDE ou BLETTE,  par Jean Pélissier professeur en MTC

La blette, encore appelée bette, côte de bette ou bette à carde se nomme Hong Niu Pi Cai, 红牛皮菜 en chinois. Son nom botanique est « beta vulgaris ». Elle appartient à la même famille que la betterave rouge. On l’appelle aussi selon les régions poirée, joutte, côte de bette…

C’est une plante herbacée et potagère. Les nervures de feuilles et de tiges (cardes) peuvent être rouges, blanches ou jaunes. Ses tiges sont charnues comme du céleri et se préparent un peu comme des asperges.

C’est en fin de compte deux légumes en un : les feuilles qui ressemblent à de grosses feuilles d’épinard et les longues tiges qui sont craquantes.

Pour une fois, cette plante n’est pas originaire de Chine, mais du bassin méditerranéen. Ce n’est qu’au 7e siècle qu’elle fera une percée en Asie. Connue des Grecs de l’antiquité, Aristote vantait  les bienfaits de la bette rouge. Plus tard, Théophraste parla de bette à feuille vert clair et blanche. C’est celle que l’on consomme le plus à l’heure actuelle. Elle figurait en place d’honneur dans les grands herbiers du moyen âge.

Très à la mode au 19e, elle ne l’est plus vraiment aujourd’hui. On l’appelle souvent « légume du pauvre ». Pourtant, bien préparée, elle pourrait en étonner plus d’un, tant au niveau gustatif (les grands cuisiniers ne s’y trompent pas) que par ses propriétés préventives et curatives.

C’est un légume de fin d’été qui, comme nous allons le voir, a des propriétés rafraîchissantes. La blette permet en autre d’évacuer la chaleur emmagasinée dans le corps, surtout après un été très chaud. Cela permet d’éviter l’apparition de « maladies de chaleur » (angine, etc.) à l’entrée de l’automne.

 

Que dit la médecine chinoise ?

Hong Niu Pi Cai, 红牛皮菜  est de saveur douce et de nature fraîche.

Comme nous le savons, la saveur douce a comme propriété de tonifier l’énergie de la Rate, chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire. Sa nature fraîche comme son nom l’indique rafraîchit un intérieur du corps trop chaud.

Les méridiens organes cibles de cette plante sont :

                  Le Poumon,

                  le Gros Intestin,

                  la Rate,

                  l’Estomac.

La blette a comme action :

                  D’éliminer la toxicité,

                  de favoriser les éruptions,

                  de libérer les toxines, 

                  de clarifier les intestins,

                  de clarifier la chaleur du corps,

                  de dissiper les hématomes et

                  d’arrêter les hémorragies.

Dans le Jia Yu Ben Cao, il est dit : « La bette tonifie le foyer moyen, abaisse l’excès de Qi, harmonise l’énergie de la Rate, chasse le vent de la Tête (maux de tête…) et est utile  aux cinq organes ».

*La blette est utilisée dans les familles chinoises quand il s’agit de favoriser l’éruption de la rougeole.

Je vous rappelle que la rougeole est considérée comme une maladie très utile par les médecins chinois. Elle permet au corps du très jeune enfant de se débarrasser des toxines reçues par le sang de sa mère. Mais pour éviter tout effet secondaire, les mères de famille connaissaient les légumes susceptibles de favoriser cette éruption, surtout si elle tardait à venir. La blette en fait partie.

*La blette  a des propriétés antitoxiques qui en font une excellente plante pour lutter contre les dysenteries infectieuses et la « tourista ». En MTC on parle de « chaleur-humidité » accumulée dans le gros intestin. On peut alors la consommer sous forme de jus-décoction.

*En usage externe, sous forme de cataplasme, elle permet d’agir sur les furoncles, les folliculites, les inflammations pyogéniques, les anthrax. Mais aussi les croûtes de lait du bébé et les mycoses interdigitales.  Dans tous ces traitements, la blette rouge sera plus efficace que la blanche.

*Du fait de son action tonifiante et de régulation du logiciel Rate-pancréas, les médecins chinois la préconisent en cas d’anémie ferriprive.

*En médecine chinoise, Poumon et gros intestin font partie du même logiciel. Par exemple une sécheresse du Poumon (cigarette) pourra être à l’origine de constipation. La saveur douce lubrifiante et humectante  et l’action sur le Poumon de la blette permettent de lutter contre ce type de constipation liée à la sécheresse.

*Un remède pour combattre les poux des enfants : dans une grande casserole d’eau bouillante, plongez quelques minutes des feuilles de blette, plutôt de couleur rouge. Égouttez-les et pressez-les pour en sortir le jus. C’est ce jus qui est à appliquer directement et quotidiennement sur le cuir chevelu pendant 10-15 jours.

*On peut rajouter dans ce jus une grande cuillère à soupe de miel. C’est alors un excellent remède contre les dartres, à appliquer tous les soirs.

Que disent les recherches modernes ?

*La blette contient des composés phénoliques et des flavonoïdes qui sont de très bons antioxydants et qui s’opposent aux radicaux libres. La blette rouge possède une plus grande activité antioxydante que la blette blanche.

*C’est une plante particulièrement riche en minéraux, comme le fer nécessaire à la formation des globules rouges et le magnésium pour le bon fonctionnement des nerfs et des muscles.

*C’est une excellente source en vit. A (vision, protection contre les infections) et vit. C (Antioxydant, santé de l’os).

*Elle contient énormément de fibres, qui favorisent entre autres le péristaltisme intestinal et l’élimination des déchets.

*Les feuilles de ce légume, si on doit parler de  l’équilibre acido-basique sont très alcalinisantes, et s’opposent donc à un excès d’acide dans le corps.

*C’est une excellente plante pour réguler le diabète.

*Elle contient un enzyme, l’acétylcholinestérase qui est susceptible de réguler et de prévenir les maladies neurodégénératives comme Alzheimer et le parkinson.

*En occident, en prise interne, on lui donne des vertus anti-inflammatoires des voies urinaires. Elle permet de lutter contre la constipation. Mais aussi contre la congestion de la rate et des ganglions lymphatiques après une infection.

*Certaines études in vitro ont montré son pouvoir d’inhibition quant à la multiplication des cellules cancérigènes.

Mode de préparation.

*On peut consommer la blette sautée, à la vapeur, en soupe, en bouillie, cuite à l’eau.

*En usage purement médicinal, en usage interne la posologie se situe entre 20-40gr par jour en décoction. Ou entre 75-150gr quand on fait une extraction de jus.

*En cataplasme, on l’utilise sous forme de broyat.

*Il conviendra de choisir des blettes à tiges fermes, les feuilles d’un vert brillant, sans tâches. Éviter les tiges molles et les feuilles flétries.

*Sauf dans certains cas bien précis, il faudra éviter de consommer les blettes crues. La cuisson permet entre autres d’éliminer en grande partie l’acide  oxalique qui peut favoriser la production de calculs. Cette cuisson la rendra plus goûteuse et digeste.

*Comme dit en introduction, dans une feuille de blette, il y a la feuille proprement dite et la carde. Bien qu’on ait l’habitude de ne consommer que la « partie dure », ce sont les feuilles qui contiennent le plus de facteurs nutritifs. Elles se cuisinent comme des épinards.

*Pour une meilleure efficacité, consommez toujours les cardes croquantes. Ne les faites pas donc trop cuire. N’ajoutez le cas échéant les feuilles qu’en fin de cuisson. La cuisson au Wok est idéale.

*Pour les préparer, éviter de les laisser tremper trop longtemps dans de l’eau, car beaucoup de nutriments qu’elle contient sont hydrosolubles. Lavez-les juste à grande eau.

*Les blettes sont très utilisées dans la cuisine niçoise, avec son célèbre plat, le Tian, mais aussi des tourtes aux blettes et dans des raviolis.

Contre-indications

*Etant très riches en acide oxalique, il ne faut surtout pas en faire une surconsommation. À consommer avec modération en cas de calculs rénaux.

*Dans les « diarrhées froides » causées par une faiblesse de l’énergie de la Rate, il conviendra aussi de s’en abstenir. Je vous rappelle que le « logiciel Rate-pancréas » est le chef d’orchestre de la digestion du bol alimentaire. Quand l’énergie de ce logiciel s’effondre, les aliments ne sont plus digérés.

*Les personnes sous anticoagulant ne devraient pas en consommer en excès, car les blettes contiennent une grande quantité de vitamine K.

Conclusion

À l’heure actuelle, la blette fait partie de ces « légumes oubliés ». Elle est en effet très peu consommée, mais nous avons vu qu’elle avait des bienfaits incontournables pour l’équilibre de notre organisme.

Pour vous inciter à devenir jardinier, ou tout au moins à planter quelques blettes dans votre jardin ou sur votre balcon (c’est très décoratif, surtout les rouges), voici ce proverbe chinois :

« Si tu veux être heureux une heure, enivre-toi.

Si tu veux être heureux un jour, tue ton cochon.

Si tu veux être heureux une semaine, fais un beau voyage.

Si tu veux être heureux un an, marie-toi.

Si tu veux être heureux toute la vie, fais-toi jardinier. »

MTC et OGM

 

Médecine Traditionnelle Chinoise et OGM  par Jean Pélissier professeur en MTC

 

 

 

Il existe un terme générique qui permet, à lui seul, de signifier tous les « déchets » présents dans l’organisme et que celui-ci aurait dû normalement éliminer : Le Tan.

Le Tan c’est aussi bien le mauvais cholestérol, les graisses circulantes, les plaques d’athéromes, les lipomes, les nodules, les kystes, les polypes

Ce sont aussi les poisons présents dans l’organisme, véhiculés par l’air que l’on respire, la nourriture que l’on ingère.

Entrent évidemment dans ce « catalogue » les insecticides, les pesticides.

Mais aussi toute la chimie comme l’aspartame, le glutamate.

Les médicaments chimiques sont aussi du Tan : ils peuvent pour certains demander des mois avant d’être éliminés par l’organisme.

Mais au-delà de cet aspect que l’on pourrait qualifier de « grossier », de macroscopique, nous devons parler de « Tan énergétique ».

Nous savons que la médecine chinoise est avant tout une médecine que l’on qualifie d’énergétique et que l’énergie prévaut sur la matière.

Pour faire court, un déséquilibre énergétique qui perdure sera à même petit à petit d’impacter l’organe cible auquel il correspond.

Si nous prenons l’exemple de l’aspartame cité plus haut, en dehors d’être une substance chimique, il est qualitativement dix fois plus sucré qu’un sucre normal.

Il va entraîner un pic énergétque beaucoup plus important au niveau de la « Rate-pancréas » qu’un sucre normal.

C’est la répétition de ces pics qui, petit à petit, risque de désorganiser le fonctionnement d’un des organes énergétiques les plus importants du corps :

la Rate-pancréas qui est le chef d’orchestre, la gare de triage de la digestion du bol alimentaire.

Toujours dans le domaine énergétique, on va jusqu’à parler de Tan émotionnel en MTC (Médecine Traditonnelle Chinoise).

Ce sont des « résidus » émotionnels qui peuvent stagner dans n’importe quel endroit du corps et qui peuvent resurgir à tout moment.

Pour en revenir à nos OGM, on peut alors considérer qu’une modifcation trop rapide du patrimoine génétique d’un aliment puisse être perçue par l’énergie de la Rate et du Foie comme un « intrus », une « vibration énergétique anormale » que l’organisme doit éliminer.

Si celui ci ne peut le faire, cela va aussi devenir du Tan.

Faut-il en avoir peur ?

La peur étant une des énergies émotionnelles les plus dangereuses pour notre santé, il est fondamental de prendre du recul, de comprendre et de prendre les décisions qui s’imposent en évitant tout radicalisme.

En MTC on considère que notre organisme possède une « batterie » située au niveau de l’énergie des Reins.

Cette batterie, représente effectivement nos défenses immunitaires, mais aussi et surtout l’immense pouvoir d’adaptation de l’organisme et son immense pouvoir d’auto régulation et d’auto guérison. Cette batterie rechargée à bloc, notre organisme est largement capable de rejeter les intrus et donc d’éviter la formation de Tan.

Si on apprend à respirer, à bien manger, à bien « bouger », à « gérer nos émotions », si on apprend à recharger cette batterie au jour le jour, nous ne pouvons pas déclencher de pathologies.

Ainsi, s’il nous arrive épisodiquement d’ingérer ou de respirer tel ou tel type de déchets ou de « poison », notre corps sera largement capable de s’autogérer et de se « nettoyer » et donc par là même d’éviter toute peur, d’accéder à la longévité en bonne santé.

Par contre, si on a une méconnaissance totale du fonctionnement énergétique de notre organisme et si l’on n’a pas appris à recharger notre batterie, alors oui ce Tan, quelqu’en soit l’origine, pourra être le fer de lance de l’apparition de quasi toutes les maladies que l’on appelle « internes » en MTC, cancers, maladies cardio-vasculaires, rhumatismes, mais aussi toutes les maladies mentales et émotionnelles.

Or tout est fait à l’heure actuelle pour mettre à mal cette « batterie des Reins ».

La peur, le stress, l’excès de saveur salée, l’excès de liquides ingérés, la méconnaissance totale des principes fondamentaux de la sexualité et j’en passe.

Alors oui, je pense que dans ce contexte, il devient de salubrité publique de s’opposer radicalement aux OGM, sans « force ni violence ».

N’oublions pas que nous recevons ce que nous émettons.

Par contre nous devons nous poser les bonnes questions, nous devons passer de l’état « d’effet » à « l’état de cause » quant à notre santé.

C’est nous, par nos « non-pratiques », qui permettons aux perversités de s’installer.

Et si nous considérons que notre corps n’est pas assez fort pour s’adapter, nous devons être capables de choisir et pour cela il est fondamental de connaître l’origine exacte de nos aliments, ne serait-ce que par un marquage obligatoire de la menton « OGM oui ou non ».

Je soutiens donc sans réserve l’initative de « Consommateurs pas cobayes » et sa campagne de pétition « OGM Transparence ».

Et soyons positifs.

Cette possibilité nous étant donnée, petit à petit, sans radicalisme, des changements en profondeur (qui ont déjà commencé d’ailleurs) vont s’opérer.

Si plus personne ne consomme ce type de produits, les grandes compagnies vont disparaître, revenir à l’échelle humaine.

Le Yang excessif finit toujours par s’inverser et devenir Yin.

Nous retrouverons cete harmonie entre le ciel, l’homme et la terre.

Et si nous ne le faisons pas au travers de nos choix responsables, c’est la Nature qui le fera à notre place.

 

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le CHI NEI TSANG (la guérison vient de l’intérieur)

Le Chi Nei Tsang   par Gilles Marin

Le Chi Nei Tsang est une approche holistique de massage du ventre, originaire des temples des montagnes de la Chine Taoïste.

Le Chi Nei Tsang intègre les aspects physiques, mentaux, émotionnels et spirituels. Il va à la source des problèmes de santé, y compris aux origines psychosomatiques.

Chi Nei Tsang signifie littéralement « travailler l’énergie des organes internes » ou « transformation du Qi des organes internes ». C’est  une forme de « Qi Gong appliqué ».

Les praticiens de Chi Nei Tsang sont formés principalement avec le Qi Gong et travaillent sur l’abdomen avec des touchers à la fois profonds et légers, afin d’habituer les organes internes à travailler plus efficacement ainsi que tous les systèmes vitaux du corps: digestif, respiratoire, cardio-vasculaire, lymphatique, nerveux, endocrinien, urinaire, reproducteur,  squelettique, musculaire et également le système des méridiens d’acupuncture. Les charges émotionnelles sont aussi approchées de cette manière et progressivement digérées. Le nombril, ses racines et sa périphérie reflètent toutes les tensions internes et externes du corps, et ses défauts d’alignement.

Le Chi Nei Tsang est utilisé principalement pour quatre raisons:

  1. Désintoxique et fortifie le corps: les manipulations du Chi Nei Tsang aident les patients à soulager leur corps de la stagnation excédante, en améliorant l’élimination et en stimulant le système lymphatique et les systèmes circulatoires. Le Chi Nei Tsang fortifie le système immunitaire et renforce la résistance aux maladies. De ce fait il augmente les autres modalités de soins médicaux et en optimise les résultats (les patients qui reçoivent des traitements de Chi Nei Tsang avant et après une intervention chirurgicale se rétablissent mieux et plus rapidement).
  2. Restructure: le Chi Nei Tsang révèle des tensions profondément ancrées et restaure la vitalité. C’est une aide aux problèmes posturaux qui résultent de déséquilibres viscéraux. Il est utile contre toutes les douleurs chroniques structurales telles que celles du dos, du cou, des épaules, des pieds, des jambes et du pelvis. Les douleurs chroniques, le manque de souplesse et les rigidités pathologiques ainsi que les symptômes récurrents sont les reflets de conflits internes mentaux, émotionnels et spirituels. Ces conflits internes sont aussi la cause de nombreuses pathologies.
  3. Aide à devenir plus conscient de la qualité de la vie émotionnelle: Toute émotion non traitée est entreposée dans notre système digestif et attend d’être abordée. Une digestion émotionnelle pauvre est une des raisons principales d’une santé déficiente. Le Chi Nei Tsang facilite la digestion émotionnelle et permet le développement et l’évolution vers un meilleur soi. La respiration est le pont de la communication entre tous les niveaux de conscience. La manière dont on respire reflète parfaitement notre profil émotionnel. Là où il n’y a pas de respiration se cachent des charges émotionnelles douloureuses que nous essayons d’éviter de sentir pour nous protéger. Le Chi Nei Tsang utilise un toucher subtil pour rétablir la respiration en encourageant la prise de conscience de la présence de charges émotionnelles, afin de stimuler leur digestion dans le sens littéral du terme (prendre ce qui nous fait grandir et éliminer ce qui ne nous appartient pas). Il se combine avec succès à la psychothérapie.
  4. Enseigne aux patients à mieux se connaître: Nous guérissons et évoluons au delà des conflits internes en « digérant » nos émotions. Guérir veut dire surpasser notre moi douloureux pour épanouir notre élan vital et jouir de notre véritable raison de vivre. Grace au Chi Nei Tsang, je suis convaincu que chacun est responsable de sa propre santé et que la guérison vient à partir de l’intérieur. Les patients apprennent des techniques fondamentales d’auto-massages et des techniques pour améliorer leur respiration. Des pratiques spécifiques et appropriées de visualisation et de méditation sont utilisées pour favoriser le devellopement des effets des traitements manuels.

 

Méditation

« On demanda un jour à un maître qui savait méditer,
comment il faisait pour être si recueilli, en dépit de toutes ses occupations.
Il répondit:


Quand je me lève, je me lève.
Quand je marche, je marche.
Quand je suis assis, Je suis assis.
Quand je mange, je mange.
Quand je parle, je parle.


Les gens l’interrompirent en lui disant:
« Nous faisons de même, mais que fais-tu de plus ? »

Quand je me lève, je me lève.

Quand je marche, je marche.

Quand je suis assis, je suis assis.
Quand je mange, je mange.
Quand je parle, je parle.


Les gens lui dirent encore une fois:
« C’est ce que nous faisons aussi ! »


Non, leur répondit-il.
Quand vous êtes assis, vous vous levez déjà.
Quand vous vous levez, vous courez déjà.
Quand vous courez, vous êtes déjà au but…
À chaque action son moment, et à chaque moment son action. »

LE CITRON

 

Le CITRON, Ning Meng           par Jean Pélissier professeur en MTC

Le citron, « citrus limon », Ning Meng en chinois est un agrume issu du citronnier. Le citronnier est un arbuste de 5 à 10 m de haut, à feuilles persistantes, de la famille des Rutacées.

Il est cultivé depuis plus de 3000 ans, d’abord en Chine, dans les contreforts du Cachemire, puis en Inde. Il arriva ensuite en Grèce pour s’implanter dans tous les pays du pourtour méditerranéen, et finir à Menton, la ville du citron !

Il existe deux catégories de citrons : les jaunes et les verts, encore appelés lime.

C’est réellement et à moindre frais, un « agrume aux dix mille vertus ».

Les médecins antiques l’utilisaient en cas de grippes, de fièvres, de morsures de serpents ou pour éviter certaines épidémies. Jusqu’à aujourd’hui, grâce à sa vitamine C, il permet d’éviter le scorbut des marins, mais aussi, de conserver les aliments sur un bateau. Les rats sont loin d’en raffoler !

Nous allons voir que c’est un extraordinaire détoxifiant du corps et comme tendraient à le montrer les recherches actuelles, un produit capable de freiner la multiplication des cellules cancéreuses !

Saviez-vous que le citron est beaucoup plus sucré que la fraise. Il contient en effet 8gr de glucide/100gr alors que la fraise en contient 7gr/100gr. C’est l’acide citrique qu’il lui fait cacher son jeu !

C’est un excellent agrume que l’on devrait prioritairement consommer en début de printemps, la « saison du Foie ». À condition d’en respecter les quantités, la saveur acide, qui est justement à mettre en relation avec le Foie, permet de stimuler celui-ci.

Que dit la médecine chinoise ?

Le citron, Ning Meng est de saveur Acide et de nature Neutre à Fraîche.

Sa nature lui permet ainsi de « rafraîchir la chaleur » et de « refroidir le sang », mais aussi de « neutraliser les toxines de l’inflammation ».

Pris en petite quantité, il permet de « régénérer les liquides organiques ».

Les méridiens organes cibles sont ceux :

                  De l’Estomac,

                  du Foie et

                  du Poumon.

Ses actions selon les compendiums de pharmacopée chinoise sont de :

                  Régénérer les  liquides organiques.

                  Arrêter la soif.

                  Disperser la canicule.

                  Harmoniser l’Estomac.

                  Dissiper le Tan, les mucosités (surtout au niveau du Poumon).

                  Calmer le fœtus.

Toujours selon la médecine chinoise, Ning Meng traite la bouche sèche, les fièvres caniculaires, l’agitation, les vomissements gravidiques, la toux avec Tan.

*Très important. On peut prendre à jeun le matin, l’équivalent d’un demi-citron, dilué dans de l’eau chaude, dans un peu moins d’un verre à moutarde.

La chaleur permet de disperser les effets du citron vers les méridiens et organes cibles, alors que le froid « contracte ».

Ce breuvage permet de prévenir les calculs rénaux et biliaires, ainsi que les infections urinaires. Il permet aussi de combattre les douleurs articulaires, l’arthrite et la goutte. Il permet aussi de déclencher le péristaltisme intestinal, favorisant ainsi l’évacuation des selles.

Ce même breuvage  peut être pris deux à trois fois par jour pendant neuf jours dans les périodes critiques, par exemple aux changements de saison pour se prémunir des attaques externes.

Cela permet ainsi de prévenir la grippe, les rhumes, en augmentant les défenses immunitaires. Mais aussi les gastro-entérites, car c’est un désinfectant de l’estomac. Cette boisson peut aussi fluidifier le sang.

*En cas de mal de gorge, on se gargarise avec du jus de citron toujours dilué dans de l’eau chaude, mélangé avec un peu de miel. Ce breuvage a alors d’importantes propriétés antiseptiques.

*Agissant sur le Foie qui est le lieu en médecine chinoise de « tous les tics et les tocs » de l’organisme, quelques gouttes de citron quand on a envie de fumer, est un excellent moyen de stopper la dépendance.

Que disent les recherches modernes ?

* Retenons que le citron contient de l’acide citrique qui a la propriété de se dégrader très rapidement, dès l’entrée en bouche. Cet acide est alors éliminé par les poumons sous forme d’acide carbonique, laissant des sels minéraux alcalins dans le corps. En particulier du potassium, très vite disponible, indispensable pour le bon fonctionnement du Cœur et du système nerveux.

Il permet aussi d’apporter du magnésium, du fer et du Fluor.

Il contient évidemment, beaucoup de vitamine C qui est protégée dans son milieu acide.

Notons l’effet protecteur très efficace de par les flavonoïdes (vit. P), vit. B et Vit E qu’il contient.

*Tout est bon dans le citron, à condition évidemment de se procurer des citrons issus de l’agriculture biologique, en particulier si on est amené à consommer les pépins, qui ont tendance à concentrer les pesticides et la peau.

Il y a :

Le zeste de citron qui contient des pectines capables de faire baisser le taux de cholestérol et qui renforcent l’étanchéité des vaisseaux capillaires. Il permet ainsi de prévenir les maladies cardio-vasculaires. Notons que le zeste doit être ajouté cru dans un plat pour avoir un maximum d’effets.

La partie blanche (un peu comme dans l’orange) peut être très épaisse. On l’appelle albédo. Elle favorise la digestion et dissout le Tan en MTC. Elle permet de lutter contre le mauvais cholestérol et « raffermit » le bon. Mais aussi elle a des effets anti-inflammatoires et anticancéreux. Il est dit qu’une consommation régulière de cette partie blanche diminue le risque d’accidents vasculaires cérébraux. D’autre part elle a des vertus laxatives douces.

Les pépins contiennent des substances capables de prévenir les tumeurs en particulier de la bouche et du colon. Mais ses propriétés iraient encore plus loin, en s’opposant à la multiplication des cellules cancéreuses.

*Du fait de son pouvoir alcalisant, le citron permet de chasser la mauvaise haleine.

*Il est  reconnu en occident comme étant un antiseptique majeur, mais aussi un antiviral.

Des cataplasmes faits à partir de la pulpe  peuvent être utilisés pour soigner les abcès, les furoncles et autres infections de la peau.

Dans la médecine traditionnelle arabe, on l’utilise contre l’eczéma en  le mélangeant à l’huile d’olive. Le jus permet de nettoyer les blessures et les brûlures provoquées par les piqûres d’insectes.

*Du jus de citron mélangé à de l’huile d’olive permet en massage local de lutter contre les douleurs articulaires et de conserver les articulations souples.

*Le citron aide à traiter les insuffisances hépatiques et biliaires. Il protège le Foie. Il permet de supprimer rapidement les substances toxiques contenues dans le sang et le foie tel que l’alcool. Il traite aussi les insuffisances pancréatiques.

*On peut s’en servir en cas d’anémie, ou de taux d’hémoglobine trop bas.

*Il a fait aussi ses preuves en cas de présence de « Candida albicans ».

*En cosmétologie, grâce aux vit. B1 et B2, et C qu’il contient, il a un effet antioxydant très puissant et favorise le métabolisme des cellules de la peau, empêchant l’apparition de tâches.  C’est un anti vieillissement notoire.

Mode d’utilisation.

Le citron peut être consommé cru, en jus, en décoction, et évidemment entrer dans de multiples préparations culinaires.

Il peut même dans certains cas être pris entier avec la peau, à condition évidemment qu’il soit « Bio ».

La quantité quotidienne est difficile à définir.

Pour la majorité des personnes, un demi-citron amène exactement la quantité « d’acide » qu’il faut pour « tonifier le Foie ». On peut aller jusqu’à un citron. Attention au surdosage, car trop d’acide finirait par « blesser le foie » et déclencher entre autres, une souffrance des tendons, ou encore bien d’autres maux.

Pour avoir toutes les vertus du citron, il faut qu’il ait été cueilli à maturité sur l’arbre. A l’heure actuelle ils sont trop souvent cueillis verts, puis  mûrissent ensuite artificiellement.

Il faudra choisir des citrons jaunes ou verts (limes) « lourds » et bien fermes. Veillez à ce que l’écorce soit d’un « jaune pétillant ». Éviter les citrons à épiderme rugueux, car ils renferment beaucoup moins de jus.

Ils peuvent se garder une à deux semaines à température ambiante. Une fois le citron coupé, il est recommandé de le consommer rapidement sous peine de voir sa vitC s’évaporer très vite au contact de l’air.

*Le citron peut remplacer très avantageusement le vinaigre dans nos salades.

*Dans les épiceries arabes, chinoises et autres, on trouve des bocaux de citrons en saumure, ou citrons confits. Ce sont des citrons entiers plongés dans de l’eau salée dans lesquels ils vont macérer.

Cette préparation permet d’avoir tous les effets de la peau, du « blanc » et des pépins, car tout se mange alors. C’est un met de choix pour les tajines.

*Quand on en consomme pendant un repas, il aide à la digestion en favorisant le travail des différents organes digestifs.  En dehors des repas, il a essentiellement une action de nettoyage.

*Au Japon, on coupe l’écorce en fines lamelles dans de très nombreux plats comme les salades, les légumes, les soupes, les œufs brouillés.

*L’ajout de quelques gouttes de citron dans la pâte brisée la rend plus tendre et moins élastique, car l’acide citrique désagrège le gluten, protéine de la farine.

*Le citron est un excellent conservateur naturel, que ce soit pour les légumes, ou d’autres fruits. Toujours en rajouter quelques gouttes dans une salade de fruits, pour qu’elle ne s’oxyde pas.

Contre-indications

Le jus de citron est déconseillé en cas d’ulcère, de gastrite ou de reflux gastro-œsophagien.

Attention de ne pas en consommer en même temps que des médicaments contenant de l’aluminium  comme certains antiacides, car il tend à le fixer dans le corps.

Le citron sur la peau est photo sensibilisant. Une exposition au soleil risque de favoriser l’apparition de taches.

En croquant trop souvent dedans, on risque de fragiliser la dentine, l’email de la dent. Même si une petite quantité permet de blanchir la dent.

Conclusion

Dans la pharmacie du Bon Dieu, le citron joue un rôle central. Évidemment, il ne faut pas en rajouter dans son thé, sous peine d’occulter les vertus thérapeutiques des thés chinois. Si en en met dans de l’eau chaude, il entre dans la quantité des liquides que vous devriez consommer dans une journée, soit en moyenne un litre par jour en petites quantités fractionnées.